Kure-nai

Kure-nai

Informations générales

  • Format: Série TV
  • Année de diffusion: 2008
  • Titre original: Kure-nai
  • Nombre d'épisodes: 12
  • Site officiel: http://www.samidareso.com/

Staff technique

Doublage

Aoi Yūki (Murasaki Kuhôin), Miyuki Sawashiro (Shinkurô Kurenai), Aiko Ôkubo (Yayoi Inuzuka), Asami Sanada (Tamaki Mutô), Haruka Kimura (Yamie), Nozomi Masu (Ginko Murakami), Ryoko Shintani (Yûno Hôzuki), Sawa Ishige (Benika Jûzawa), Takaya Kuroda (Renjô Kuhôin)

Synopsis

Shinkurô Kurenai mène une double vie : en plus d’étudier au lycée, certains soirs il devient un « médiateur » qui remplit des missions musclées sous les ordres d’une femme mystérieuse appelée Benika. Un jour, celle-ci arrive dans la chambre de Shinkurô accompagnée d’une petite fille de 7 ans, Murasaki Kuhôin, et lui confie une nouvelle mission : protéger la fillette, enfant bâtard de l’héritier d’une famille très puissante. Benika, secondée par Yayoi, une jeune femme médiatrice sévère et efficace, vient de la kidnapper suite au décès de la mère de la petite fille.

Se reconnaissant dans l’enfant seul et abandonné, Shinkurô accepte la mission et, à partir de ce jour, héberge la fillette. Mais la cohabitation n’est pas toujours facile car Murasaki est habituée à une vie dans une maison luxueuse entourée de servantes qui exécutent ses moindres désirs.

Synopsis soumis par Starrynight

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#Par Aka le 30/11/2008 à 11:17

Kure-nai nous offre un scénario dont la base est similaire à certains anime. Ici nous avons un adolescent qui doit s'occuper d'une petite fille.
Le scénario est basé surtout sur la relation des personnages et surtout celle de Shinkurou et Murasaki. L'autre partie de l'histoire est quand à elle consacré au Kuhoin et leurs affaires internes donc le sanctuaire interdit.

Si le scénario est assez simple et déjà vu au premier abord, cet anime à une grande force et on la doit à ses personnages, surtout les deux persos principaux. Murasaki qui vient d'une famille aisée et qui ne connait pas grand chose au monde extérieur va apprendre en vivant chez Shinkurou à voir que le monde n'est pas entouré que de servante et de choses confortables. Shinkurou apprendra à être plus fort et moins solitaire pour pouvoir protéger Murasaki. Voir les deux persos qui sont complètement différents se confronter et apprendre à vivre ensemble nous donnent des situation assez particulières.
Ajoutons à cela les personnages de Yamie et Tamaki, les voisines de Shinkurou. Elles apportent une très bonne ambiance alors qu'elles sont toute les 2 contraires. Yamie est un personnage assez sombre et solitaire alors que Tamaki est enjouée et énergétique. Pourtant on les voit souvent ensembles dans la chambre de Shinkurou et amènent un petit plus avec Shinkurou et Murasaki. Les autres personnages aussi ont leurs personnalité, notamment Yayoi l'autre protectrice de Murasaki qui se cloitre devant l'appartement de Shinkurou.
Chacun des protagonistes a un passé sombre, notamment Shinkurou et Benika. Ils sont solitaires notamment à cause de leur passés mais grâce à Murasaki, ils vont connaitre des moments assez différents même si Shinkurou doit accomplir ses missions en temps que médiateur.
L'anime se veut plutôt "tranche de vie", même si l'action est présente, j'ai eu plutôt un intérêt pour la partie tranche de vie que pour la partie action qui n'est pas beaucoup représentée. L'action se résume aux épisodes de fin qui sont plutôt sympas mais ne resterons pas en mémoire. La partie tranche de vie je retiendrai surtout l'épisode de la comédie musicale qui est vraiment excellent mais le reste des épisodes étaient aussi très bon.

Passons au design / chara design qui sont agréables. Très bon design, assez sobre mais efficace. les maisons sont bien faites et détaillés, surtout les peintures murales chez les Kuhoin et les Hozuki qui sont réalistes. Le chara design lui est très bon, surtout au niveau des cheveux (c'est peut être un détail minime mais ça reste quand même important) sans tomber dans des couleurs qui piquent. l'animation est de bonne facture, c'est pas super mais ça reste correct.
Le jeu des seiyuu est lui aussi important, les doubleurs ont fait un travail efficace sur les personnages. Les personnages sont aussi attachant grâce à ça.
La musique est plutôt moyenne, j'ai pas retenu grand chose au niveau musicale. l'opening et l'ending par contre sont assez bizarres, ils ne montrent pas du tout l'anime, on aime ou pas, personnellement j'ai du mal à me faire une idée dessus.

J'aurai aimé que l'anime soit un peu plus développés, car il y avait de quoi faire plus avec les personnages, je pense surtout aux Hozuki qui sont un groupe d'assassin mais ne sont que très peu représentés dans l'anime sauf par Yuuno qui est souvent avec Shinkurou et l'épisode de l'entrainement où on les voit chez Yuuno.
L'autre point négatif serai pour certains Murasaki qui fait trop mature pour son âge. Je les comprends assez car elle n'a que 7 ans mais parle comme une adulte. Ça la rend pas assez crédible mais reste toujours son côté attachant.

Conclusion:
Une bonne surprise de 2008, Kure-nai se veut surtout tranche de vie avec de l'action. Je ne suis pas sur qu'il plaise à tout le monde mais reste quand même très intéressant à voir surtout pour ses personnages.
Préférez surtout cet anime pour son côté tranche de vie car le côté action reste assez basique.

7/10

#Par beragon le 20/09/2008 à 12:50

Kurenai est un de ces animes marquant de la saison 2008, cette production de la série Brain Base se démarque de la production globale de cette année, surtout après des navets comme Heroic Age, beau mais décevant.

Graphiquement, c'est un régal, le chara design est léché, les personnages sont réussis, l'animation surtout lors des phases de combat est somptueuse (Shinkurou en mode Hozuki est impressionnant) . La palette de couleur assez froide vient renforcer l'ambiance de polar. La mise en scène est efficace, le doublage des acteurs de très bon niveau mais est desservi par une bande sonore de moins bonne qualité.

Ce qui démarque réellement Kurenai et en fait une bonne série est la qualité de son histoire et ses personnages. Le duo Muraski-Shinkuro est marquant, leur entourage, Benika et les voisines de Shinkurou, constitue une belle galerie de personnage vivante et bien croquée, on pourrait regretter le caractère remarquablement mature (voir trop) de Muraski par sa formalité pour une enfant si jeune.

Kurenai, en dehors des classifications habituelles, c'est avant tout un polar noir et un récit initiatique. Polar noir car comment qualifier autrement le fil principal et récit initiatique car Shinkurou est un adolescent qui cherche à s'affirmer et s'affranchir de ses traumas, Murasaki est une jeune enfant qui va se retrouver soudainnement confronter au monde et au passé de sa famille, Toute la narration au cours des épisodes sert à imbriquer les différents éléments et il n'y a là pas de grande faute de parcours. L'histoire tourne autour de Muraski de la famille Kuhoin et Shinkuro Kurenai, pupille de Benika, disciple de l'école Hozuki. Évidement, la narration va se construire sur un tempo lent allant crescendo jusqu'au final somme toute jouissif et payant de retour le spectateur. Certains pourraient juger le fil principal de l'intrigue assez anachronique, mais le Japon n'est il pas un pays confrontant régulièrement ses traditions avec la vie moderne, en ce sens la dualité entre la maison Kuhoin enfermée dans ses traditions et Hozuki, qui évolue malgré le carcan de sa propre histoire est bien utilisée et sert l'histoire.

Kurenai pourrait être comparé à une magnifique sculpture, presque un chef d'oeuvre mais le spectateur attentif remarquera ici et là quelques petits points qui n'ont pas été polis avec soins. Oh, pas grand chose, mais il y a quelques petits points d'achoppements, des personnages inutiles ou mal définis. On pourrait évoquer l'informatrice, amie d'enfance de Muraski qui ne sert à rien, le manque de développement des filles Hozuki un peu trop survolées pour préserver l'intrigue, le rythme lent qui pourrait déconcerter certains et l'attitude tardive de shonen boy de Shinkuro.

Il n'en demeure pas moins, que de façon indubitable, Kurenai est une de ces rares séries que l'on peut chaudement recommander.

8/10

#Par Afloplouf le 13/08/2008 à 16:21

Tiens, parlons un peu d'un des buzz du printemps 2008 : Kurenai. Un jeune studio qui fait l'objet de toutes les attentions depuis un certain Baccano (il faudra que je regarde un jour) au service d'un scénario qu'on dit adulte : alors pour quel résultat ?

Je retiendrai en premier une maitrise graphique de haut niveau. On reconnaît la patte du chara-designer de Red Garden qui rend encore une fois une copie sans faute. J'apprécie notamment la texture de cheveux. Certes, c'est un détail "parce que je le vaux bien" mais dans la mesure ou cet aspect là est bien souvent le plus négligé dans les animes il faut le souligner. L'animation par contre est bien souvent un peu haché, notamment dans les combats ; une erreur forcément préjudiciable quand Kurenai a des allures de shonen. La colorisation est cependant une réussite, dans des teintes souvent sombres elle convient particulièrement au genre.

Le bât commence à blesser dès qu'on évoque la musique. Il ne suffit qu'on aligne 3 accords au piano ou au violon pour faire une bande originale. Certes ce n'est pas à foncièrement parler une véritable faute gout mais ça manque singulièrement d'une véritable ligne directrice. Enfin, l'OST est presque bonne quand on s'intéresse un peu au générique, en décalage complet face à l'ambiance de la série. Ça aurait pu donner un genre si au moins ils étaient audibles. La recherche du visuel pour les accompagner est certes appréciable mais ça ne suffit pas à faire oublier une mélodie pauvre et entendue.

Mais là où Kurenai peine à assoir une véritable identité, c'est bien quand on s'intéresse au scénario. Tranche de vie et tragédie forment souvent une association reine mais ils ne peuvent former un ménage à trois avec le cousin adolescent Shonen-boy. En effet, le protagoniste principal nous fait sur la fin de la série une crise d'adolescence comme on en lit toutes les semaines alors qu'il avait réussi à éviter ce travers jusque là. D'un point de vue global, les personnages masculins manquent d'épaisseur. A contrario, les personnages féminins sont eux réussies à part peut-être la gothique dépressive de service. Par contre, Murasaki elle manque de crédibilité de par son âge. De même la trame directrice anachronique dénature le scénario. Paradoxalement, les intrigues secondaires sont bien plus intéressantes. Somme toute, Kurenai aurait grandement gagné en intérêt (mais peut-être en public force est de reconnaître) s'il n'avait pas voulu se donner ce ton tragique si peu percutant.

je conclurai en disant que l'adaptation de Brainbase a cependant rehaussé l'intérêt du manga original. Perturber l'ordre chronologique et synthétiser l'histoire a permis d'améliorer la lisibilité et l'intérêt. Un essai malheureusement insuffisant.

5/10

#Par AngelMJ le 08/08/2008 à 14:30

Malgré un synopsis assez "shonenistique", on est surpris dès les premiers épisodes par cette série. A classer dans la catégorie "La vie est un long fleuve (presque) tranquille", Kurenai est l'anime parfait pour se faire plaisir sans se prendre la tête. Alors que l'histoire pourrait donner lieu à de multiples combats sous fond de secret de famille, avec Shinkuro en shonen-boy, les auteurs nous proposent de suivre, durant ces (seulement) 12 épisodes, un petite tranche de vie ni trop banale, ni trop spéciale. Ici, point ou plutôt peu de bagarre, on préfère rire et observer le quotidien de notre héros, entouré de ses acolytes féminines à la personnalité marquée.

Kurenai nous propose en effet une palette de personnages haut en couleurs. La part belle est donnée à la gente féminine, présente à 90% dans l'intégralité de l'anime. Fan service flagrant mais n'usant à aucun moment du ecchi, on prend plaisir à découvrir notre héros au travers des regards de ces dames. Ces dernières sont un des gros points forts de l'histoire et chacune apporte son petit quelque chose, que ce soit en terme d'humour avec Tamaki et Yamie, d'action avec Yayoi et Benika (la classe !) ou de réflexion avec la petite Murasaki. Cette dernière est d'ailleurs une belle réussite, car si la plupart du temps les gamines de 7 ans sont à baffer, on a affaire ici à un personnage à la personnalité maîtrisée et équilibré quant à sa façon de penser et d'agir.

Le tout est servi par un graphisme moderne et très agréable. Largement inspiré du style de l'anime Red Garden (qui ont en commun le directeur artistique et le charadesigner), les couleurs sont utilisées de manière juste, les décors peu variés mais fourmillant de détails et une animation correcte sans être exceptionnelle. L'ambiance musicale est douce et discrète, aux antipodes des génériques de début et de fin, aux graphismes audacieux et aux chansons jsoupe sortant tout droit d'un eroge. Autre bon point à souligner, les doublages sont excellents et donnent beaucoup de force aux personnages et aux discussions qu'ils sont amenés à avoir. Note spéciale pour l'épisode "comédie musicale" vraiment très drôle.

Tant de bons points que l'on aimerait que cela dure plus longtemps. On en regrette presque que l'action se pointe sur les derniers épisodes pour donner une conclusion, alors que suivre un quotidien durant 7-8 épisodes paraissaient tout aussi intéressant. Même si le propos général de l'histoire est une toile de fond assez intéressante à suivre et à développer, s'éterniser ne serait ce qu'un peu plus longtemps sur le quotidien de Shinkuro et Murasaki n'aurait en rien gâcher mon plaisir. Pire, j'en regrette presque les derniers épisodes, trop axés action/réflexion alors que la série m'avait séduit par son côté "tranche de vie".

Indéniable surprise de cette année 2008, Kurenai est tel un bon verre d'Ice Tea Pêche (oui! j'aime l'Ice Tea Pêche) sous une ombrelle au soleil. On est bien, on savoure, bref un petit moment bien à soi que l'on partage avec Shinkuro et son "harem". Dommage que ce genre de plaisir soit si court...

8/10

#Par Starrynight le 04/08/2008 à 22:19

Un an après le trucculent Baccano!, le studio Brains Base nous propose à nouveau un anime atypique mais dans un tout autre registre. Contrairement à ce que pourrait laisser penser le premier épisode, Kure-nai se pose ainsi en série d’inaction.

Cette série nous brosse un petit nombre de portraits, au premier rang desquels Shinkurô Kurenai (héros éponyme de la série) et Murasaki, qu’ils ont su rendre attachants sans qu’on sache trop expliquer comment. D’un côté, un adolescent à la double vie, un peu gauche et timide, assez amorphe même et pourtant, le récit n’a rien de soporifique et se suit sans peine ; de l’autre, une gamine qui du haut de ses 7 ans se pose tantôt en princesse habituée à être servie sur un plateau d’argent, tantôt en enfant perdue, mais à la grande force de caractère et dotée d’une maturité intéressante sans être aberrante, là encore, l’histoire est crédible et évite avec adresse tous les icebergs de la niaiserie, du trop plein de bons sentiments dégoulinants et des têtes-à-claques pleurnichards.

Le ton est clairement orienté « tranche de vie » (slice of life, comme on dit d’nos jours), il est même proche du huis clos puisqu’une part non négligeable de l’anime se déroule dans la résidence Samidare et tout particulièrement dans la chambre fruste qu’occupe Shinkurô. On a presqu’ici affaire à une scène de théâtre avec quelques décors et des acteurs hauts en couleurs et quasi exclusivement féminins (les voisines de Kurenai, Benika, Yayoi, …), mais sans la moindre dose de fan service et encore moins d’ecchi (les femmes ne sont pas des objets de désir ou de convoitise mais bien des personnes qui prennent en main leurs rôles).
A ce titre, la séquence où quelques personnages se rassemblent pour jouer des rôles devant un jury improvisé en chantant faux est une très agréable surprise et une fantaisie bienvenue de la part du studio. Bien sûr on ne regarde pas cet anime comme un polar, mais un peu comme on dégusterait un bon vin, la tête reposée, bercée par la douce musique jazzy du fond sonore. Cette ambiance rappelle d’ailleurs un peu Bartender je trouve avec une musique d’ambiance au piano de qualité (mis à part l’opening et l’ending qui ne cassent pas trois pattes à un canard unijambiste et se zappent allégrement).

Côté technique, là aussi, le studio a fait un travail plus qu’honorable : le chara-design est réussi (et rappelera celui de Red Garden, les deux animes ont d’ailleurs le même directeur et le même chara-designer), l’animation est fluide et le décor est soigné (tout particulièrement certaines peintures murales chez les Kuhôin, saissantes de réalisme et de soin du détail).

Enfin, un autre aspect original et intéressant de Kure-nai réside dans ses clins d’œil à la littérature classique japonaise. Je pense tout d’abord au Dit du Genji (Genji Monogatari) de Murasaki Shikibu, classique d’entre les classiques qui fête cette année son millénaire. Dans ce roman fleuve de l’époque Heian, un prince, le Genji, enlève notamment une jeune fille, Dame Murasaki (le personnage féminin le plus important du roman, à tel point que son auteur a été surnommée en son honneur), pour l’éduquer avant de finir par l'épouser. Dans l’anime, Murasaki (tiens, tiens) se fait kidnapper et est confiée à Shinkurô qui bon gré mal gré lui enseigne les us et coutumes du Japon contemporain, tandis que, vers la fin de la série, Murasaki déclare à Kurenai, moitié en rigolant, qu’elle veut épouser le jeune homme (ça par exemple, quelle coïncidence).
Certains détails peuvent également évoquer des haikus : notamment le fort impact des saisons (dans une règle édictée par Bashô, un bon haiku doit toujours avoir un mot de saison) au premier degré (un rude hiver, dirait Queneau), soit au second (Samidare, résidence où habite Kurenai, désigne la pluie de printemps, terme assez fréquent dans les haikus), soit au troisième avec le jeu des couleurs (du violet qui se dit Murasaki au rouge présent dans les noms de Kurenai et de Benika).

En résumé, sans être une série palpitante dont on s’enfile les épisodes sans pouvoir s’arrêter, Kure-nai dispose de nombreux atouts et cultive sa différence. Une pause valant bien un détour entre deux animes plus trépidants.

8/10

#Par Nakei1024 le 14/07/2008 à 23:45

Un anime d'excellente facture, c'est sans doute ce qui résume le mieux cette série à l'ambiance si particulière: à la fois calme et détendue, et ce malgré la gravité, la violence et l'absurdité des thèmes abordés.

Si les premiers épisodes se veulent plutôt orientés vers un humour léger et plein de délicatesse, mettant en scène la difficile cohabitation de Shinkuro avec sa jeune protégée, son voisinage et son travail, très vite on bascule vers une ambiance beaucoup plus dramatique. Voici deux jeunes personnes que tout semble de prime abord séparer: elle a été élevée dans une cage en or, il vit dans son propre appartement misérable de Tokyo; elle a toujours vécu seule, il côtoie un voisinage qui bien que particulier n'en demeure pas moins chaleureux (sans parler de sa patronne); elle est une petite bourgeoise fière et sûre d'elle,il manque d'assurance que ce soit pour son travail ou au lycée et dans ses relations avec autrui. Bref, ils forment le couple le plus improbable qui soit. Et pourtant, de part leurs différences, ils vont irrémédiablement s'attirer, chacun cherchant à protéger l'autre à sa manière selon les circonstances, d'autant qu'ils ont tous les deux très tôt perdus leurs parents, et cherchent à combler ce vide du mieux qu'ils peuvent.
Ajoutez à cela l'intérêt particulièrement morbide et malsain que semble porter la famille de Murasaki à la petite fille; ou les missions particulièrement violentes que Shinkuro se voit contraint de réaliser, et vous comprendrez aisément d'où l'anime tire son ambiance si tragique. Tragique, mais pourtant pas dénuée d'espoir, grâce à la naïveté et l'opiniâtreté dont le jeune homme sait faire preuve lorsque la situation l'exige.

Car c'est le second point fort de cet anime: les différents personnages possèdent tous un comportement sensé et réaliste, qu'on pourrait croiser à chaque coin de rue. Malgré son air pathétique et soumis (voire amorphe), Shinkuro se révèle être un personnage d'une grande maturité, mais qui se complait dans la solitude et cherche à éviter tant que possible les problèmes avec autrui, alors que son niveau en art martiaux pourrait lui permettre de régler les situations de conflit sans difficulté. Les autres personnages sont du même acabit, chacun d'entre eux ne montre en fait que ses côtés les plus médiocres (névrosé, solitaire, désabusé, traumatisé...). Même le personnage de Benika, à qui la vie semble avoir pourtant amplement sourit se révèle finalement n'être qu'une personne cachant une grande solitude.
Pris un par un, chacun de ces personnages semble donc peu engageant. Il suffirait pourtant d'un rien, d'une étincelle pour qu'ils sortent de leur isolement et découvrent que finalement la vie vaut d'être vécue et que certaines choses valent la peine qu'on se batte pour elles. Cet élément perturbateur, ce déclic, c'est Murasaki qui va l'apporter, en entrant dans leurs vies comme un rayon de soleil.

Si le scénario et les personnages sont réussis à bien des égards, on ne peut malheureusement pas en dire autant pour le côté technique de l'anime: les décors sont dans la moyenne de ce qui se fait actuellement, et les couleurs collent bien à l'ambiance sombre de l'histoire. Mais sur l'animation, de nombreux éléments sont à reprendre, car l'ensemble manque cruellement de fluidité. Il est également regrettable que hormis le héros et quelques personnages aux apparitions brèves, l'ensemble des protagonistes soient des femmes. Sans porter préjudice à la qualité de la série, on ne peut s'empêcher de penser que ce choix a été fait dans le but de ramener un maximum de public masculin (malgré l'absence totale de fan service).
Les thèmes musicaux sont agréables, mais j'aurais bien vu quelques morceaux de jazz ou de blues en plus (en même temps, je suis loin d'être un spécialiste).
Un dernier mots sur l'opening plein d'entrain et d'optimisme, bien loin d'annoncer la couleur en ce qui concerne l'histoire, mais dont le style graphique particulier m'a paru digne d'intérêt.

En conclusion, une très bonne série, qui aurait pu frôler la perfection si un peu plus de moyens avaient été donnés pour la réalisation. A voir malgré tout.

8/10