Shion no Ou

Shion no Ou

Informations générales

Staff technique [liste]

Doublage

Ayako Kawasumi (Shion Yasuoka), Risa Mizuno (Saori Nikaidō), Romi Paku (Ayumi Saitō), Hozumi Gôda (Makoto Hani), Mariko Kouda (Sachiko Yasuoka), Masaya Matsukaze (Satoru Hani), Ryusei Nakao (Osamu Kamizono), Yasunori Matsumoto (Shinji Yasuoka)

Synopsis

Encore toute petite, Shion a été témoin du meurtre sanglant de ses parents, une expérience qui a eu des séquelles et l'a notamment privée de sa voix. La jeune fille a été retrouvée en pleurant avec une pièce de shogi en main, le roi blanc alors que le roi noir était posé sur la tête de son père assassiné.
On retrouve Shion huit ans après chez les Yasuokas, une famille qui a décidé de l'adopter et dont le père est un grand professionnel de shogi. On suit la jeune carrière de Shion dans le monde du shogi. La jeune fille se révèlera comme un génie précoce et son évolution attirera inévitablement le regard des médias et les réminiscences du passé...

Synopsis soumis par Sirius

#Par Starrynight le 21/11/2008 à 12:50

Quand j'ai commencé à entendre parler de Shion no Ou, je me suis dit : tiens, ça doit être comme Hikaru no Go mais avec en plus un aspect polar. Bilan à l'arrivée : la série a-t-elle tenu ses promesses ? Oui et non, mais avec plus de non que de oui.

Côté "oui" : Même pour un néophyte en shôgi comme moi, j'ai pu très bien ressentir la tension des matchs (surtout que le vainqueur n'est pas toujours évident) et bien apprécier les parties de shôgi. Heureusement, car elles constituent une bonne partie de l'anime. Même si un personnage me parle en hébreu quand il s'exclame "ouah, tour en i9, il est trop fort", ça ne m'a absolument pas gêné pour m'imprégner de l'ambiance du jeu. De ce point de vue là, j'ai vraiment retrouvé ce que j'avais pu ressentir devant Hikaru no Go (même si je ne pigeais quasiment rien au Go). De toute façon, même pour les Japonais, cet anime n'est sûrement pas réservé aux connaisseurs. Et puis, honnêtement, si Shion et les autres avaient joué aux échecs au lieu du shôgi, ça ne m'aurait pas plus parlé.

Côté "non" : grosso modo, tout le reste. D'abord, l'enquête policière est moyenne : on a envie de connaître le meurtrier mais l'enquête piétine pendant longtemps (on voit à peine les flics agir) et vers la fin, ça fait quatre épisodes qu'on a compris l'identité du coupable et il est rageant de voir les policiers procéder à la vitesse d'un escargot. Et puis, le mobile du crime est difficilement crédible (ok, le meurtrier est un fou, mais bon ...). Ceci dit, le développement des personnages apporte quelques surprises et certains ne sont pas toujours ceux qu'on croit.

Hélas, ce n'est pas l'aspect technique qui rehausse le niveau global. Le design et l'animation ne sont ni bons ni mauvais, juste moyens. Le chara-design est quelconque avec inévitablement le personnage aux yeux grand comme des soucoupes (Shion) et celui avec une coiffure improbable (Ayumi). Et puis bon, un méchant et retord qui a précisément une tête de méchant et retord avec un sourire retord et méchant, c'est un peu lourd. Seuls deux personnages sont réellement intéressants et charismatiques : Shion et Hani-Meijin. Il fallait oser proposer un personnage principal muet mais ça passe bien. La musique se remarque à peine à part quelques morceaux pour rehausser la tension ambiante et un opening qui est "juste" horrible.
Et tout à coup, sur les derniers épisodes (et en particulier le dernier), il y a une grosse dégringolade de la qualité graphique. Je ne sais pas si c'est pour des problèmes de budget, de planning à tenir ou autre, mais en tout cas, les personnages deviennent très moches dès que leur posture change, leur animation est aussi fluide et réaliste qu'un pantin désarticulé par jour de grand vent, et c'est tout simplement scandaleux et honteux de voir une chose pareille. Pour transformer à la dernière minute une impression mitigée en de la franche insatisfaction, il n'y a pas mieux.

Shion no Ou se regarde plutôt agréablement avec quand même l'envie de voir la suite à la fin de l'épisode. Malgré tout, cette série est pour moi une déception et encore un exemple d'une série qui n'a pas su concrétiser de bonnes idées sur le papier. A mon avis, seule la curiosité pour le shôgi peut motiver pour regarder cet anime. Pour un anime palpitant sur un jeu traditionnel d'Extrême-Orient, foncez plutôt sur Hikaru no Go.

5/10

#Par Sirius le 26/09/2008 à 20:42

Shion no Ou, c’est une intrigue judiciaire avec le shogi comme thématique de fond. En fait, l’intrigue s’efface quelque peu derrière les parties de shogi qui forment l’essentiel de la série et on suit l’évolution de Shion dans les rangs amateurs et professionnels. Le shogi est surtout un prétexte aux souvenirs qui resurgissent chez la jeune fille, sept ans après l’assassinat de ses parents dont elle a été témoin, une expérience traumatisante qui l’a rendue muette.

Vous allez me dire : oui mais moi j’y connais rien au shogi. C’est aussi mon cas. Mais après avoir vu rapidement les règles j’ai compris que c’était assez proche des échecs. Si je n’ai pas saisi l’intérêt de tel et tel coup, je n’ai eu aucun mal à comprendre la tension qui peut résulter de ce genre de jeu. C’est l’essentiel. Mais la série présente trop d’aspects techniques, on aura beau dire « général d’or E4, quel coup ! » on reste blasé car il est malheureusement impossible au spectateur occidental lambda d’apprécier le jeu. Le concept est une erreur à mon sens car il n’est pas pleinement accessible pour la plupart. De plus, les trois quarts de la série se déroulant au club, on se sent véritablement enfermé.

Bref, Shion évolue dans le monde du shogi, elle se fait des ami(e)s dont le caractère et les ambitions laissent à désirer (du genre « je veux devenir le meilleur »), elle apprend à gouter à la défaite et découvre peu à peu la vérité qui se cache derrière l’assassinat de ses parents. Shion est un personnage vraiment problématique car elle ne parle pas. Par moment cela la rend mignonne avec sa pancarte où elle écrit en faisant à côté une expression de circonstance. Mais cela rend le personnage souvent difficile à cerner. Les soliloques sont rares.

Je souligne encore quelques aberrations : le fait que les joueurs parlent et se déplacent durant les parties. Vous me direz « et alors ? » Alors je trouve cela énorme car au niveau professionnel un certain respect est de circonstance et ayant parfois regardé des parties entre de grands maîtres d’échecs, je me demande si un tel comportement est vraiment toléré. Ensuite l’enquête elle-même est vraiment tirée par les cheveux car démasquer le coupable huit ans après au moment même où Shion dispute une partie essentielle avec toutes les péripéties qui vont avec, c’est difficile à avaler. Un truc à la Détective Conan qui s’étend sur 22 épisodes en quelque sorte.

Shion no Ou est une série à la réalisation banale (je pense aux décors, au chara-design et à l’animation, bref à tout), à l’intrigue très fade bien que cohérente et dont la seul originalité (le shogi) est une épine dans le pied. Franchement, à éviter surtout si vous ne voulez pas être assommés de considérations pseudo-philosophiques sur le shogi. Il y a des limites à la bêtise, si un jour on me dit que je dois haïr mon adversaire pour l’emporter aux échecs…

4/10