The Anime-Kun Awards 2025
Les années passent et le bonnes habitudes restent. Comme il est de coutume, le staff d’Anime-Kun fait le bilan de l’année 2025 en matière d’animes pour célébrer les productions et plus marquantes et, peut-être vous donner envie de rattraper ceux que vous auriez manqué. Bonne lecture !
| Le bilan de Benja | La Sélection Deluxe |
| Le Palmarès de Dregastar | La Rétrospective de Matchoss |
| Conclusion | |
Le Bilan de Benja
Voilà, 2025 est derrière nous, et comme chaque année, c’est l’heure du bilan.
Un exercice que j’aime particulièrement, parce qu’il me permet d’assumer publiquement mes goûts douteux, ma passion pour la fantasy et les light novels ainsi que ce manque total d’objectivité qui fait, je l’espère, le charme de mes contributions.
Un année marquée par l’arrivée d’un petit Kirito au sein de mon foyer, expliquant aussi que cette année plus que les autres j’ai dû faire des choix. Et vous le savez. Chez moi c’est toujours trop d’isekai, toujours aucun regret et une toujours une mauvaise foi assumée. C’est mon nindô !
Bienvenue dans mon Bilan 2025 !
L’année a commencé avec Guild no Uketsukejou desu ga, Zangyou wa Iya nanode Boss wo Solo Toubatsu Shiyou to Omoimasu, adaptation d’un light novel de Mato Kosaka. Le pitch est toujours aussi absurde sur le papier : une réceptionniste de guilde qui refuse les heures supplémentaires et décide donc d’aller tuer les boss elles-mêmes. Simple. Efficace.
On est clairement sur une fantasy légère, portée par une héroïne attachante et un concept original. Ce n’est pas l’anime de l’année, mais c’est propre, bien rythmé et suffisamment malin pour qu’on ait envie d’enchaîner les épisodes sans trop réfléchir. Puis la réceptionniste ultra-cheaté de sa maman, bah c’est rigolo. Et je compatis vraiment : les heureux sup’, ça craint.
Dans un registre plus posé, Unnamed Memory est venu apporter une fantasy plus classique, plus posée, avec une relation centrale qui prend son temps. Ce n’est pas l’anime qui va te retourner le cerveau, mais il a ce petit parfum de fantasy “à l’ancienne” que j’aime bien. Des malédictions, de la royauté, une sorcière charismatique… Ça fait le job, sans chercher à en faire trop.
Le printemps a été dominé, pour moi, par Ore wa Seikan Kokka no Akutoku Ryoushu!, adaptation du light novel de Yomu Mishima.
On est sur une satire déguisée en space fantasy, avec un protagoniste persuadé d’être un Evil Lord alors qu’il agit comme un dirigeant ultra compétent. Le genre de concept qui pourrait s’essouffler rapidement, mais qui tient étonnamment bien grâce à un rythme efficace et un humour bien dosé. Et un mélange Magie Mecha qui fonctionne assez bien en fait. L’auteur du LN a fait l’effort de bien imaginer et expliquer le rapport entre les deux et ça devient logique. Un peu moins dans l’anime, mais l’anime m’a fait lire les dix ligth novels d’une traite, dont les 7 derniers depuis janvier 2026.
Vous l’aurez compris, c’est le genre d’anime qui donne envie d’aller dévorer les volumes papier juste après. Et ça, pour une adaptation de LN, c’est mission accomplie.
Autre ambiance avec Teogonia. Ici, on est sur une fantasy beaucoup plus à l’ancienne, plus sombre, plus violente, presque primitive.
Le monde est cruel, la survie difficile et la montée en puissance du héros se fait dans la douleur. Ce n’est pas un anime facile, ni forcément très vendeur, mais il propose quelque chose de différent et rien que pour ça, il mérite d’être souligné.
Enfin, mention obligatoire à Yu-Gi-Oh! Card Game: The Chronicles, surtout pour son lien direct avec mon article sur le sujet à redécouvrir dans le webzine !
Arrive l’été 2025 qui a été totalement chaotique.
Commençons par Nukitashi the Animation, adaptation d’un visual novel bien connu pour son absence totale de subtilité.
On ne va pas tourner autour du pot : c’est vulgaire, provocant et clairement réservé à un public averti. Mais au moins, ça assume pleinement ce qu’il est. À regarder pour la curiosité… ou pas du tout. Moi j’ai choisi de regarder. Et je ne le ferai plus.
Heureusement, l’été nous a aussi offert Clevatess – Majuu no Ou to Akago to Shikabane no Yuusha. Une belle claque, hein, Clevatess. Une fantasy sombre, violente, parfois dérangeante, mais extrêmement prenante. Le contraste entre un roi démon, un nourrisson et un monde en ruines fonctionne étonnamment bien. Une vraie bonne surprise, portée par une ambiance lourde et une narration qui ne prend pas le spectateur par la main.
Et puis il y a eu Grand Blue TV2. Toujours aussi débile. Toujours aussi efficace. Adapté du manga de Kenji Inoue, c’est le genre d’anime qui n’évolue pas, ne progresse pas, mais continue de me faire rire comme un con. Même si objectivement, la S1 était vachement plus marrante. Cette S2, sortie 7 ans après la première saison, aura eu la bonne idée de me faire chercher la série de manga pour l’acheter. Bien ouej.
Mention spéciale à Kizetsu Yuusha to Ansatsu Hime, que je cite ici uniquement parce que c’est marrant et que parfois, c’est suffisant.
Côté isekai pur jus, Isekai Mokushiroku Mynoghra propose un seigneur du mal stratège dans un monde en ruines, avec une approche un peu plus “gestion” que la moyenne. On criera un spoil, mais tant pis, mais l’idée d’avoir un battle royal des styles de JV, moi je trouve ça créatif. L’anime se regarde et les LN de Kazuno Fehu méritent peut-être mon coup d’œil avisé.
Enfin, The Rising of the Shield Hero TV4, toujours adapté du LN de Aneko Yusagi, continue son chemin. Ce n’est plus la surprise des débuts, mais la licence reste solide et le studio Kinema Citrus a clairement relevé le niveau technique et graphique au vu de l’importance prise par la licence dans notre microcosme.
Enfin. L’automne a ramené des suites rassurantes, à commencer par Tondemo Skill de Isekai Hōrō Meshi 2.
Toujours cette même recette : cuisine, créatures surpuissantes, ambiance chill. Le studio MAPPA montre ici qu’il sait aussi faire autre chose que de la baston ultra-sakuga. Et franchement, ça fait du bien. C’était ma petite madeleine de Proust en fin de journée ou entre deux biberons nocturnes. Good vibe et rigolo.
Assassin de Aru Ore no Sutetasu ga Yuusha yori mo Akiraka ni Tsuyoi Nodaga, quant à lui, coche toutes les cases du héros sous-estimé, mais complètement fumé. Rien de nouveau, mais une exécution correcte qui fait que ça se regarde sans forcer.
Enfin, Yasei no Last Boss ga Arawareta! vient conclure l’année avec une vibe très “Fantasy des années 2010”. Un dernier boss réincarné, un monde pas prêt à son retour et une power fantasy / MC Ultra Cheaté assumée jusqu’au bout. Mais ça marche. En espérant une suite, sinon ça risque d’être frustrant.
Pour conclure, 2025 n’a pas été une année de bouleversements, mais une année confortable. Par choix. J’ai probablement raté des pépites, mais c’est assumé. La vie est longue et belle. Je me rattraperai.
Une année qui confirme également que, oui, je suis toujours client de fantasy, d’isekai, de light novels adaptés parfois avec plus ou moins de succès, mais souvent avec sincérité. Pas de chef-d’œuvre absolu, si ce n’est mon coup de cœur pour Ore wa Seikan Kokka no Akutoku Ryoushu!, mais beaucoup de séries honnêtes, quelques vraies bonnes surprises et toujours ce plaisir intact de se perdre dans d’autres mondes.
Rendez-vous en 2026 pour encore plus de titres interminables, de héros trop forts et de débats inutiles sur le forum ou Discord.
Et comme toujours : restez connectés, vive l’isekai, vive AK et vive SAO !
Benja
Kohei Hirota / Jason Yao – My Hero Academia #162
La Sélection Deluxe
L’année 2025 est passée si vite qu’on en aurait presque oublié de regarder dans le rétroviseur pour en noter les animes les plus marquants. Ne dérogeons pas à la tradition en sélectionnant les plus belles pièces de l’année écoulée.
Avant de parler des animes de 2025 proprement dit, prenons un temps pour purger les suites, séquelles et autres reliquats des années précédentes. Parmi les animes terminés en 2025, le plus significatif est sans doute Du Mouvement de la Terre, adaptation du brillant manga de Uoto sur le thème de l’héliocentrisme en Europe au Moyen-Âge. Mêlant science, histoire et tragédie, cette série d’un haut niveau mérite l’attention des spectateurs exigeants. Dans un style complètement différent, Shoushimin signe le retour quinze ans plus tard du retour de l’auteur de Hyouka pour de nouveaux mystères mâtinés de drama adolescents, pour les amateurs d’animes esthétiques et cérébraux. On pourra aussi citer la deuxième saison de Dandadan, qui poursuit la lancée exubérante de la première avec un style toujours aussi tranché.
Parmi les séries qui ont trouvé leur conclusion en 2025, My Hero Academia a fait l’évènement avec son ultime saison qui conclut dix ans de diffusion. Shônen majeur de la dernière décennie, innovant dans le format et avec une profondeur insoupçonnée dans le propos, la série restera comme un sympathique exemple du shônen moderne. Pour rester dans la thématique, on remarquera que le vénérable One Piece, sans doute le plus grand manga aujourd’hui, a décidé de passer au format saisonnier à partir de 2026. Cela signifie que la première saison de One Piece s’est terminée cette année au bout de… 1155 épisodes. Bon rattrapage à tous avant la saison 2 de One Piece l’an prochain !
Orientons-nous maintenant vers les nouveautés proprement dites. Les séries intéressantes se sont concentrées dans la deuxième moitié de l’année, avec par exemple le remake de Yaiba par le studio WIT. Adapté d’un manga oublié de Gosho Aoyama, principalement connu pour Détective Conan, il s’agit d’un shônen à l’ancienne principalement orienté vers l’action et la comédie burlesque. Cette série se démarque surtout par la direction de l’animation de Yoshimichi Kameda, qui propose un déluge de sakuga dans la droite lignée de Mob Pyscho 100, sa précédente série. Une suite est prévue prochainement, il est donc grand temps de s’y mettre pour ceux qui recherchent une dose d’action décomplexée.
Autre série qui s’est démarquée dans la forme, CITY est la dernière série de Kyoto Animation et sa première nouveauté depuis l’incendie de 2018. Il s’agit d’une adaptation d’un manga de Keiichi Arawi, l’auteur de Nichijou qui avait déjà été adapté par KyoAni il y a une douzaine d’années. Nichijou était déjà exceptionnel à l’époque, CITY repousse encore un peu plus les limites en proposant une mise en scène tout simplement jamais vue en animation télé, avec des idées de mise en scène à foison et un jusque-boutisme dans la recherche de perfection animée. Seul défaut, on aurait voulu en avoir plus que 13 épisodes tellement ça se mange sans faim.
Seul anime original cité ici, Gundam GquuuuuuX reste néanmoins la dernière itération d’une franchise qui aura bientôt un demi-siècle. Réalisé par le vétéran Kazuya Tsurumaki et son style hérité des OAV des années 2000, la série est une réussite esthétique qui nous rappelle le plaisir de voir des animes de mecha stylés et ambitieux. Dommage que cela soit au service d’histoire qui n’est finalement qu’un énième fanfiction Gundamesque…
Difficile enfin de ne pas terminer sur une des séries les plus intéressantes et surprenantes de l’année avec Hikaru ga Shinda Natsu. Dans un genre assez peu représenté, celui de l’horreur psychologique, cette adaptation du manga de Mokmokuren propose une mise en scène fascinante qui nous entraîne avec ces personnages qui naviguent à la limite entre les mondes. Doté d’un niveau d’écriture assez au-dessus de la moyenne et de plusieurs niveaux de lecture, cette série est à recommander au public friand de sensations fortes et d’émotions lourdes.
Une fois n’est pas coutume, c’est au niveau des longs-métrages que l’animation aura le plus brillé cette année. Pas seulement l’animation japonaise d’ailleurs, puisque les plus gros succès de l’animation auront été produits en Corée (K-Pop Demon Hunters) et en Chine (Nehza 2). Mais si l’on reste confiné dans les frontières du Japon alors on aura vu le succès de Demon Slayer Infinity Castle, qui fait entrer la franchise dans son arc final. Un film qui n’est en réalité qu’une suite de la série télé, mais qui pousse son niveau de production dans ses derniers retranchements. Sans doute ce que cette licence aura proposé de mieux depuis sa première saison il y a plus de six ans.
Autre suite de série télé, mais cette fois véritable film de cinéma, Chainsaw Man Reze Arc évolue le style controversé de l’anime sorti en 2022 pour proposer un film esthétiquement remarquable, buffet à volonté de sakuga enrobant le récit d’amour tragique de Tatsuki Fujimoto. Une production qui représente parfaitement ce qui se fait de mieux dans la japanime contemporaine.
Dans un genre très différent, Hyaku m est une adaptation d’un manga de sport de Uoto, l’auteur dont nous avons parlé au début de ce texte. Produit à l’aide de la rotoscopie, ce film de Kenji Iwaisawa propose une esthétique expérimentale qui autorise des images nouvelles au service d’un récit intense sur la quête de performance. Pour les amateurs d’animes qui sortent du lot.
Voilà ma sélection des animes de 2025, car ici on préférera toujours la qualité à la quantité. Comme toujours, si vous voulez en savoir plus n’hésitez pas à consulter mes critiques sur les animes mentionnés ici ou sur d’autres œuvres. Sur ce, bonne année, bonne santé à tous et que la passion vous guide.
Deluxe
Vincent Chansard – One Piece #1127
Le Palmarès de Dregastar
Hello, plutôt que de vous étaler tous les nombreux titres qui le mériteraient, je préfère une liste courte représentative de mes goûts éclectiques, avec l’intime conviction d’être à la fois tolérant, bon public tout en restant malgré moi un esthète pur et dur. Sur ce, allons-y pour quelques-unes des productions m’ayant marqué cette année:
Du Mouvement De La Terre : Malgré une fin clivante, cette série était captivante de bout en bout, avec une faculté à maintenir la tension et à me pousser à réfléchir sur l’intrigue, le message et le sens de ce que l’on appelle la vérité. Elle m’a poussée à méditer sur les conséquences à vouloir bousculer les croyances établies; Qu’importe que vous ayez des preuves solides et la logique de votre côté, le système s’emploie à maintenir le discours dominant et à vous moutonner afin de conserver pouvoir et privilèges. Ce type de réflexions, bien plus que celles sur l’astronomie, m’ont embarqué très loin jusqu’aux réalités de notre époque.
Revenons à la série, l’autre atout sont les personnages servant l’intrigue, ils ont pour eux relief, nuances et charisme. Ils m’ont inspirés par leurs trajectoires, déterminés qu’ils étaient à se rapprocher de la vérité. A l’image d’une course de relais où chacun a son tour transmet le témoins. Magnifique !
En parlant de relais j’en profite pour rebondir sur un film adapté d’un manga du même auteur, intitulé 100M. Il est arrivé tel un cadeau des cieux, pile sous mes yeux en toute fin d’année. Ça respire le travail bien fait et l’investissement artistique. De nouveau j’ai été impressionné par la capacité du récit à devenir vecteur de réflexions et d’émotions. J’en étais à serrer la mâchoire de concert avec les protagonistes à la lutte sur la piste d’athlétisme. Ce que j’apprécie à travers le sport c’est que les valeurs, les contraintes et tous les sacrifices qui lui sont liées sont celles que l’on emploie ou que l’on éprouve dans la vie de tous les jours. Un film de haute volée qui a l’instar de Du mouvement de la Terre, tend vers ce à quoi j’aspire en matière d’animation : Que les thèmes soit universels, insolites ou plus singuliers, peu m’importe tant qu’ils sont traités de manière adulte et sérieuse.
On bascule dans la joie et la bonne humeur avec The City Animation : C’est du fait maison avec beaucoup de couleurs, de mouvements, d’énergie et de fraîcheur dans la mise en scène. J’ai eu grand plaisir à suivre cette petite ville en effervescence avec ses personnages de toutes générations et de toutes conditions confondues, souvent sur un beat fonky ou un air de Mambo no5. Artistiquement c’est dans le haut du panier tout en étant amusant, drôle et très fin. Le spectacle semblait me susurrer que l’on peut à la fois être adulte et rester enfant toute sa vie, qu’on la réussisse ou la subisse, qu’on soit à lutter contre ou lui courir derrière pour les petits besoins vitaux du quotidien ou pour concrétiser ses rêves les plus grands. Une bouffée d’air frais pleine de personnalité, d’inventivité et d’imagination.
Obligé de citer Les Carnets de l’Apothicaire qu’on ne présente plus avec sa photographie, ses backgrounds, ses décors, ses intrigues et son héroïne stellaire. La série poursuit ce qu’elle avait entamé et s’étoffe d’avantage en dévoilant plus d’intensité. On peut dire que le niveau est monté d’un cran cette saison.
Dans le même registre des suites je nomme Dandadan : La première saison, pleine d’action, permettait d’observer les liens se tisser entre les personnages avec un supplément d’âme et d’émotions. Celle-ci est d’avantage axée sur l’action avec des séquences pleine de gigantisme qui seront peut-être étudiés encore dans quelques années. Les personnages sont complices et soudés. J’ai hâte de découvrir l’évolution de leurs connexions. Certes je la trouve un chouïa en deça de la première mais elle reste pour la deuxième année consécutives l’une des séries les plus notables.
Venons en a Takopi qui m’a bluffé, son épisode 4 est une maestria dans la mise en scène qui restera certainement dans les annales. La série entre dans mon panthéon personnel grâce à cette manière d’avoir su retranscrire, par le biais de l’image, du mouvement et du son, tout le tragique des situations et toute la détresse psychique qui l’accompagne.
Cette série peut être clivante, car elle est assez dure et assez triste. Il y a une fable derrière, une morale aussi. Un divertissement aussi court que intense, sans jamais verser dans un misérabilisme que je déplore parfois dans d’autres animes asiatiques. Un bijoux couleur douleur mais un bijoux de valeur qu’il serait dommage de ne pas tenter.
Dans la catégorie « savoir se faire désirer », obligé de parler de l’ONA Lupin the IIIrd: Zenigata and the Two Lupins. Un film qui arrive après ceux que l’on a eu tour à tour au compte gouttes sur Jigen, Fujiko et Goemon. Cette fois le précieux nectar récolté offre le premier rôle à l’inspecteur Zenigata. Avec toujours le même réalisateur et la même équipe devenus maître absolus dans l’art de faire du neuf avec de l’ancien ou de rendre l’ancien plus neuf que du neuf. Autant dire que je n’ai jamais été vraiment déçu depuis que Lupin est passé au style Koike. Quel bonheur j’en perd mon latin !
La série de 2012 reste à part, tout en haut, ensuite concernant les films qui ont suivis ça varie et mon intérêt avec, mais même le plus faible d’entre eux reste un plaisir. Je crois qu’il se place derrière celui qui traitait de Goémon. Enfin je n’en suis pas sûr parce qu’il faudrait que je revois celui de Jigen. Quoi qu’il en soit une belle mécanique à la carrosserie rutilante qui nous emmène jusqu’en Russie où notre cher inspecteur brille d’une aura renouvelée, un homme de carrure à n’en pas douter. Sauf que j’ai hâte de découvrir l’autre film de cette année, celui-ci n’en était que le préquel, il s’agit d’Immortal Bloodline.
Dans la catégorie création originale Apocalypse Hotel est une vraie surprise. Une série légère respirant la bonne humeur qui sous des dehors joyeux se révèle crescendo inventive et intelligente. Parfois par touches la tonalité va varier au dramatique, en passant par le blues, l’épique ou le contemplatif. Un récit dystopique où les humains ne sont plus sur terre, le temps défile à coup de siècles, c’est par le prisme des machines que nous le considérons. Quant aux valeurs humaines, dont certaines perpétuées dans les règles de l’hôtel, nous observons comment celles-ci peuvent nous survivre. L’hôtel est au centre du récit comme de l’action, il est lieu de vie et point de départ de nombreuses interactions dans lesquelles à défaut d’humains se côtoieront d’autres races et d’autres espèces. C’est une production graphiquement soignée portée par une direction artistique lui conférant un charme certain.
On poursuit à l’ancienne avec le reboot de Ranma 1/2 et sa seconde saison. Délirante, pétillante et drôle malgré l’aspect un peu répétitif de son schéma narratif, sans que soit dérangeant ceci dit. Artistiquement comme techniquement c’est constant, la marque d’une adaptation soignée. Une série semblable à une machine à remonter le temps, enfin pour ceux qui comme moi souhaitent retrouver la légèreté et de l’esprit des 90; c’est par ici que ça se passe. Le prince du fun de cette année, sans que ça ne fasse has-been.
En repensant au goût d’antan obligé de mettre en avant Ninja VS Gokudo, un anime débridé et excessif qui ne paie pas de mine mais qui se défonce de À à Z pour assurer sa prestation. Mi violent mi débile ce mélange peu coûteux se révèle fort juteux. Bien sûr qu’il y a des sentiments, ils sont pris en tenaille par une guerre centenaire où emportées par le vent d’automne les têtes tombent en tourbillonnant… Un ovni dans le paysage actuel qui mérite d’être cité rien que pour sa science du divertissement.
Je pourrais continuer en animation avec d’autres bonnes pioches diverses et variées de cette année, mais a n’en pas douter ils seront cités dans les autres bilans de mes collègues.
L’année 2025 sonnait le clap de fin de la parution d’un manga en France : The Fable 22 tomes au compteur pour cette première partie qui pourrait amplement se suffire à elle-même (une suite existe mais n’est pas encore licenciée chez nous). Quel chaleureux manga ! Pour qui aiment l’humour débile, la tendresse et la virilité conjuguées. Un casting cinq étoiles, des personnages avec tous un apport et un impact qui renforcent l’intrigue et donnent vie à un récit urbain aux tonalités tantôt comique tantôt dramatique. Quant au style de dessin, il ne court pas les rues, atypique et maîtrisé en résumé. J’y apprécie l’attention portés aux visages et particulièrement à leurs expressions. Un simple regard peut en dire long n’est-ce pas. Du coup c’est avec un clin d’œil appuyé que j’exprimerai ma satisfaction, en n’oubliant jamais la douce ivresse qui m’accompagnait lors de mes passages en librairie pour en récupérer chaque tome.
Autre manga et autre conclusion de cette année : Tokyo ces-jours qui compte 3 tomes. C’est un titre avec du sens, de la réflexion et plusieurs strates d’interprétation que ce soit sur l’humain, la vie, l’art, le temps qui passe, l’éphémère ou ce qui peut subsister après… Si on aime les mangas et ce qui touche à son environnement avec son personnel et divers éléments qui le compose il serait dommage d’être passé à côté. Enfin si tout comme moi on apprécie Taiyo Matsumoto alors de facto c’est une double bonne raison pour qu’il soit sur la liste.
C’est riche de dialogues mais le silence y est également représenté (et comme vous le savez le silence est d’or). Solitude et partages s’entrecroisent. Comment réagir au crépuscule de sa carrière quand on se sent à la fois vidé et désenchanté alors qu’au plus profond de soi, semblable à celle d’une bougie aussi vacillante soit-elle, la flamme demeure. Il y a un travail de mémoire, une quête initiatique a l’interstice de deux mondes, celui d’avant et celui qui existe et est en train de se dessiner en gommant le précédent. Il y a aussi deux écoles, celle où tu travailles pour coller à la tendance en gavant le lectorat de ce qu’il réclame, et il y a celle où tu travailles librement en essayant simplement de proposer ce que tu aimes.
C’est sur ce dernier titre que s’achève mon bilan 2025.
Une petite citation en guise d’outro : « il faut créer sans chercher à s’adapter au public, c’est le public qui doit faire l’effort de s’adapter » (Hideaki Anno)
Les animes & mangas me passionnent toujours autant et je m’estime chanceux que ce le soit. En vous souhaitant bien des découvertes, j’adresse à toutes et à tous mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année.
Dregastar
Taichi Ishidate / Tetsuya Satô – CITY THE ANIMATION #13
La Rétrospective de Matchoss
Ma première impression sur 2025, c’est que c’était une très bonne année avec une bonne qualité globale et un nombre toujours plus important de séries qui sortent chaque saison. J’en arrive à un point où je me sens débordé et je ne peux plus suivre toutes les séries à potentiel. Cela vient notamment du nombre impressionnant de suites qui arrivent en permanence.
Nous avions quitté 2024 en plein milieu de l’histoire d’une grande œuvre avec Du Mouvement de la Terre. Il est rare d’avoir des animes autant en maîtrise sur sa narration et qui nous invite à réfléchir et à nous poser devant l’étendu de l’univers.
Comme je le disais en introduction, j’ai regardé beaucoup moins d’Isekai et fantasy du genre.
J’en retiendrais trois cette année qui se sont démarqués. Déjà, la fin de la saison 3 de Re:Zero rempli ses promesses et conclut un arc tout en action rempli de scènes impressionnantes. En usant peu du pouvoir de Subaru, le récit a gagné en tension et en enjeux, même si l’imbattable Reinhard reste un problème.
A côté, Clevatess nous a proposé un récit de Dark Fantasy comme on en voyait plus trop en anime. Le monde est brutal, les humains sont de simples pions sur l’échiquier. La direction artistique nous rappelle les années 90 avec ses gros traits et ses séquences sanglantes. Bien qu’il ne soit pas si facile de rentrer dans l’histoire, on finit par s’attacher à la petite troupe qui suit Clevatess.
Enfin, Zenshu aura été la belle surprise. Voici un Isekai avec du style, des ambitions et des choses à raconter. L’ambiance y est sombre et oppressante vu que l’histoire se déroule dans le dernier bastion d’un monde sur le point de disparaître. A travers les pouvoirs de l’héroïne, la série est aussi un hommage au monde de l’animation.
Pour la partie action, l’année a été généreuse. La saison 2 de Solo Leveling monte d’un cran, My Hero Academia finit en apothéose pour sa conclusion et Dandadan continue avec ses affrontements improbables. Parmi les nouveautés, Gachiakuta apporte un univers tiré droit de Gunmm et des design plutôt stylés ainsi qu’un système de pouvoir assez original. Le mystère qui entoure ce monde est assez intrigant pour espérer une saison 2.
Moonrise aura aussi proposé de la belle action et rend la série agréable malgré l’histoire qui souffre un peu vers la fin.
Bullet/Bullet est une belle course effrénée avec des scènes d’actions toujours plus dans l’excès et un chara-design bien coloré et plaisant.
Mais la série qui aura été le plus fun pour moi, c’est Ninja vs Gokudo. On est dans l’exagération avec des têtes qui volent et continuent à nous raconter leurs backstory dramatiques. C’est un mélange entre violence décomplexée et sentiment ambigu. Les moyens sont plutôt faibles pour l’animation, mais pourtant, on ressent l’intensité des confrontations.
Dans un style qui touche plus au fantastique qu’à la fantasy en parsemant d’un peu de tranches de vie, Bunny Girl Senpai revient avec une nouvelle saison toujours aussi plaisante à suivre grâce à son couple de protagonistes plus charmant que jamais. De même, les aventures de la magicienne de Once Upon a witch’s Death sont bien ancrées dans un quotidien relativement ordinaire. La série réussit bien à monter les enjeux dramatiques pour en faire ressortir les émotions.
On pourrait presque glisser Sanda dans cette catégorie également, mais l’anime est tellement singulier que c’est difficile de le classifier. L’univers est totalement unique tout comme sa patte graphique et ses personnages que la série est sans conteste une des œuvres marquantes de l’année. Elle tente de redéfinir la différence entre enfant et adulte d’une manière assez particulière et parfois cruelle.
Dans le monde des mystères et enquêtes en tout genre, nous avons été encore une fois particulièrement bien servis cette année. Déjà, les Carnets de l’Apothicaire nous propose une seconde saison très solide qui prend une nouvelle envergure en sortant des murs du palais. C’est l’un des animes de l’année en ce qui me concerne.
Mais, il n’est pas seul à nous avoir régalé de ces mystères. La seconde saison de Toilet-Bound Hanako-kun a aussi confirmé sa qualité narrative et la force de ses personnages. Les révélations autour de Nene amène une bonne tension qui donne envie de s’investir et de voir comment elle va s’en sortir.
Dans les grands revenants, Black Butler revient avec une enquête particulièrement soignée et une ambiance victorienne toujours aussi efficace.
Call of the Night, sans faire de bruit, nous propose un bon arc narratif pour l’ensemble de cette saison. La série mise moins sur son ambiance, mais elle met en avant ses personnages avec leur passé, leur complexité et leurs angoisses Il y avait juste ce qu’il faut de tension pour que l’on ne décroche pas les yeux de l’écran. Après avoir séparé nos protagonistes en saison 1, Shoshimin les réunit à nouveau sans qu’ils soient totalement du même côté. Osanai reste un personnage fascinant avec sa moralité à géométrie variable. Elle se rapproche d’ailleurs pas mal de la protagoniste de Tasokare Hotel sur ce point. La série mêle enquête et dilemmes moraux au sein d’un lieu où les âmes perdues se rassemblent pour se diriger vers l’au-delà ou retourner sur Terre.
Dans un genre mêlant SF et romance, nous avions la recherche d’identité de Kowloon Generic Romance. L’anime puise sa force dans son atmosphère poisseuse et nostalgique et dans ses personnages qui ont du mal à décrocher de leur passé.
Je me suis un peu réconcilié avec les comédies cette année. Le retour de Grand Blue a aidé un peu, celui des 100 petites amies beaucoup plus. Je suis assez surpris que la série parvienne à tenir son concept et à me décrocher de plus gros rires qu’en saison 1.
Mais, les deux comédies qui ont eu les meilleures tranches de rires pour moi sont From Bureaucrat to VIllainess et A ninja and Assassin under One Roof. Le premier est une parodie du genre villainess avec un humour qui joue sur le décalage entre le personnage principal et sa présence dans un otome game. C’est bien rythmé, l’animation est soignée, du bel ouvrage en somme. L’autre s’appuie sur ses situations absurdes, ses morts ridicules et quelques running gags qui font mouche. En plus, il sait se rendre attendrissant et nous mener gentiment vers une petite romance fort appréciable.
Si vous voulez des petites séries détente avec un peu de rigolade, vous pouvez aller au Food Court, une série tout en dialogue entre deux lycéennes qui parle de tout et de rien. Ou sinon, direction le Milky Subway, une mini-série rafraîchissante avec là aussi de bons dialogues et une mise en scène très efficace. Elle parvient à raconter beaucoup en peu de temps pour nous attacher aux personnages et à leur galère.
Mais, si on doit parler de mise en scène et de réalisation, c’est difficile de ne pas parler de City. Kyoto Animation nous a fait une démonstration de son talent avec des scènes incroyables. Animer une ville entière avec ses personnages haut en couleur, en passant de situations absurdes, de moments drôles à des scènes émouvantes, c’est un sacré accomplissement.
Les animes Tranche de Vie n’ont pas été en reste non plus. La nouvelle adaptation d’Anne Shirley nous propose une véritable immersion dans la vie d’une jeune fille du 19ème siècle. La fougue et le fort caractère d’Anne (avec un e) sont un véritable plaisir à suivre. Du moins dans la première moitié de la série, la suite a un rythme trop rapide pour apprécier les décisions de notre héroïne aux cheveux rouges.
Dans un style plus classique pour le genre, Ruri Rocks délivre un festival d’animation et d’expressivité pour ses personnages ce qui n’est pas étonnant venant du studio derrière Onimai et Mushoku Tensei. Le cadre reste lui très simple avec ces jeunes filles qui découvrent le monde de la minéralogie.
Puis, il y a Mono, par l’autrice de Yuru Camp. Un petit club de photographie vit des aventures dans les beaux paysages des montagnes japonaises. Il nous régale au niveau de l’animation et de son humour. Le personnage chaotique de Sakurako est un plaisir à suivre tout comme Taishou, le chat le plus libre du monde.
J’aurais bien ajouter dans cette catégorie un autre inclassable, Trillion Game. Mais bien que l’on suive l’histoire de la création d’une start-up, on est bien plus dans le thriller et la série à suspense. Une proposition inhabituelle, mais qui fonctionne très bien et brille par ses personnages ambitieux.
Plongeons désormais dans la romance qui a eu le droit à de nombreuses séries, mais pas forcément de gros coups de cœur.
Chez les suites, My Dress-up Darling continue d’impressionner par ses performances d’acting, mais délaisse un peu l’aspect romance pour se concentrer sur le cosplay. My Happy Marriage conclut les intrigues de la saison précédente avec pas mal d’action au passage et pourrait s’arrêter là. Aharen-san nous apporte sa conclusion et ça fait très plaisir de retrouver toute cette bande une dernière fois.
Parmi les nouveautés, je me suis pris d’affection pour Okitsura. J’aime l’ambiance, le côté dépaysant d’Okinawa, le vrai-faux triangle amoureux. C’était mignon mais il y manque une conclusion véritable.
Honey Lemon Soda démarrait plutôt mal pour moi. Je ne suis pas fan de ce genre d’héroïne qui se lamente et se laisse marcher dessus. Mais, elle finit par se réveiller, prendre sa vie en main. Finalement, c’est une belle progression de personnages à laquelle on assiste. On a le droit à un couple qui se serre les coudes et c’est une belle chose.
Mais l’anime qui marque dans ce domaine cette année, c’est Bloom. Cloverworks a mis les moyens au niveau des visuels pour l’adaptation attendue de ce très bon manga avec des personnages attachants et en constante évolution. Mais ce n’est encore que l’introduction à ce qui fait vraiment l’intérêt de cette histoire : voir grandir ces ados, les voir penser à leur avenir, naviguer vers leurs rêves aussi simples soient-ils.
Au milieu du désert des animes de sport en cette année, on a eu le droit à l’excellent Medalist. L’histoire brille par son duo athlète/entraîneur qui forment une équipe parfaite. L’entraîneur qui à travers ses échecs passés met tout en œuvre pour faire que son élève n’ait jamais à éprouver de regrets. C’est fait avec sérieux, c’est adorable et efficace.
En revanche, je n’ai pas vu venir le plaisir que j’ai pris à suivre Uma Musume Cinderella Gray. Je ne connaissais rien à la franchise, je pensais venir sur quelque chose un peu ridicule, pas trop sérieux. Mais, la série s’est révélée être une excellente série de sport avec de très belles rivalités. Elle est aussi soutenue par un enchaînement rapide compétitions sans que l’on ai des courses à rallonge. Bref, c’est efficace, c’est intense et c’est beau.
Du côté des films, l’année n’en a pas proposé beaucoup. Mais, j’en ai vu deux très beaux. Le film Chainsaw-man était impressionnant, une histoire qui se tient dans le film, un spectacle visuel permanent, une bonne adaptation en somme. C’était un très bon format pour adapter cet arc du manga.
L’année s’est achevée par un excellent film de sport : 100 mètres. Proche d’un Ping Pong, on assiste à une belle rivalité et à une belle réflexion sur le sport et la vie en général. L’utilisation de la rotoscopie était très intéressante en termes d’animation et ajoutait une touche de réalisme appuyant encore un peu plus la maturité de la narration.
Pour finir, il est temps de parler de mon chouchou : Apocalypse Hotel. C’est un anime original qui bénéficie d’une bonne production en touchant à tous les genres. On passe par tous les états en suivant cette œuvre : rire, larme, joie, réflexion, introspection. Bref, c’est un anime qui cache son jeu derrière son histoire absurde pour nous parler de la vie sous différents aspects. Il a donné lieu à mon épisode préféré de l’année avec son onzième épisode où les dialogues sont relégués au second plan. Merci Uma Musume de permettre à Cygames de sortir des animes comme ça!
En conclusion, l’année a été très dense. Il y a encore bien une quinzaine de séries que je pourrais recommander tellement il y avait à faire. Bref, j’ai pris beaucoup de plaisir et si je devais remercier cinq séries, ce serait en premier lieu Apocalypse Hotel puis Du Mouvement de la Terre, Les Carnets de l’Apothicaire, City et Sanda.
Matchoss
Saucelot – Chainsaw Man Reze Arc
Conclusion
Ainsi se conclut le bilan écrit, mais la discussion continue juste en bas dans les commentaires ; indiquez-nous quels animes nous aurions manqué et quels seraient vos favoris de l’année écoulé. Pour vous aider, vous trouverez juste ici la liste complète des animes sortis en 2025 classés par saison. En attente de vous lire, chez lecteurs, bonne année 2026 à toutes et tous !

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