Tokyo Godfathers

Informations générales
- Format: Film
- Année: 2003
- Titre original: Tokyo Godfathers
- Nombre d'épisodes: 1
Staff technique [liste]
- Studio d'animation: Madhouse
- Réalisation: Kon Satoshi
- Chara-design: Kon Satoshi, Konishi Kenichi
- Auteur: Kon Satoshi
- Musique: Suzuki Keiichi
- Diffuseur: Sony
- Animation clé: Inoue Toshiyuki
Version française
- Licencié: oui
- Titre français: Tokyo Godfathers
- Editeur: Sony Pictures - Home Entertainment
Doublage
Emori Toru (Gin), Umegaki Yoshiaki (Hana), Okamoto Aya (Miyuki)
Synopsis
La veille de Noël à Tokyo, trois sans abri un peu loufoques -Gin, Hana et Mayuki- trouvent un bébé dans un amas de déchets. Emue par cette découverte, Hana (un travesti), se met en tête de retrouver les parents du bébé, entraînant ses deux compagnons dans une course poursuite tokyoïte qui en révélera plus sur eux-même qu'ils ne le croient...
Synopsis soumis par marwen
#Par Kanapeach le 02/01/2012 à 11:33
Tokyo Godfathers ou la sacralisation animesque de Satoshi Kon. Poursuivant ma découverte des œuvres de ce réalisateur reconnu comme l’un des meilleurs, j’étais jusque-là assez satisfait sans pour autant atteindre les sommets promis (Perfect Blue). Tokyo Godfathers vient balayer de sa puissante main tous doutes imaginables.
Le fil conducteur est à la fois simple et terriblement accrocheur pour tout ce qu’on va y trouver à côté. Ainsi, le soir de Noël, un petit groupe de SDF, composé d’un travesti, d’une fugueuse et d’un homme dont on apprendra l’histoire au cours de l’aventure, trouve un bébé abandonné enfoui dans les ordures. Nos trois amis réfléchissent alors quant à ce qu’ils devraient en faire et après bien des débats, ils se décident à retrouver les parents du bambin via les quelques indices laissés avec ce dernier. Et nous voilà partis pour une succession de scènes tantôt marrantes, tantôt touchantes, souvent avec cet arrière-goût de « pas mal ».
Vu comme ça, c’est déjà assez sympa. Mais ça ne s’arrête pas là. En effet chacun des trois SDF a eu le droit à un passé largement développé et s’intégrant parfaitement à l’intrigue elle-même (et sans abuser du flashback) et sans abuser du processus du flashback qui a le don de casser le rythme. Déjà pour ça j’ai envie de dire bravo. Mais si en plus ces personnages, outre leur background, s’avèrent attachants, alors là on commence à se dire que les scénaristes étaient particulièrement inspirés. En effet chacun à sa façon va finir par retenir l’attention du spectateur et ça ne peut que nous intéresser encore un peu plus à cette folle aventure à rebondissements et multiples coïncidences (un peu grosses par moment).
Mais ce n’est pas tout. Ce film semble également avoir pour ambition de nous proposer un regard sur la vie de ces personnes sans habitats, leurs habitudes, leurs manières de vivre et la façon dont ils sont vus par nous, nous qui ne réalisons pas notre chance. Rassurez-vous, cet aspect un peu moralisateur n’est pas directement présent, il ne se déclare que par le biais de réactions amusantes (personnes qui se pincent le nez lorsqu’ils passent à côté) ou de scènes véritablement existantes (groupe de jeunes qui vont les tabasser par jeu). Une manière attirante et pas lourde comme on pourrait le craindre de voir ce monde à part entière.
Question réalisation, c’est encore du tout bon. Mises à part quelques couleurs ternes, on a droit à un festival de décors grouillant de vie et de détails bienvenus. Des décors très réalistes donc, qui permettent une meilleure implication dans le cadre présenté. Tokyo est une grande ville où des coins mal famés laissent facilement place à des quartiers riches. L’animation se veut réussie, les personnages se meuvent de manière réaliste et le peu d’action présente atteint un niveau tout à fait respectable. Le chara-design est lui aussi des plus plaisants, bien plus que celui de Perfect Blue pour reprendre cet exemple. Les expressions faciales sont souvent exagérées mais ajoutent au caractère humoristique des scènes. Bref pas grand-chose à redire.
Terminons sur la bande-son somme toute réussie. Les doublages font plus que leur office en collant parfaitement à leur personnage avec cette petite excentricité que j’apprécie tant. Les musiques sont peut-être un peu en retrait mais du peu que l’on entend, on a droit à un travail parfaitement orchestré et renforçant les passages clefs du film.
En conclusion, Tokyo Godfathers est plus que jamais un film à voir, le genre de film parfait pour tous et n’importe quand. Tout y est pour me permettre de dire que Satoshi Kon fait bel et bien partie de ces grands réalisateurs de l’animation japonaise qui auront marqué leur époque et cette note, il le mérite.
#Par Cyann le 26/12/2010 à 03:01
Quoi, tu es triste? C'est Noël, mais t'a pas la forme? Réveille toi, tu as une perle à portée de clic!
Tokyo Godfathers est de ces animés qui font plaisir à tout le monde, qui réchauffent les coeurs sans niaiseries... Étrangement d'ailleurs, c'est plutôt un regard désabusé et cynique (on connait tous ce dont est capable Kon Satoshi...) qui se porte sur les aventures des trois SDF, véritables Dieux des ruelles sombres! Mais ce ne sera pas une raison pour tomber dans l'amertume et la souffrance, car c'est avec rire et joie que l'on découvre ce parfait petit bijou. Satoshi, sans dramatiser, ni se contenter d'informer, nous amène à suivre les soucis et les difficultés à vivre qu'ont les SDF! Ce qui en fait cependant un véritable conte de noël, c'est la résolution de la solidarité, l'amour que se portent les personnages, et la volonté dont ils font preuve! Ils ont tous l'étoffe des vrais héros, dans leur contexte.
Pour parler d'autre chose, l'OST est la seule chose qui n'a pas foncièrement retenu mon attention... Elle existe, probablement, mais elle ne compte pas vraiment! Les graphismes sont surprenants de qualité, avec un chara-design soigné, dont l'animation permet la comédie. Le scénario est juste parfait, il n'y a rien que je puisse dire de plus à ce propos.
Je n'ai pas besoin de beaucoup plus de mots pour dire à quel point j'ai adoré ce film qui transporte! Si vous aviez encore des doutes malgré l'unanimité des critiques, croyez moi : rien ne vaut cette beauté pour atteindre des sommets!
#Par emilie le 10/09/2010 à 18:04
Tokyo Godfathers c’est comme un conte de Noël pour les enfants, mais à la sauce Satoshi Kon, donc ce n’est pas tout beau, tout mignon, ce n’est pas Disney quoi.
Ce qui m’a marqué en premier lieu, ce sont les couleurs. Ce film est pourtant de 2003, mais les couleurs utilisées confèrent une ambiance que l’on croirait sortir d’un vieux film comme Métropolis par exemple. Cela va très bien avec la période de l’année dépeinte, on est entre Noël et le premier de l’an. Y’a comme une prédominance des couleurs orangées ou ocres, un peu terreuses parfois qui me donnent cette impression de bien se marier avec cette ambiance de Noël chez les plus pauvres. Qui n’est pas faite de choses fastueuses mais de plaisirs très simples, jusqu’à chercher des cadeaux de Noël dans les poubelles.
Et c’est là que la magie opère, nos trois sans-abri trouveront un bébé abandonné dans ces fameuses poubelles, et c’est parti pour notre conte de Noël à la recherche des parents de cette enfant abandonnée, ils vont leur apprendre à vouloir laisser un bébé dans le froid !
C’est donc dès ce moment qu’intervient ce que j’aime beaucoup avec Satoshi Kon, le scénario. Au cours du périple pour retrouver les parents, on va apprendre la vie de nos trois personnages à travers plein de situations. Tant et si bien qu’à un moment on se pose la question de savoir pourquoi il arrive tant de coïncidences hallucinantes. Certains vont se dire que nos deux scénaristes ne sont vraiment pas aller chercher loin, or je ne suis pas de cet avis.
Je ne voudrais pas spoiler les interprétations de chacun et donc je n’en parlerais pas ici, mais mon interprétation de certains points de ce film me le fait voir comme une jolie manière de faire un conte de Noël en ayant un scénario sympathique.
De plus, on est surpris. Satoshi Kon sait nous prendre au jeu et nous faire rebondir avec ses scénarios qui sont maîtrisés comme il faut, saisissant le spectateur là où il s’y attend le moins.
De plus on a aussi droit à des pointes d’humour très bien placées, j’ai quand même eu un fou rire énorme à un moment qui aurait du être «tendu ».
Autre point que je tiens à souligner, c’est la profondeur des personnages. Bien que l’on ait un film, à chaque fois qu’un personnage apparaît, il est relativement traité en profondeur, pas besoin de 36 lignes de dialogue ici pour comprendre qui est qui. Et je me suis surprise à finir par m’attacher à plusieurs d’entre eux.
Seul bémol, la musique. Bien qu’elle puisse coller avec l’ambiance, je la trouve disgracieuse à l’oreille. Elle m’a gênée tout le long.
#Par Papimoule le 30/08/2010 à 23:27
Mon premier film de Satoshi Kon. Le gros coup de cœur! En m'attaquant à cette réalisation je m'attendais à du bon et j'ai eu encore mieux que ce que j'espérai. C'est dire s'il m'a plu.
C'est l'histoire de 3 clochards, un homosexuelle, une jeune fille et un homme barbu. Ils trouvent, le jour de noël, un enfant abandonné et décident de le rapporter à sa mère. On en apprend sur tout les personnages durant tout le visionnage. Chacun à une histoire bien particulière, souvent pas très net. Le scénario est très agréable avec de nombreux rebondissements. En fait, ça n'arrête jamais, on en vient à ce dire: "c'est incroyable comment tout s'orchestre avec merveille" et ça donne un certain charme au film.
Les personnages sont tous plus loufoques les uns que les autres. Ils vous feront rire toute les 2 minutes, il ne se passe aucun moment où l'anime retombe avec un moment de plat. Si ce n'est pas drôle, c'est émouvant, triste... Impossible de croiser l'ennui.
Les graphismes, l'animation, la mise en scène tout est excellent. Les têtes des personnages sont expressives, les décors sont fournis, l'animation est fluide... etc!
La bande son est tout aussi remarquable, on ne peut s'empêcher d'éclater de rire quand le morceau de musique classique est joué dans l'hôpital.
Enfin, si défauts il y a je ne les ai point vu. Un film indispensable à voir, un grand moment de plaisir. Dommage pour moi d'avoir attendu la mort de ce réalisateur pour voir un de ses films... (et je peux vous dire que les autres vont suivre!)
#Par FullMetal Klavikul le 16/07/2008 à 11:01
Dans Tokyo Godfathers, on suit le parcours rocambolesque de trois sans-abris dans un Tokyo polaire durant la semaine de Noël, recherchant la mère d’un nouveau-né trouvé abandonné dans une décharge. De là, le réalisateur nous entraîne dans un voyage initiatique visuellement bluffant, tout aussi bien délirant que tragique par moments.
Tout d’abord, ce qui frappe le plus est le chara-design ultra-expressif des personnages qui reflète leur état d’esprit, marque de fabrique de Satoshi Kon, mais cette fois on est à la limite de la caricature, ce qui inscrit ce film dans un contexte plus tragicomique que les précédentes œuvres du réalisateur. L’animation est quant à elle fluide et sans faille, les couleurs sont éclatantes, les décors sont beaux et réalistes, les effets graphiques sont impressionnants : encore une fois MadHouse fait preuve d’une grande virtuosité.
Les trois personnages principaux ont chacun leur histoire, assez pathétique, et à la manière de Paranoia Agent le portrait psychologique de Gin, Hana et Miyuki est analysé petit à petit, reflétant ainsi des sujets de société présents au quotidien : homosexualité, alcoolisme, misère pour ne citer qu’eux. Chacun des trois héros cristallise à lui-seul un des problèmes de la société moderne, de manière à le présenter de manière à la fois décalée et réaliste, à la fois drôle et dramatique. Evidemment, le thème le plus récurrent du film demeure la condition des sans-abris au Japon, dont le réalisateur donne une vision sans concessions : de leurs misérables conditions de vie à l’attitude des autres habitants de la ville à leur égard, on assiste à un véritable hommage à ces parias du monde moderne, isolés de tous et abandonnés à leur sort sans le moindre sou, mais qui ont pourtant l’air d’être heureux ainsi, comme s’ils formaient une famille unie… Le spectateur peut alors réfléchir sur sa propre condition et se faire sa propre opinion sur le choix de vie des trois héros.
Enfin, ce qui donne son identité au film est son côté « conte de Noël moderne », où nos trois sans-abris seraient des sortes de Rois-Mages du 21ème siècle, poursuivant leur quête dans un Tokyo enneigé, touchés par la grâce divine portée par la petite baptisée Kyoko, qui semble être leur Ange Gardien les guidant vers ce qu’ils ont toujours cherché : le bonheur, tout simplement… La comparaison est inévitable, d’autant que la religion est une autre des thématiques très présentes dans ce film.
Tokyo Godfathers est un film d’animation unique en son genre, offrant au spectateur à la fois un divertissement drôle et bien ficelé mais aussi des pistes de réflexion sur les grands problèmes du quotidien, mais sans jamais tomber dans le larmoyant. En effet, ici se côtoient des scènes assez dures et émouvantes et des moments totalement délirants, ce qui donne une réelle force au film, bien davantage que si les thématiques avaient été abordées dans un registre uniquement pathétique et misérabiliste. Un film magnifique à voir et à revoir…
Nb : J’ai pu déceler des éléments communs à d’autres films de Satoshi Kon :
- Les trois héros passent vers le début du film devant une vitrine portant des affiches de Perfect Blue et Millenium Actress
- Les commères colportant des rumeurs sur Sachiko ont la même attitude (la main posée sur la joue) et sont pour la plupart les mêmes personnages que les voisines racontant des histoires sur le gamin à la batte dans l’épisode 9 « ETC » de Paranoia Agent
- Le décor de la maison démolie à ce moment-là (ouverte sur l'extérieur) est le même que celui dans le générique de Paranoia Agent lorsque l'on voit l'ex-femme du sergent Ikari : si si, regardez-bien...
Décidemment, quel génie !!!!
#Par marwen le 25/07/2006 à 19:01
Tokyo vu par le génial Satoshi Kon épaulé dans son travail scénaristique par le non moins doué Keiko Nobumoto (Cowboy Bebop et Wolf's rain, tout de même), le tout à travers les tribulations de trois marginaux, ça ne pouvait que déménager.
En gros c'est du lourd. Artistiquement d'abord avec un Tokyo plus vrai que nature, fourmillant de détails dans chacun de ces dédales, exposant ses gratte-ciels côtoyant ses pavilons plus ou moins modestes, son métro blindé et ses vitrines colorées. L'on en oublierait presque que c'est de l'animation, tant on s'y croirait.
Le chara-design est habituel de Satoshi: réaliste et à l'expressivité ultime. Dans les faciès parfois exagérés ou les visages des protagonistes dégoulinant de morve quand ils pleurent, tout ici tient du génie et c'est un réel régal qui sert parfaitement une intrigue rondement menée.
Ainsi, les trois rois mages que sont nos héros peuvent tranquillement entamer leur périple à la recherche des parents inconscients de leur petit miracle à eux. Et autant dire que ça part dans tous les sens, entre folle course poursuite en taxi, affrontement de gangs rivaux et lieux bizarres en tous genres, les trois clochards ne sont pas au bout de leurs peines, difficultés souvent semées pour nous faire rire aux éclats. Car oui, malgré la position sociale inconfortable des protagonistes, Kon ne donne pas dans l'appitoiement et évite ainsi les écueils propres à ce genre de film. S'il est clair que les passés de Gin, Miyuki ou même Hana sont émouvants, on ne tombe jamais dans le larmoyant et l'oeuvre garde de ce fait sa dimension comique, malgré certaines scènes un peu dures.
De même, la vie de sans abri est loin d'être stigmatisée à un malheur sans fin et aux galères quotidiennes. S'il est en effet difficile de se nourrir et de supporter les remarques ou regards désobligeants, le carton aménagé semble bien plus lumineux et chaleureux que les autres foyers qui nous sont montrés.
L'intrigue ne présente aucun temps mort et l'on rentre rapidement dans le vif du sujet, découvrant la personnalité et le passé des héros petit à petit ou suivant la piste des géniteurs, tout suit son cours dans la logique des choses. On regrettera cependant une fin un peu trop brusque, mais elle ne gâche pas le plaisir.
En définitive voilà une oeuvre majeure et aboutie d'un Kon Satoshi aussi à l'aise dans le comique que le thriller, magnifique de poésie et d'optimisme, géniale dans sa réalisation et merveilleuse artistiquement parlant.
Un must have qui mérite largement la note la plus élevée.
#Par Lowa Angel le 27/04/2005 à 14:15
Satoshi Kon, fidèle à lui-même, nous livre ici un film d'une beauté magnifique.
On peut regarder Tokyo Godfathers de deux façons différentes : l'histoire de base, road movie à travers Tokyo. Je vous garantis les larmes aux yeux à la fin. Même si le sujet a déjà été exploité à maintes reprises, Satoshi Kon lui apporte une note de douceur amère qui fait qu'on le regarde avec plaisir.
Puis, on peut observer la toile de fond : à travers ce film, il nous livre un portrait de la société japonaise bouleversant. Des êtres d'une solitude extrême qui partagent des petits bouts de vie, des petits bouts de bonheur... A première vue pessimiste, ce film livre un incroyable message d'espoir. La vie réserve bien des surprises : on peut la haïr, la détester parce qu'elle ne nous fait pas de cadeaux, mais on ne peut oublier ces petits instants de joie qui font qu'elle mérite d'être vécue jusqu'au bout...
Côté graphique, rien à dire, c'est irréprochable : c'est beau tout en restant réaliste, un paris difficile. Et admirez la palette d'expression des visages ! Du grand art, comme toujours, Satoshi Kon reste pour moi un artiste d'une très grande classe...
Bref, Tokyo Godfathers est un film magnifique !
