Kemonozume

Informations générales
- Format: Série TV
- Année de diffusion: 2006
- Titre original: Kemonozume
- Nombre d'épisodes: 13
- Site officiel: http://kemonozume.net/
Staff technique
- Studio: Madhouse
- Directeur: Masaaki Yuasa
- Auteur: Masaaki Yuasa
- Chara-design: Nobutaka Ito
- Musique: Megumi Wakakusa
- Diffuseur: WOWOW
Doublage
Hekiru Shiina (Yuka Kamitsuki), Hidenobu Kiuchi (Toshihiko Momota), Daisuke Gouri (Saiji Ohba/Bon), Hiroyuki Yoshino (Kazuma Momota), Jun Hazumi (Jyuuzou Momota), Kenji Utsumi (Kyuutarou Ohba), Kiyoyuki Yanada (Gakuto Hoobari), Shino Kakinuma (Rie Kakinoki)
Synopsis
Dans un bar, deux hommes discutent... du goût de la chair humaine. Ce sont des sortes de monstres mangeurs d'hommes. C'est alors qu'un groupe de samouraïs des temps modernes débarquent et débutent un combat d'extermination. Ces hommes font partie du Kifuuken, une organisation secrète qui a pour but de lutter contre ces monstres.
Le dojo où s'entraîne le Kifuuken à l'apparence calme est le lieu de jalousie, de rivalité familiale, de lourds secrects de familles et d'amour inavoué. Comment tout cela va aboutir lorsque pour courroner le tout une belle blonde, mangeuse d'homme séduit le futur héritier ?
Synopsis soumis par Gemini no Saga
#Par emilie le 22/10/2008 à 18:56
J'ai commencé à regarder cette série par hasard, je n'en connaissais rien.
Et j'ai été agréablement surprise dès le premier épisode.
Un opening original et ça ne s'arrête pas là, dès les premières minutes il se trouve que le design l'est aussi et j'ai beaucoup apprécié.
Idem cette histoire de Kifuuken/shokujinki m'a bien intéressé, avec tout ce qu'il y a d'intéressant pour une vieille organisation se battant contre des ennemis depuis des centaines d'années.
Le fait que ce soit un dojo, la confrontation des 2 frères, l'un qui donnerait son âme pour le kifuuken et l'autre qui voudrait que l'organisation s'ouvre à la modernité.
Et au final, notre protagoniste Toshihiko qui plaque toute l'organisation pour s'enfuir avec la femme de sa vie, une shokujinki, alors que son père vient de mourir et laisse finalement le Kifuuken à son frère qui rêve de modernité.
Outre le fait qu'on nous montre bien et avec insistance que Yuka et Toshihiko s'aiment comme des bêtes et à la folie, il y a toute la trame de fond qui est superbement bien orchestrée.
Autant l'histoire est très sérieuse voir dramatique, autant la façon de la mettre en place et le dessin fait parfois ressembler le tout à un joli cirque.
La mise en place des personnages secondaires se fait tranquillement, comme cela j'ai fini par beaucoup apprécié Bon autant que les autres membres du Kifuuken.
De même les flashbacks ne sont ni lourds, ni lents, ils s'intègrent totalement à la trame, et on suit l'anime comme l'eau coule, naturellement.
Et puis cette façon de démontrer que des fois la modernité n'est pas si nécessaire que ça, que le changement n'apportera pas forcément quelque chose de bon, ça m'a parlé.
J'ai finalement été séduite par cet univers assez "fantasmagorique", les couleurs extravagantes.
Les traits qui font de bonnes envolées, parfois pour moi elles sont très belles, c'est comme de la poésie, mais d'autres fois tout ce dessin me donne le tournis, comme dans le dernier épisode où le dessin "grouille" un peu trop de partout.
Au final cette série me rend perplexe, c'est un véritable ovni pour moi.
Des fois j'adore certains épisodes, d'autres fois je trouve que c'est trop et je ressors avec un sentiment désagréable.
Mais ça reste un anime qui a innové et ça a quand même pas mal fonctionné, j'ai beaucoup aimé l'histoire, bien mise en scène, bien enchainée.
je mettrais donc un 7/10 à cet anime
#Par El Nounourso le 02/03/2008 à 01:54
Le rôle des guerriers du Kifuuken est de combattre les shokujinkis, monstres difformes pouvant se fondre parmi les humains en adoptant leur apparence. Depuis plus de dix mille ans, le « clan » garde secret l’existence de ces abominations, mais il doit aujourd’hui faire face à une recrudescence inquiétante de leur activité - qui consiste tout bêtement à dévorer des gens. Pour éliminer ces démons, il suffit de trancher leurs énormes bras à l’aide d’un katana effilé. Privés de leurs membres antérieurs, source de leur force prodigieuse, les créatures deviennent alors très vulnérables. Toshihiko est l’héritier du dojo de l’ancestral Kifuuken. A la suite de son coup de foudre inopiné pour la belle Yuka - une shokujinki – il n’a d’autre choix que de s’enfuir de son unique foyer. Les membres du Kifuuken, y compris son propre frère Kazuma, se lancent alors à sa poursuite.
Le spectateur ne peut que s’attacher à ce couple improbable qui tente désespéramment de se libérer de son destin. L’amour sincère entre deux êtres sensés s’entre-tuer, leur complicité, leur relation passionnée, leurs sujets de discorde… tout ces éléments se retrouvent au cœur de l’aventure. Un petit côté road-movie donc, avec pas mal de scènes sanglantes et érotiques, appuyées mais sans la moindre vulgarité. Du côté du dojo Kifuuken, tout part en sucette : le nouveau chef Kazuma fait son possible pour diriger son école d’arts martiaux. Il va jusqu’à en vendre une partie à un riche industriel (Ooba, ancien ami de son père) pour financer la création de nouveaux mechas de combats destiné à lutter contre les shokujinkis, de plus en plus nombreux. Petit à petit, Kazuma comprend qu’il ne maîtrise plus la situation…
En seulement treize épisodes, Kemonozume développe une trame riche et complète qui met en perspective un certain nombre de personnages torturés, insolites, tiraillés… voire complètement fous. Le quator Toshihiko / Kazuma / Yuka / Rie (seule femme du Kifuuken) se révèle particulièrement intéressant. Il me parait important de souligner la grande qualité des doublages qui retranscrivent fidèlement les émotions et l’état d’esprit de chaque protagoniste. L’excellente zik (jazzy ou rock) aide aussi à souligner l’action. L’histoire en elle-même n’a rien d’extraordinaire mais la narration est parfaitement maîtrisée, sans temps morts, alternant différents points de vue avec habilité. Sans oublier le burlesque et le décalé qui s’invitent régulièrement, notamment à travers les personnages du géant et du fameux singe amateur de pêche. Truc fendard : presque chaque épisode débute par une courte scène comique totalement indépendante.
Personnellement j’ai adoré la patte graphique, stupéfiante à bien des aspects. Au menu : une alternance de plans fixes détaillés, d’images réelles, de crayonnés « vibrants » (un peu comme certains passages de Noein) et de dessins extrêmement épurés, pour ne pas dire simplistes. L’animation se retrouve souvent à la masse, mais ce manque de fluidité s’accorde parfaitement avec le côté inachevé du trait. Si le design des persos et des décors (la tour d’Ooba !) m’a beaucoup plu, je regrette un peu que celui des shokujinkis soit si grotesque, même si on finit par l’apprécier. Cela relève du détail mais le gribouillage systématique des entre-jambes m’a paru un peu stupide et déplacé. Le ton de l’anime étant résolument adulte, pourquoi ce résidu de censure ?
C’est un fait, Kemonozume apparait comme une œuvre atypique dans le paysage de la japanimation. Une myriade de trouvailles narratives, visuelles et sonores… de quoi donner de l’inspiration à certains.
#Par miero le 11/12/2007 à 14:06
A l'instar de Mind Game, Kemono zume possède un visuel complètement halluciné mais contrairement a ce dernier il se permet de proposer une histoire cohérente et accrocheuse peuplée de personnages tout à fait atypiques.
En effet le graphisme est très particulier car il ne possède pas de "régularité" tant tôt les persos seront dessinés de manière simple sans trop de traits de crayon alors que 10 secondes plus tard leurs contours seront exagérement repassés. Tout ceci peut paraître déroutant au premier abord mais j'ai réelement accroché à cette "patte" graphique qui démarque enfin des productions de masse aux dessins très beaux mais trop stéréotypés.
Passons à un autre point fort de cette série, ses personnages. Ils ont tous une particularité que se soit physique ou bien psychique, en effet leur psychologie est travaillée et leurs réactions sont très bien retranscrites par le fameux graphisme. Les persos principaux sont très attachants et nous emènent avec eux dans ce road-movie qui vire au cauchemar.
En plus des dessins et des persos, les auteurs ont aussi fabriqué une histoire prenante. Celle-ci relate la cavalcade amoureuse d'un humain et d'une monstre poursuivit par une organisation ancestrale qui a pour but d'éliminer les monstres mais rien n'est simple ni pour les amoureux ni pour l'organisation et le tout finit par partir en "vrille" de façon très intéressante. On suit donc avec intérêt l'histoire et on enchaîne les épisodes vraiment facilement. Mais attention cette série n'est pas faite pour le grand public car le sexe et la violence sont très présents au cours de l'histoire.
Au final, Kemono zume est une série qui m'a charmée car elle sort des sentiers battus pour nous proposer une histoire adulte aboutie avec un début et une vraie fin avec en bonus un délire graphique qui ne plaira peut-être pas à tout le monde mais qui est vraiment très réussi.
#Par AngelMJ le 13/11/2007 à 21:17
Perdus au milieu des animes de type "grande consommation" (entendez par là animes formatés et pourris), il y a parfois des petits ovnis ou des "outsiders" qui tentent de prouver que l'animation japonaise, c'est pas que des jeunes filles aux jupes courtes et très light (oh un coup de vent) ou des gros mechas cheloux pilotés par des ados mals dans leur pompes. Kemonozume fait partie de cette catégorie, catégorie dans laquelle j'aime aller jeter un oeil attentif de temps à autre, histoire de me rassurer quant à l'avenir de la japanimation.
Donc Kemonozume c'est quoi? C'est une courte série du studio Madhouse aux graphismes très audacieux et au scénario permettant de s'attendre au mieux. Bref, une série qui de prime abord laisse présager une bonne surprise et sans doute un excellent anime. Oui mais voilà, les qualités et les défauts de cette surprenante série sont les faces d'une même pièce.
Parlons du visuel, vu que c'est le truc qui saute carrément aux yeux dès les premières minutes. Ceux qui ont pu voir Mind Game ne seront pas trop surpris, les autres risquent de prendre la douche froide. C'est graphiquement très polyvalent dans tous les sens du terme. Parfois c'est détaillé, parfois c'est brouillon; parfois c'est carrément beau, parfois carrément hideux. Bref, le studio a misé gros en réalisant un anime avec une telle ambivalence visuel.
Perso, je suis "open" pour ce genre de production du moment que ça ne nuit pas au visionnage général de l'anime. Et c'est un peu là mon seul reproche sur la forme. Les graphismes changent trop souvent et de façon trop brutal à mon goût. En résulte une impression très désagréable de ne jamais rentré pleinement dans l'univers de Kemonozume et du coup, ne pas vraiment vivre l'histoire.
Histoire qui, soit dit en passant, et vraiment pas mal. Cela est surtout dû à d'excellents personnages avec des personnalités détaillés et des comportements cohérents du début à la fin. Malgré un charadesign très bancal qui les rends parfois très charismatiques, parfois complètement repoussants, leurs aventures et leur destin restent agréables à suivre. Ils permettent de faire tourner une histoire simple mais prenante, abordant des thèmes tels que l'honneur ou le désir face aux responsabilités. J'avoue que de ce côté, j'ai pas mal accroché. Mais manque de pot, j'ai beaucoup moins aimé la façon dont tout cela est utilisé dans l'anime.
Malheureusement pour la série, elle semble subir la mauvaise influence de certaines séries américaines actuelles, à savoir faire graviter son ensemble autour de deux pôles : la violence et le sexe. On aura rarement vu tant de sang, de tribes, de têtons et de scènes obscènes en si peu d'épisodes. C'est vraiment dommage car du coup, la série ne permet pas de s'ouvrir à un public très large. L'ensemble baigne dans une atmosphère plus que malsaine, surtout sur la fin qui en devient très repoussante par moment. D'ailleurs, un bref mot sur le dernier épisode que j'ai trouvé totalement incohérent et hors propos pas rapport au reste de la série (le méchant fait un peu trop "boss de fin de RPG"...). Ca me rappelle à quel point les japonais sont des allumés.
En résumé donc, Kemonozume est une série qui vaut vraiment le détour et que je conseille à chacun afin de se forger son propre avis. Car ce genre de série restent très sélectives quant à son public et je pense que seule son visionnage permet de vraiment à ce dernier d'être déterminé. Pour ma part, je ne regrette pas mon visionnage, je regrette juste que l'audace graphique handicape l'anime par moment et que le contenu scénaristique soit bien trop malsain pour que j'y adhère pleinement.
#Par watanuki le 12/03/2007 à 20:39
Kemonozume marque la fin en apothéose d'une ère du dessin animé dans son ensemble. A la croisée de Bill Plympton et du sketch "Kid's Story" qu'avait réalisé Watanabe pour Animatrix (toujours chez Madhouse), cette série impressionne à la fois par sa capacité à tenir compte de tout ce qui s'est fait avant, et par sa grande valeur en tant qu'oeuvre autonome.
Masaaki Yuasa est ici parfaitement à l'aise, et Kemonozume témoigne de la grande expérience qu'il a acquise en très peu de temps, après avoir été storyboarder et scénariste de Cat Soup, directeur de l'animation de l'épisode 9 de Samurai Champloo (le fameux épisode où le héros respire la fumée des plantations en feu) et réalisateur de Mind Game. Il embarque comme par hasard à ses côtés, en tant que charadesigner, le directeur de l'animation de Samurai Champloo, Mind Game et Cat Soup. Bref, quelque part entre l'ombre du grand Watanabe et du génie Morimoto, issue de la rencontre du savoir-faire de Madhouse et de la créativité du Studio 4°C, cette série bénéficie d'ascendants prestigieux.
Tout cela pour dire que si Kemonozume paraît a priori inabouti, cela est le fruit d'une volonté en pleine possession de ses moyens.
Cette série est avant tout un métissage très travaillé de diverses influences : un générique qui évoque, au début, Kill Bill, un trait qui classe de force la série chez les "indépendants", un érotisme des plus crus et une violence parfois stylisée, parfois très abrupte: le parti pris esthétique est complexe. De même l'animation est parfois parfaite, parfois volontairement minimale, à tel point par exemple que certains combats semblent n'être que la succession d'images sans lien logique, créant une impression excellente et complètement irréelle, entre absurde et poétique.
Le trait est fuyant, les dessins peuvent paraître laids, mais ce style est essentiel, puisqu'il indique formellement ce que la série cherche à mettre en oeuvre : une fuite permanente du trait, parallèle de la fuite permanente de ces amants suivant une trajectoire impossible à calculer, à l'image de cette boule dans l'épisode final, qui ne parvient pas à se stabiliser.
D'ailleus, le dessin approximatif est soigneusment calculé, et l'épisode 4 montre à quel point cela est raisonné : dès qu'il y a un flashback, l'animation ainsi que le trait deviennent parfaits, comme dans tout animé classique ; il semble ainsi y avoir un sous-entendu, comme si l'époque des dessins animés bien faits, au trait lisse et au scénario prévisible, était révolue.
Kemonozume annonce ainsi de manière implicite qu'il faudra désormais compter avec lui, et qu'il est là pour changer les habitudes : c'est bien ce que signifie cette entreprise de réaliser une série comme celle-ci dans le cadre de l'un des studios les plus respectés et les mieux installés du milieu, le tout puissant Madhouse.
Précisons ensuite que la musique est absolument parfaite, d'une pureté au niveau du son et du maniement des instruments, qui contraste grandement avec le style très relâché du dessin, créant une ambiance très plaisante de maîtrise teintée d'improvisation. Ce n'est donc pas innocent si l'OST est grandement tournée vers le jazz, cette série semblant être l'adaptation visuelle des principes de cette musique : maîtrise parfaite associée à une improvisation brillante, voilà ce qu'est donc Kemonozume. Les génériques sont splendides, soit dit en passant.
De fait, le scénario est travaillé, on n'est pas en présence d'une série expérimentale à tout crin, où le délire devient indigeste à force de non sens. Chaque épisode contribue à faire avancer la trame, et réserve son lot de séquences exceptionnelles à tout point de vue.
Cela dit, il y a quelques traces de coquetterie à quelques endroits, où l'on sent que l'équipe n'a pas réussi à réprimer son besoin d'originalité afin de favoriser l'homogénéité du tout. Le personnage d'Oba en est un bon exemple, lui qui se retrouve parfois affublé d'oreilles de lapin à la Donnie Darko, en train d'errer dans un champ de fleurs évoquant les publicités de Lynch pour la Playstation 2 : le décalage est trop grand, et singularise trop ces séquences par rapport au reste;
A l'inverse, le singe est une trouvaille brillante, parfaitement incorporée quant à elle dans un scénario qui reste autrement tout à fait compréhensible et clair. Ce singe demeure l'énigme de la série, il est une sorte d'allusion incarnée à la légende de Momotaro, qu'il faut bien connaître sous peine de rater pas mal de finesses dans les derniers épisodes (ne serait-ce que pour comprendre ce que vient faire le singe là-dedans, et pourquoi il passe son temps à manger des pêches).
Il en va de même pour les saynètes à chaque début d'épisode, totalement autonomes et formant autant de petits sketches à l'humour cruel : celles-ci servent en quelque sorte d'avertissement à toute personne s'attendant à voir une oeuvre banale : toi qui regarde Kemonozume, abandonne toutes tes illusions.
Bref, cette série n'est pas expérimentale, elle ne se veut pas oeuvre d'auteur, ni même oeuvre commerciale : elle est à la croisée, elle tire briallemment parti de toutes ces classes et prend soin de décloisonner les genres et les classements figés depuis bien trop longtemps.
Aux antipodes de Gankutsuou, mais relevant finalement du même désir de révolutionner l'industrie, Kemonozume est à considérer comme l'une des oeuvres les plus marquantes de ce début de millénaire.
