Regards sur Tsukasa Hôjô
Né le 5 mars 1959 à Kokura, Tsukasa HOJO est notamment l'auteur de City Hunter, Cat’s Eye ou plus récemment Angel Heart.

Il intègre en 1977 la Kyushu Industrial University puis en 1979, il participe au dix-huitième concours du Prix Tezuka organisé par Shōnen Jump, revue leader de la maison d'édition Shūeisha, et arrive second avec l'histoire Space angel. C’est en 1981 qu’il publie pour la première fois Cat’s Eye dont le succès est immédiat et lui apporte sa notoriété.
Un dessinateur de génie
Ce qui frappe en premier lieu dans les mangas de Tsukasa HOJO, ce sont les dessins, d’une qualité indéniable, très détaillés et hyper réalistes. Chaque détail, d’une personne ou d’un décor, compte et a souvent une influence sur le reste. Aucune planche n’est en trop et cette qualité fait que la lecture n’est que plus fluide et agréable, qu’il faut relire plusieurs fois pour essayer de comprendre chaque case.
De ce fait, les expressions des protagonistes sont très bien retranscrites. Les yeux ont une importance toute particulière et sont le vecteur des émotions. Mais une autre partie du corps a attiré mon attention : les cheveux. A force de relire, on retrouve souvent une image, surtout chez les femmes, des cheveux flottant au vent. On s’aperçoit qu’il s’agit souvent de moments importants et que ces images sont là pour attirer notre attention. Regardez mieux et vous verrez que ce genre de choses n’est pas si rare dans les mangas de Mr HOJO.
La femme : une place centrale
Plus que le héros, l’héroïne est indispensable. Les femmes ne sont jamais faibles ou hésitantes et c’est bien elles qui portent la culotte, à l’image de Kaori dans City Hunter. Même si Ryo Saeba possède le talent, Kaori parvient à s’affirmer et à « maîtriser » le pauvre Ryo. Cette importance se voit encore plus dans Angel Heart car même si Kaori n’est plus, le personnage de Xang Ying est une remplaçante taillée dans le même bois. Mais il y a d’autres exemples : Cat’s Eye avec Hitomi qui mène par le bout du nez l’inspecteur Toshio ou encore Family Compo où Shion martyrise littéralement le pauvre Giba.
D’un point de vue général, la femme est plus réfléchie et plus sage que l’homme. Elle tempère le caractère impulsif de sa moitié, en imposant son calme et sa réflexion. Dans Family Compo, on aperçoit bien cette différence, en partie grâce à Shion et Giba qui sont lycéens. Giba apparaît comme un idiot innocent, qui se laisse vite dépasser par les événements inattendus alors que Shion relativise et ne se laisse pas abattre à la première difficulté. Bien que plus jeune, la jeune femme lui apprend à vivre par ses expériences, ses intuitions, si bien qu’on pourrait croire qu’elle est bien plus vieille que lui. Les hommes font plus jeunes justement. Pensons à Ryo, très jeune dans sa tête, et qui « mûrit » par les conseils de Kaori.
L’esprit de famille
Pour reprendre un peu le thème d’avant, la mère (ou exceptionnellement la grand-mère) tient un rôle primordial, symbole de l’unité et de cet esprit de famille. La mère ressent mieux les choses et est le plus qualifiée pour résoudre les problèmes, notamment concernant les adolescents. Même si on a l’impression de voir la femme soumise japonaise, il n’en est rien et c’est bien elle qui dirige son monde, avec parcimonie et sagesse.
Mais cet esprit de famille ne se limite pas à cela et l’on retrouve ce besoin partout et tout le temps, dans Cat’s Eye par exemple où le but des voleuses de charme est de récupérer l’héritage de leur père, dernier symbole de leur famille. Les risques qu’elles encourent le prouvent bien. Pareil dans Family Compo où Giba est orphelin et cherche désespérément une famille de substitution, quelle qu’elle soit. A plusieurs reprises, il y fait allusions en repensant à son passé et à son manque familial, qui le rendent triste. Chaque moment important se partage avec ses proches parents. Ces deux mangas sont les exemples les plus flagrants mais on retrouve cette idée dans toutes les œuvres du mangaka, de manière comique ou douloureuse.
Des thèmes particuliers
Même si certains thèmes restent courants dans l’animation, Tsukasa HOJO parvient à faire comme s’ils étaient uniques. Un ancien tueur à gage, reconverti en nettoyeur dans un quartier qu’il aime profondément, devient l’un des mangas les plus connus et les plus aimés de tous les temps, et avec justice. Ou alors une infirmière spécialisée dans les soins de prisonniers (Rash) devient une surprise agréable et terriblement drôle. Sans parler de trois gérantes d’un bar qui se transforment en voleuses sexy et douées le soir venu et qui, là aussi, rencontrent un succès que tout le monde connaît.
Parfois, un manga portant sur un thème insolite apparaît, comme Family Compo et son échange de rôle au sein d’un couple. Ca pourrait mettre mal à l’aise mais le talent du mangaka donne une histoire touchante et réaliste, avec beaucoup d’humour et de finesse, plein de quiproquos et de « suspens » sur la véritable identité de certains personnages. Original et divertissant, que demander de plus ?
Conclusion
Des histoires simples mais recherchées, des personnages travaillés, un dessin réaliste, des thèmes plus profonds qu’il n’y paraît font de Tsukasa HOJO un maître dans le manga qui continuera de plaire à toutes les générations. Chacun de ses mangas est un pur délice à lire encore et encore.
- Article publié par kuchiki byakuya



