Genshiken

Genshiken

Informations générales

Version française

  • Licencié: oui
  • Titre français: Genshiken
  • Editeur: Kurokawa

Synopsis

Sasahara entre à l'université et cherche un club. Vu ses passions, il est tenté par le club manga mais après avoir tourné autour un bon moment, il n'arrive pas à aller parler aux membres. Il finit par tomber sur le "club d'étude de la culture visuelle moderne", aussi appelé Genshiken. Sans savoir vraiment de quoi parle ce club, il décide d'entrer dans leurs locaux pour se faire un idée. Il va faire alors connaissance avec le monde des otakus.

Synopsis soumis par kuchiki byakuya

#Par Nakei1024 le 05/02/2010 à 22:00

Je connaissais déjà l’univers hilarant du Genshiken après avoir vu les 2 saisons et les quelques OAVs existants. Ce n’est qu’il y a peu que je me suis finalement décidé à me procurer les aventures de ce petit groupe d’otakus sous leur forme imprimée.

Premier constat, ceux qui auraient pu espérer une histoire et des gags inédits seront déçus. Ce sont à peu près les mêmes ficelles qui sont utilisées, avec un graphisme très fidèle à ce qu’on avait pu voir dans la version animée. Faut-il pour autant passer à côté de cette production ? Non, bien sûr que non : ne serait-ce que pour retrouver encore une fois l’ambiance de folie qui règne dans ce petit groupe de marginaux aux caractères très affirmés. Qu’il s’agisse de cosplay, d’animes, de figurines ou d’envolées lyriques sur le bien fondé des doujins à caractère érotique dans le développement de la personnalité d’un jeune adulte… les différents sketchs trouvent rapidement leur public et l’on a du mal à décrocher une fois un tome fini.

L’humour est donc le nerf principal de ce manga, omniprésent et toujours hilarant, même lorsque l’on aborde certains sujets moins évidents comme le peu de considération de la société nipponne pour les fans de japanim’ et mangas, les difficultés d’intégration dans la vie active une fois les études terminées ainsi que les drames divers et variés de la vie étudiante (Saki restera traumatisée par les séances cosplay organisées du club). L’ensemble peut d’ailleurs être divisée en deux partie. Une première dans laquelle on découvre en même temps que Sasahara le monde et les habitudes des otakus (les conventions, les boutiques doujin, les eroges…le tout avec un langage parfois très cru sur les pratiques de chacun (malgré les « biiip » de censure). Puis arrivé aux environs de la moitié, avec l’arrivée de nouveaux membres (et le départ de certains autres), alors qu’on croyait avoir tout vu de cet univers si particulier, de nouveaux éléments présentant une autre facette beaucoup moins glorieuse (déjà que de base, c’est spécial) de ces passionnés est mise en avant. Sans tomber dans la lourdeur et le dramatique, on note quand même un rééquilibrage dans le ratio humour/sérieux. Paradoxalement, c’est également cette seconde partie qui recèle selon moi les scènes les plus tordantes du manga, comme les disputes régulières entre Ohno et la nouvelle venue au club (sur le cosplay, le type d’homme qu’elles préfèrent, les productions yaoï…) ou les deux « otakus » made in USA (j’adore Suzie et son côté totalement débridé malgré son âge, inconnu au passage et ne comptez pas sur Ohno pour le dévoiler).

Je regrette en revanche que cette seconde moitié représente aussi la semi-disparition de certains protagonistes dont le rôle devient moins importants tandis que l’action se recentre sur une petite poignée de personnages (anciens comme nouveau). Même si ce ne sont pas forcément les plus intéressants et qu’on nous explique que du fait d’une recherche de travail, ils sont moins présents, j’aurais aimé les voir un peu plus malgré tout.
D’autres comme Kuchiki ou Kosaka malgré leur présence n’évoluent pas assez à mon goût et se cantonnent trop facilement dans leurs rôles respectifs : l’idiot du groupe (assez débridé lui aussi) et l’asocial qui s’intéresse plus aux jeux-vidéos qu’à sa copine…
Enfin, il y a également pas mal de personnages secondaires (la présidente du conseil et la sœur de Sasahara) que j’aurais également aimé voir un peu plus souvent, histoire de changer un peu des discussions d’otakus sans fin.

Pour conclure, voici donc une valeur sûre de ces dernières années, qui séduira sans difficulté avec son humour rafraîchissant et ses situations toujours hilarantes. Si possible j’aurais souhaité que cela dure quelques tomes supplémentaire, mais il ne faut pas abuser des bonnes choses, au risque de faire une overdose.

8/10

#Par kuchiki byakuya le 12/06/2009 à 17:51

Ca me fait un peu bizarre d'écrire une critique sur Genshiken car cela signifie que c'est terminé alors que j'ai pris énormément de plaisir à lire ses 9 petits tomes.

L'histoire est construite sous forme de petit cycle qui se termine avec l'arrivée d'un nouveau président de ce club un peu spécial. Ce qu'il y a d'extraordinaire avec Genshiken, c'est qu'il ne se passe pas grand chose fondamentalement mais on ne peut s'empêcher d'être happer par ce monde otakuesque. Je pense que si on aime ce manga, c'est en partie parce qu'on se sent proche des personnages et de leur univers. Leur passion est notre passion, même si leur niveau est bien plus élevé que le notre ^^. Le sujet est mieux abordé que dans NHK car l'ambiance est plus intime, plus proche du lecteur alors que dans NHK, il se posait en juge (ou en témoin). C'est pour cela qu'il est si dur de dire adieu à Genshiken.

Le scénario évolue quand même. S'intéressant d'abord au personnage de Sasahara, il porte assez vite son intérêt sur Saki, un anti-otaku par excellence qui ne fréquente ce club que pour petit-ami. Cette partie est très intéressante car le point de vue d'une "tueuse de otaku" permet d'avoir une idée plus complète. Mais ce qui est remarquable, c'est son évolution douce et naturel. Elle ne comprend pas et ne veut pas comprendre ce monde mais elle finit par l'accepter et même le défendre. Oui, car Genshiken est aussi un manga sur la tolérance et l'acceptation des hobbies, point que l'on voit nettement sur la fin avec les deux américaines.

Ensuite, Sasahara redevient le personnage central. Cette partie change du reste car on y voit de nouveaux protagonistes mais surtout parce que le ton change. Sans laisser tomber le monde otaku, l'histoire se penche d'avantage sur le fond des personnages, leurs sentiments, leur avenir, leurs liens également. Les otakus sont des créatures sortant en bande mais ayant une bien mauvaise opinion d'eux-mêmes. Ils se soutiennent les uns les autres et réussissent à se faire une place dans la société.

Les derniers tomes marquent la fin d'un cycle complet, achevant tout ce qu'ils ont voulu, se sentant un peu mieux dans leur peau. Néanmoins, le dernier tome est vide, se contentant de terminer la série calmement. Je ne dis pas qu'il est mauvais, juste différent. Comme le manga traite de tranches de vies, il faut bien terminer et cette manière est convenable, même si j'ai le sentiment que certains point sont mal expliqués.

Les personnages forment un tout et en retirait un, c'est comme retirer un organe vital à un corps. Sasahara a du mal à accepter ses goûts et le "club d'étude de la culture visuelle moderne" lui permet de trouver des gens encore plus fana que lui. Madarame, vrai drogué des animes et des jeux érotiques, nerveux et pas très délicat; Kosaka, beau jeune homme souriant et complètement à l'ouest dont Saki s'entiche vite, malgré leur différence de caractère; Tanaka, vrai drogué du cosplay, tout comme Ohno. Leur club est plus un lieu où ils peuvent se cacher des autres car au final, ils n'y font pas grand chose. Mais les petites envies de chacun donne des résultats qu'aucun d'eux n'auraient envisager. Oguié, qui les rejoint par la suite, est complexe, otaku de naissance, elle s'efforce de le cacher (maladroitement certes) aux yeux des autres. Mais qui connait mieux un otaku qu'un autre otaku? J'aime bien ce personnage car il apporte un petit plus.

Par contre, j'aime beaucoup moins Kuchiki qui est débile, même inutile. On ne le voit que très rarement, sauf pour faire une grimace ou dire une idiotie. Je ne vois pas l'intérêt d'introduire un tel personnage mais bon. Kuagayama n'est pas non plus celui que je préfère, bien que je le trouvais sympathique au début. Il perd sa place au fur et à mesure car il manque totalement de charisme et de personnalité. Il revient pour un moment important du club et j'espérais qu'il puisse gagner une nouvelle place mais il est éclipsé par Oguié. Enfin, il y avait déjà suffisamment de personnages.

Le dessin est très bon, très fluide. Les planches sont parfaitement équilibrées, les personnages très agréables à regarder. J'aime bien les planches annexes, que l'on trouve à la fin de certains chapitres, comme des petites histoires complémentaires. Les dossiers de fin de tome sont un vrai plus, apportant des informations sur la vie japonaise. Certains sont vraiment très complets et passionnant. C'est le genre de détails auquel je suis sensible.

Genshiken est donc un must, sur un sujet intéressant et d'actualité. Il n'est pas impossible et idiot que l'on dévore les 9 tomes d'une traite. Voila pourquoi j'ai un petit pincement au coeur en écrivant cette critique. J'ai adoré et ca me rend triste de me dire que je n'attendrai plus la sortie d'un tome. A lire d'urgence, bien évidemment.

9/10