Shigurui

Shigurui

Informations générales

Version française

  • Licencié: oui
  • Titre français: Shigurui
  • Editeur: Panini Manga

Synopsis

Aux environs de la période Sangoku, Fujiki Gennosuke fait partie d'un clan nommé Kogan et est le mieux placé pour devenir le chef du clan. Mais un jour, un homme nommé Irako Seigen vient lui faire concurrence pour être le nouveau chef. C'est ici que commence l'histoire et qu'on découvre le parcours de ces deux personnes extraordinaires.

Synopsis soumis par shadow8

#Par SoulJapanExpress le 22/01/2012 à 16:58

Shigurui est une œuvre très audacieuse, crue et violente. C'est ce que je lui reconnais, car si le scénario est cousu d’un fil d'or, la mise en scène bien que véritablement incroyable manque de ce petit quelque chose qui donne au tout, un réel sens. Ce petit quelque chose serait peut-être due à un manque de cohésion ou une hyperbolique omniprésente à laquelle, on a du mal à rattacher un semblant de réalisme. C'est d'une part ce que j'ai constaté à plusieurs reprises à travers le design des personnages et le style artistique utilisé par l'auteur.

Shigurui est une histoire de vengeance, de volonté et d’abandon de soi et si le lecteur n’est pas pris dans un tourbillon d’excitation et de fascination propagée par l’omniprésence de la barbarie et de folie retranscrite planche après planche, il peut surement être interpellé par la volonté de l’auteur de raccorder à la fiction une certaine réalité historique. Les noms, les statuts, les actes… On ne peut pas contredire la véracité des informations, mais il est qu’on a du mal à suivre le fil du scénario à chaque fois que l’auteur souhaite éclairer son lecteur. Même si Shigurui ne peut pas être considéré comme une œuvre bavarde, elle comporte trop d’apartés qui arrachent le lecteur à sa concentration. Ceci étant dit les dialogues et la narration sont excellents et atteignent leur but, captiver le lecteur.

J’aimerais revenir sur cette histoire de vengeance qui semble être la clé de voute du manga et qui empêche toute variation. On aura à quelques reprises, mention d’une romance et de complots gouvernementaux, mais l’histoire ne se déroule que dans un seul sens. Bien pour un mal, mal pour un bien ? Ce qui est néanmoins formidable, c’est que l’auteur n’en laisse pas le lecteur prendre réellement parti sur les protagonistes (principaux) avant la fin. Qui est bon, qui est mauvais ? Cette subtilité fait toute la différence et l’intelligence de cette œuvre. Les choix ne sont pas vraiment cornéliens, c’est un manga de samouraïs, il s’agit de trancher ou d’être tranché, défourailler honorablement son sabre ou mourir dans la honte.

Shigurui est une histoire de combat, de force d’esprit et de victoire. Si c’est ce que les multiples combats mettent en avant de manière très esthétique, l’auteur lui, par une franche maîtrise de l’anatomie humaine semble s’amuser à dévoiler de ses personnages toujours plus de squelette, plus de chair, plus d’organes, plus de musculature... C’est une œuvre brute d’esthète tout simplement parce que le style de l’auteur sans flatter véritablement la rétine intrigue, passionne peut-être. Ce style rustique est parfois très lourd à supporter, ce défaut provoque une sensation d’oppression désagréable à la lecture. Certaines scènes sont quasi insoutenables, bien que cette réflexion soit dépendante d’un point de vue féminin ou masculin. Je me réfère aux scènes de combats, aux scènes d’exécution, aux scènes fantasmagoriques. C’est une œuvre dérangeante, qui met parfois mal à l’aise mais fascine car si l’auteur maitrise ce brut de l’anatomie masculine, il maitrise aussi la beauté du paysage, la causalité de l’époque et la volupté féminine.

Une légère déception pour le combat de fin, un entonnoir qui n'a pas vraiment reflété l'intensité de toute l’œuvre. Une scène trop vive, trop rapide qui cependant abouti efficacement ce qu'est "Shigurui" dans tous les sens du terme.


Le tigre et le dragon

8/10

#Par shadow8 le 03/12/2009 à 21:59

Je commencerai ma critique comme ceci : à la mémoire de Norio Nanjo, décédé le 30 octobre 2004 à l'âge de 96 ans.

Shigurui est un manga assez cru, réaliste et pour un public averti. Il représente bien l'histoire des dojos et des clans dans la période des Tokugawa. L'histoire est bien ficelée, avec des personnages vraiment intéressants au vu de leurs flashbacks, émotions et changements psychologiques. Les combats sont vraiment incroyables et bien pensés par Yamaguchi Takayuki. Je ne parle pas de la durée des combats mais de leur niveau de détail. Le mangaka nous fait rêver en voyant le coup de crayon durant les duel, surtout lors du combat qui couvre presque entièrement le volume 8.

À part les combats, je trouve que les personnages sont bien très bien dessinés et leurs vêtements représentent bien l'époque. Il y a aussi l'environnement qui est bien décrit. Bref, c'est un manga qui marche très bien au Japon et un peu moins en France ou en Amérique. Il y a aussi un anime qui représente les 6 premiers volume du manga donc, ceux qui ont aimé l'anime peuvent reprendre le manga où ils ont laissé l'anime.

Je vous conseille ce manga parce qu'il est très bien fait, les combats sont incroyables et plus on avance mieux c'est. Et un point pour les fans de Vagabond (j'en suis moi-même un) : vous allez aimer Shigurui, c'est certain !

10/10