Flag

Flag

Informations générales

Staff technique [liste]

Plus d'informations

Version française

Doublage

Rena Tanaka (Saeko Shirasu), Unshou Ishizuka (Keiichi Akagi), Hiroshi Iwasaki (Christan Berouki), Kenji Nomura (Yan Nickanen), Narumi Hidaka (Chris Eversalt), Shinji Kawada (Nobu Ichiryuu), Takashi Nagasako (Nady Oroucandy), Yuu Asakawa (Rauel Suumin), Yuuko Satou (Hakan Akbal)

Synopsis

Dans un futur proche, une guerre civile fait rage dans un pays asiatique fictif malgré la présence des casques bleus. Mais une jeune reporter-photographe japonaise, Saeko Shirasu, va faire un cliché qui va devenir une icône dans le pays. Ce cliché représente un drapeau de l'ONU bariolé de symboles religieux porté en étendard par les partisans de la paix.

Mais ce drapeau, qui devait symboliquement protéger les accords de cessez-le-feu en préparation, a été volé par des fanatiques. Une équipe spéciale des Nations Unies est réunie pour récupérer ce drapeau. L'ONU demande à Saeko Shirasu de suivre le travail de cet équipe.

Pendant ce temps, le mentor de Saeko Shirasu, Keiichi Akagi, est à la capitale, Subasci, avec les autres reporters pour essayer de suivre le conflit, ses protagonistes et la trêve précaire.

Synopsis soumis par Afloplouf

  • Flag - Screenshots #1
  • Flag - Screenshots #2
  • Flag - Screenshots #3
  • Flag - Screenshots #4
  • Flag - Screenshots #5
  • Flag - Screenshots #6
  • Flag - Screenshots #7
  • Flag - Screenshots #8

#Par Duna le 07/11/2011 à 22:06

Notre œil est une caméra, capte des images d'une opération diplomatique et militaire secrète.

Nul manichéisme, nul jugement moralisateur ne nous est assené : seule compte la vérité.
Paradoxalement, nous avons là des évènements et des sociétés fictifs, des mechas...

Ces éléments se mêlent à d'autres, si familiers à notre entendement et si peu connus pourtant : le droit d’ingérence de l'ONU, la noirceur des coulisses de la scène politique internationale, les horreurs des conflits ethniques et religieux.
Enquête ou témoignage ? Plutôt l'un ou l'autre en fonction du personnage qui tient la caméra.
Il en résulte un questionnement qui reste ouvert à notre propre critique.

L'histoire est simple et très fouillée à la fois, et suit un rythme ni trop lent ni trop rapide, celui de la vie quotidienne.
Les personnages sont révélés par leur rapport avec la jeune reporter et, ou, avec sa caméra. Leur image est partielle, prise de façon hasardeuse ou délibérée, et donc crédible.
Il n'y a pas de héros, juste des êtres humains qui peuvent avoir un comportement héroïque.

Graphisme et gamme chromatique sont très agréables, reposants, en fait assez peu japonisants.
La bande-son est impeccable, puisque je ne l'ai absolument pas remarquée, mis à part les génériques de début et de fin.
Le thème introductif donne tout-à-fait le ton de la série, poignant par sa sobriété.

Voilà qui redore le blason du reporter contemporain. On est loin du Petit Vingtième, on est loin de la soupe populaire aux feuilles de chou insipides qu'on nous sert aujourd'hui. Et ça fait du bien, et ça donne de l'espoir.

10/10

#Par Deluxe Fan le 10/08/2011 à 20:25

Flag : Capture the Flag


Bien loin d'être un chapitre clos de l'Histoire, la guerre est un élément bien présent qui ponctue très régulièrement l'actualité internationale. Une actualité que certains ont la chance de pouvoir oublier, en se réfugiant dans un monde de fiction, de divertissement ; la japanime. Mais certaines œuvres choisissent d'utiliser ce média pour nous rappeler à notre cruelle réalité quotidienne. Flag en fait partie.


Le cadre spatio-temporel de Flag est fictif mais ce n'est que pour mieux mélanger divers éléments qui ne peuvent manquer de rappeler une certaine actualité. L'histoire se déroule en Uddiyana, un pays imaginaire d'Asie Centrale embourbé dans une guerre civile entre deux sectes bouddhistes rivales. Lorsque les Nations Unies interviennent, elles utilisent la force armée pour éteindre les tensions en attendant la signature d'un cessez-le-feu. Mais des groupes armés terroristes ne l'entendent pas de cette oreille et cherchent à tout prix à saboter le processus de paix. Mais dans l'ombre, un problème majeur risque de compromettre le plan de l'ONU.
Lors du débarquement des Casques Bleus à Subasci, capitale de l'Uddiyana, le drapeau des Nations Unies fut griffonné puis hissé par les insurgés en signe de paix. Cette image du Drapeau, symbolisant la confiance du peuple en une résolution du conflit, fit le tour du monde. Une photo emblématique, riche en symboles, à la manière de clichés célèbres tels que le « Drapeau Rouge sur le Reichstag » ou le « Raising Flag on Iwo Jima ». Mais ce Drapeau unique à été volé.
Une unité secrète des Nations Unies, le SDC, est immédiatement chargée de récupérer le Drapeau avant la signature du cessez-le-feu. Ils décident de faire appel à Saeko Shirasu, la photographe japonaise ayant pris le célèbre cliché, pour les accompagner dans leur mission. Pendant ce temps, Eiikichi Akagi, ami et collègue de Saeko, tourne un reportage à Subasci en quête d'un scoop. C'est sur ces deux fronts que Flag débute.

Flag s'articule donc autour de deux thématiques principales ; la guerre, et le journalisme de guerre. Et pour bien insister sur ce dernier aspect, Flag choisit un procédé de mise en scène qui va caractériser la série : tout l'anime est raconté à travers un objectif d'appareil de prise de vue, style « caméra à l'épaule ». Cette mise en abîme, habile et rare, est le principal argument de vente de la série.
Flag brasse une quantité de thèmes et sujets ; pour une étude documentée sur ceux-ci, on se reportera au dossier d'Anime-Kun consacré à Flag, qui est de très bonne facture (et ce n’est même pas de la lèche). De mon côté, on va passer directement à la critique de l'anime.


Le plus difficile dans Flag, c’est de commencer. Le premier épisode met le spectateur à l'épreuve avec sa mise en scène particulière, son histoire dense, et son système de narration double - voire triple et plus, si on entre dans le détail. Mais une fois parti, c'est bien parti.
La série fait un grand écart entre divers ambiances, alternant une découverte du travail des militaires, de celui des journalistes, mais aussi des moments plus légers et doux. On aura également des combats, finalement assez nombreux, à l'aide de blindés bipèdes tout droit sortis d'un Metal Gear Solid. L'histoire se suit sans temps morts, et même des épisodes apparemment HS comme celui où Saeko passe une journée avec un docteur ambulant, se révèlent indispensables pour donner du sens à l'ensemble. Le rythme est soutenu, je n'ai jamais terminé un épisode sans avoir envie de lancer le suivant. Avec les longs génériques, les nombreux eyecatches dépeignant l'ouverture/la fermeture des appareils photos, caméras et ordinateurs, le visionnage est rapide. J'ai vraiment senti une grande générosité dans le scénario, qui ne cesse de donner, de donner jusqu'à la fin. Un fin d’ailleurs assez remarquable, avec notamment un coup de théâtre final qui fait l'effet d'une bombe, si vous me permettez le jeu de mots. J'avais le cœur serré durant le dernier épisode, preuve que la série est parvenue à donner du corps à ses personnages et son univers.

Un univers qui comme dit plus haut se focalise sur deux sujets, la guerre et sa couverture par les reporters. On admettra volontiers qu'un des deux axes est mieux traité que l'autre.
J'ai en effet beaucoup aimé la manière dont est dépeint le travail des journalistes de guerre, avec force détails et pas mal d'introspection. La double narration de la série montre son utilité puisqu’il permet de montrer deux facettes de ce métier. D'un côté on a Saeko qui est au cœur de l'action, si ce n'est carrément sur le champ de bataille ; de l'autre, Eiikichi erre dans les rues de la capitale, flairant l'exclusivité avec ses collègues freelancers, investissant un tripot du coin tel une newsroom de fortune. Deux aspects qui se complètent, tout comme les personnages de Saeko et Eiikichi qui ont une personnalité et une manière de procéder bien différente, et qu'il est intéressant de voir s'influencer mutuellement.

A côté de cela, la thématique de la guerre en elle-même est exploitée avec moins de finesse. Le conflit qui ravage l'Uddiyana révèle vite ses ficelles au spectateur. Entre le regard froid et dur de Ru Pou, le leader de la secte Geld, et celui enfantin et innocent de la petite Kufra, on détermine sans trop de difficultés où se situe le camp du Bien et celui du Mal. Le regard parfaitement subjectif et orienté de Eiikichi n'aide pas à disculper Flag d'un certain manichéisme sur ce point. On pourra faire une analogie avec l'opposition entre le SDC et l'état-major des Casques Bleus, plus tard dans la série. Malgré le regard (presque) neutre de Saeko, on repère en filigrane le stéréotype du militaire zélé qui fait preuve d'insubordination pour suivre son intime conviction. Les membres du SDC sont sympathiques et variés, même si on les trouvera étonnamment conciliants et mélancoliques pour des soldats d'élite. Enfin, on déplore quelques zones d'ombres persistantes sur les coulisses de la guerre et l'affaire du Drapeau, que l'on imputera au format de la série qui ne laisse peut-être pas sa place au background de s'exprimer pleinement. D'un autre côté, la série étant vue à la première personne par des journalistes, on peut concéder qu'ils (et donc nous) ne soient pas dans les confidences de tous les secrets.

Heureusement, la série n'est pas alourdie par une morale pacifiste ou antimilitariste trop envahissante. Après, déterminer quel est le propos exact de Flag est un exercice difficile auquel on ne se risquera pas. Pour ma part, j'en retiens d'abord un plaidoyer pour la photographie. Je n'ai pas attendu Flag pour aimer la photo, mais ce domaine est vraiment mis en valeur dans la série qui expose le potentiel du « huitième art » et certaines questions qu'il soulève. Mais on retient aussi une dépeinte à mon sens fidèle et élogieuse du métier de reporter de guerre, métier qui est mis sous les feux de la rampe actuellement avec l'affaire des journalistes retenus en otage sur les champs de bataille. En cela, Flag fait partie des très rares animes qui peuvent trouver un écho en dehors du Japon.


Je dirais même, et cela aura valeur de conclusion, que Flag est une œuvre réussie, mais un anime moyen. Sa direction artistique et son design quelconque, sa musique fade, sa mise en scène complexe le destinent à un public motivé, qui n'aura pas été attiré par son esthétique mais bien par son sujet. On peut aimer la japanime et ne pas aimer Flag, et réciproquement. Flag n'est pas un anime devant lequel on rigole ou l'on s'amuse, ce n'est pas le meilleur divertissement. De plus, les acteurs derrière cette production sont, avouons-le, de parfaits inconnus de la japanime moderne, ce qui joue en défaveur de cet anime auprès d'un certain public de débutants dont je fais partie.

Flag est désormais disponible dans un coffret contenant trois DVD, les deux premiers comprenant l'intégrale de la série et le troisième un film qui la résume en un peu plus d'une heure trente. Le packaging du coffret et des DVD n'est vraiment pas ce qui ce fait de mieux, et ce n'est pas l’absence totale de bonus intéressants qui justifieraient ses trente euros (par rapport à d’autres séries, j'entends). Si et seulement si, la géopolitique et les relations internationales sont des sujets qui vous intéressent, Flag peut représenter un investissement. Les autres en seront quittes pour une série bien foutue, tout simplement.


Les plus
- Une idée de mise en scène originale et exploitée jusqu'au bout
- Narration double, point de vues doubles
- Un sujet passionnant et bien traité
- Personnages vite attachants

Les moins
- l'emballage peu séduisant

8/10

#Par Afloplouf le 02/11/2009 à 10:05

C'est presque par hasard que j'ai commencé Flag. Quand un studio inconnu, certes composé de transfuges de Disney Japan, propose une série si peu conventionnelle, il n'est pas étonnant que cette dernière ait du mal à sortir du bois. Pour autant, je trouve injuste le manque de couverture de Flag.

Si je devais résumer ces atouts en 3 points, je citerais en premier le plus évident : la prise de risque sur le plan graphique. Vous risquerez de le trouver sur de nombreux sites : tous les plans ou presque sont vus à travers l'objectif d'une caméra, d'un appareil-photo ou autre. Je salue la volonté d'avoir voulu imposé leur marque, d'impliquer le spectateur au cœur de la narration selon un procédé proche de ce qui a pu être introduit par une série comme The Shield. Néanmoins, je trouve que cette recherche graphique a paradoxalement tendance à déshumaniser les personnages. Mais chacun en fera sa propre interprétation puisque le deuxième atout de la série est son ambiance, passez-moi la lapalissade, de clair-obscur. C'est en permanence que Flag se joue des spectateurs en le balançant entre le spectacle absurde de la guerre civile et des notes presque incongrues d'espoir ou même de poésie. Une chose est certaine : regarder Flag vous rendra mal-à-l'aise et vous bousculera dans vos conceptions bornées, carrées.

Mais le troisième atout vous parlera peut-être plus. Alors qu'on la tendance actuelle est à conspuer la superficialité des productions actuelles, Flag va fouiner des thèmes lourds, délicats à traiter et originaux : l'après-guerre civile, bien moins palpitant que le jeune héros qui se lève et se bat contre les injustices d'un grand méchant mais plus réaliste aussi, la mixité ethnique (plus évoquée que véritablement détaillée dans Flag à mon regret), et bien évidemment le thème central, le photo-journalisme de guerre, qui n'est pas ici un thème accessoire comme dans Speed Grapher.

Serait-ce dire Flag touche à la perfection ? Presque, il s'en faut de peu. Mon plus grand reproche concernera le rythme, la série n'a pas ce côté addictif. Le doublement de la narration, s'il est intéressant pour multiplier les points de vue, confine le spectateur dans le simple rôle d'observateur. Certes, j'admire que la série ne cherche jamais à jouer pleinement dans le pathos et qu'elle essaye justement à rester neutre mais la contrepartie malheureuse est peut-être non pas une froideur de ton, ce serait caricaturer le trait, mais un manque d'implication quelque part dérangeant. Peut-être justement parce que les médias actuels n'ont pas cette exigence quand ils couvrent un conflit.

10/10