Tokyo Godfathers

  • Format: Film
  • Année de diffusion: 2003
  • Titre original: Tokyo Godfathers
  • Licencié: oui
  • Titre français: Tokyo Godfathers
  • Editeurs: Gaumont Columbia TriStar
  • Nombre d'épisodes: 1
  • Studio: Madhouse Production
  • Diffuseur: Sony
  • Auteur: Satoshi Kon
  • Directeur: Satoshi Kon
  • Character-designers: Kenichi Konishi, Satoshi Kon
  • Musique: Keiichi Suzuki
  • Doubleurs: Emori Toru (Gin), Umegaki Yoshiaki (Hana), Okamoto Aya (Miyuki)

Synopsis

La veille de Noël à Tokyo, trois sans abri un peu loufoques -Gin, Hana et Mayuki- trouvent un bébé dans un amas de déchets. Emue par cette découverte, Hana (un travesti), se met en tête de retrouver les parents du bébé, entraînant ses deux compagnons dans une course poursuite tokyoïte qui en révélera plus sur eux-même qu'ils ne le croient...

Synopsis soumis par marwen
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Par marwen le 25/07/2006 à 19:01

Tokyo vu par le génial Satoshi Kon épaulé dans son travail scénaristique par le non moins doué Keiko Nobumoto (Cowboy Bebop et Wolf's rain, tout de même), le tout à travers les tribulations de trois marginaux, ça ne pouvait que déménager.

En gros c'est du lourd. Artistiquement d'abord avec un Tokyo plus vrai que nature, fourmillant de détails dans chacun de ces dédales, exposant ses gratte-ciels côtoyant ses pavilons plus ou moins modestes, son métro blindé et ses vitrines colorées. L'on en oublierait presque que c'est de l'animation, tant on s'y croirait.
Le chara-design est habituel de Satoshi: réaliste et à l'expressivité ultime. Dans les faciès parfois exagérés ou les visages des protagonistes dégoulinant de morve quand ils pleurent, tout ici tient du génie et c'est un réel régal qui sert parfaitement une intrigue rondement menée.

Ainsi, les trois rois mages que sont nos héros peuvent tranquillement entamer leur périple à la recherche des parents inconscients de leur petit miracle à eux. Et autant dire que ça part dans tous les sens, entre folle course poursuite en taxi, affrontement de gangs rivaux et lieux bizarres en tous genres, les trois clochards ne sont pas au bout de leurs peines, difficultés souvent semées pour nous faire rire aux éclats. Car oui, malgré la position sociale inconfortable des protagonistes, Kon ne donne pas dans l'appitoiement et évite ainsi les écueils propres à ce genre de film. S'il est clair que les passés de Gin, Miyuki ou même Hana sont émouvants, on ne tombe jamais dans le larmoyant et l'oeuvre garde de ce fait sa dimension comique, malgré certaines scènes un peu dures.
De même, la vie de sans abri est loin d'être stigmatisée à un malheur sans fin et aux galères quotidiennes. S'il est en effet difficile de se nourrir et de supporter les remarques ou regards désobligeants, le carton aménagé semble bien plus lumineux et chaleureux que les autres foyers qui nous sont montrés.
L'intrigue ne présente aucun temps mort et l'on rentre rapidement dans le vif du sujet, découvrant la personnalité et le passé des héros petit à petit ou suivant la piste des géniteurs, tout suit son cours dans la logique des choses. On regrettera cependant une fin un peu trop brusque, mais elle ne gâche pas le plaisir.

En définitive voilà une oeuvre majeure et aboutie d'un Kon Satoshi aussi à l'aise dans le comique que le thriller, magnifique de poésie et d'optimisme, géniale dans sa réalisation et merveilleuse artistiquement parlant.
Un must have qui mérite largement la note la plus élevée.

10/10

Par Lowa Angel le 27/04/2005 à 14:15

Satoshi Kon, fidèle à lui-même, nous livre ici un film d'une beauté magnifique.
On peut regarder Tokyo Godfathers de deux façons différentes : l'histoire de base, road movie à travers Tokyo. Je vous garantis les larmes aux yeux à la fin. Même si le sujet a déjà été exploité à maintes reprises, Satoshi Kon lui apporte une note de douceur amère qui fait qu'on le regarde avec plaisir.

Puis, on peut observer la toile de fond : à travers ce film, il nous livre un portrait de la société japonaise bouleversant. Des êtres d'une solitude extrême qui partagent des petits bouts de vie, des petits bouts de bonheur... A première vue pessimiste, ce film livre un incroyable message d'espoir. La vie réserve bien des surprises : on peut la haïr, la détester parce qu'elle ne nous fait pas de cadeaux, mais on ne peut oublier ces petits instants de joie qui font qu'elle mérite d'être vécue jusqu'au bout...

Côté graphique, rien à dire, c'est irréprochable : c'est beau tout en restant réaliste, un paris difficile. Et admirez la palette d'expression des visages ! Du grand art, comme toujours, Satoshi Kon reste pour moi un artiste d'une très grande classe...
Bref, Tokyo Godfathers est un film magnifique !

10/10

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