Nausicaä de la Vallée du Vent

Nausicaä de la Vallée du Vent

Informations générales

Staff technique [liste]

Version française

Doublage

Sumi Shimamoto (Nausicaä), Goro Naya (Yupa), Yoji Matsuda (Asbel), Yoshiko Sakakibara (Kushana), Akiko Tsuboi (Rastel mère), Bin Shimada (Pejite Citizen), Chika Sakamoto (Boy A), Hisako Ayuhara (Boy), Hisako Kyouda (Oh-Baba), Ichirô Nagai (Mito), Iemasa Kayumi (Kurotowa)

Synopsis

Voici un millénaire que la société industrielle s’est détruite d’elle-même, ne laissant derrière elle que ruine, désolation et « fukais », zones toxiques pour les humains. Seuls quelques endroits restent vivables, notamment la vallée du vent, havre de paix où réside la princesse Nausicaa, protectrice de tous les êtres peuplant la planète, y compris de ceux étant a priori hostiles aux humains. Or, la paisible vallée va se retrouver impliquée dans une lutte armée entre deux puissances cherchant à prendre le contrôle d’une arme ultime, un Dieu guerrier, ce qui entraînera par la même notre téméraire princesse dans une quête pacifique.

Synopsis soumis par Descartes

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#Par Scalix le 24/12/2008 à 15:02

Alors qu'aujourd'hui, la tendance est au visuel explosif, au scénario paillette et au lyrisme grandiloquent, Nausicaä rappelle qu'une œuvre lyrique ne l'est pas seulement parce qu'elle s'inscrit dans une mouvance ; elle l'est surtout parce que son sujet, ses personnages et son traitement forment une alchimie unique, transcendant à la fois le support et son scénario, pour toucher chez le spectateur quelque chose de plus fondamental, de plus subjectif.

Si Nausicaä avait été une superproduction hollywoodienne de la période Péplum, le monde entier la citerait probablement comme une référence esthétique. Datant de 1984, le film est incroyablement en avance sur son temps. Le traitement visuel ne rivalise pas encore avec les productions de Ghibli à venir (Tonari no Totoro, pour ne citer que lui), mais déjà on reconnait le style de Miyazaki, avec des décors qu'il veut très réalistes, et des personnages aux traits simples ; à la fois expressifs et malléables.
Mais c'est surtout la thématique du film qui, dix ans avant le protocole de Kyoto, semble réellement avant-gardiste. On sait que le Japon possède un regard très particulier sur tout ce qui concerne la nature (cf. la structure géographique du pays), et ici, Miyazaki l'intègre dans une fresque épique digne du Seigneur des Anneaux, ou des anciennes légendes gaéliques.

Ainsi, il y a mille ans, le monde industriel, pollueur, technologique, narcissique et égoïste, s'est autodétruit en construisant des Dieu-guerriers qui, en l'espace de sept jours, sont parvenus à détruire les grandes civilisations de l'époque. Depuis, l'homme subsiste, perdure et lutte pour survivre face au Fukai, une forêt toxique peuplée d'insectes gigantesques s'attaquant à quiconque les agresse, eux ou les végétaux qu’ils protègent.
Alors que pour la plupart des royaumes, il s'agit de vaincre cette végétation et ses gardiens, Nausicaä, princesse du petit peuple de la Vallée du Vent, conçoit la problématique de l'humanité différemment.

Elle est en fait la représentante, avec Yupa, autre personnage central, de l'empirisme et de ses vertus.
Plutôt que de vouloir inlassablement reproduire l'histoire, en cherchant à dominer le monde une fois de plus, Nausicaä cherche davantage à trouver un équilibre, à coexister avec la forêt et ses insectes. Cette sagesse, que l'auteur tient particulièrement à lui offrir, est stigmatisée par l'essence même de son personnage. Ce n'est pas un hasard que ce soit elle qui entrevoit cet avenir ; tout chez elle symbolise la clairvoyance, le respect, la compréhension. Dès les premières scènes, on l'observe, sûre d'elle et ouverte aux autres. Elle incarne cette image du joueur de go qui, ayant calculé à l'avance les coups adverse, sait à quel moment il faudra perturber l'équilibre de la partie pour que tout se termine bien. Mais il ne faut pas oublier qu’elle est aussi une jeune enfant qui cherche sa place.
Le film débutera donc réellement au moment où Nausicaä réalisera elle-même l'importance de sa quête. Bien plus vite que prévu, elle doit suivre le chemin du guerrier, alors qu'elle cherche depuis son plus jeune âge à résoudre les problèmes par le dialogue, la raison, la science, le savoir.

Ce manichéisme entre la brutalité irréfléchie des peuples puissants et la sagesse des habitants de la Vallée du Vent est très marqué au cours du film. Miyazaki parvient très bien à exhiber les côtés les plus répugnants de l'Homme, et tend à donner à l'altruiste éclairé le rôle du martyr ; le rôle de celui qui devra mourir pour que les autres entrevoient le changement.
Nausicaä est en ce sens un personnage extrêmement charismatique. Son physique et ses talents au combat ne sont pas ce qui fait d'elle une princesse respectée ; c'est au contraire son extraordinaire capacité à comprendre le fonctionnement des choses et leur équilibre qui la rend unique. Yupa et la vieille conseillère (ou sorcière) de la Vallée du Vent sont d'ailleurs très rapidement persuadés du rôle crucial que jouera la princesse dans l'avenir de la race humaine.

Contrairement au manga, composé de sept tomes relativement denses, le film de Nausicaä (dans sa version longue de deux heures) pourrait paraitre expéditif et même trop simpliste. En effet, il a fallu pour Miyazaki condenser une œuvre colossale pour la faire rentrer dans un format classique. Au final, on saute énormément d'étapes dans les évolutions de Nausicaä, mais l'auteur parvient tout de même à capturer la nature de son héroïne fétiche, en reproduisant littéralement certaines scènes du manga qu'il a probablement considéré comme incontournables pour donner toute son étendue à la princesse. Cela dit, si vous ne connaissez pas l'œuvre originale, qui est simplement bouleversante d'intelligence, de poésie et d'esthétique, le film vous conviendra parfaitement et introduira bien la thématique centrale des œuvres du futur studio Ghibli.

Les musiques et le visuel accompagnent à merveille le scénario, rajoutant un surplus de puissance aux envolées lyriques des "grandes" scènes. Les insectes, gigantesques et inexpressifs, demeurent les gardiens silencieux d'un monde plus complexe qu'il n'y parait, en même temps qu'ils prennent la place du juge, de l'observateur inactif, contemplant en quelque sorte la repentance de l'espèce humaine.

Un film beau, lumineux, qui instruit autant qu'il sublime une réalité que beaucoup ne veulent pas voir. Bien plus qu'un simple anime, une œuvre d'anthologie qu'il ne faut manquer sous aucun prétexte, quels que soit l'âge et l'expérience.

9/10

#Par kuchiki byakuya le 19/04/2007 à 20:50

Ce film est l'une des premières oeuvres de Miyazaki. Néanmoins, c'est loin d'être parfait. Il est très dur de noter ce film car je sais que ce film fait partie de ses débuts mais faut-il pour autant être partial?

En réalité, le film possède 2 facettes. La 1ère étant le message de fond qui est encore une fois très intelligent. Voilà une belle critique de l'homme et de son inconscience vis à vis de la nature, inconscience qui se paiera tot ou tard. La nature finit toujours par reprendre ses droits et par se venger de ceux qui la détruisent. Ce message passe comme une lettre à la poste et on se sent directement concerné par le sujet.

La 2ème facette correspond à la forme. Et je dois dire que celà m'a posé problème. Le film n'est pas fluide et j'ai du lutter pour ne pas décrocher à certains moments, qui correspondent à des "périodes creuses". J'aurai aimé que certains personnages soent plus approfondis comme la commandante de l'armée ennemi ou encore Yupa. Nausicaa est étudiée de fond en comble au dépens des autres. D'accord, j'admets volontier que c'est de loin le perso le plus attrayant mais ce n'est pas une raison pour en éclipser d'autres qui détenaient pourtant un grand potentiel.

Ceci dit, le reste est de très bonne qualité comme la fin que je trouve très belle. Les fins de Miyazaki ne m'ont pas toujours paru évidentes ou limpides. Mais là, rien à dire. C'est beau, émouvant juste ce qu'il faut. N'oublions pas la musique qui colle parfaitement à cette jolie fin mais d'un point de vue général, la musique est réussie (mais celà n'a rien d'étonnant dans les films de Miyazaki ^^).

Le design accuse un peu le nombre des années, même s'il reste de bonne facture. C'est sans doute un peu moins fluide que les oeuvres postérieures mais pour l'époque, c'est du bon travail. On reconnait aisément le style du maitre nippon, surtout quand les persos courent (oui, je sais pas pourquoi mais ca m'a marqué, surement à cause de la ressemblance avec Princesse Mononoké ou Le Chateau dans le Ciel ^^).

Nausicaa n'est pas le film le plus accompli de Miyazaki mais il reste quand même très bon, ne serait-ce que pour le message délivré. Pour un début, c'est un bon début, il ne faut se mentir. Mais les certains points négatifs que j'en ressors, m'empéche de m'être la même note qu'aux autres. Je mets 8/10 (mais qui tire vers le 7,5/10). A voir néanmoins car celà reste d'une qualité supérieure à tout ce qu'on peut voir de nos jours.

8/10

#Par HanaiSenpai le 06/08/2006 à 00:31

Rares sont les artistes tels Hayao Miyazaki qui touchent à la perfection dès leur première oeuvre majeure.

Sorti il y a plus de vingt ans et premier véritable film du maître, Nausicaä de la vallée est un véritable chef-d'oeuvre qui bénéficie enfin d'une sortie digne de ce nom sous nos latitudes.

Adaptation du manga du même nom de Miyazaki, Nausicaä nous conte les aventures d'un monde sur le point d'être englouti par une forêt aussi magnifique que toxique, le Fukaï. Face aux plantes vénéneuses, seuls quelques oasis menacés permettent aux hommes de survivre. Baigné par des vents protecteurs, un petit royaume pacifique dirigé par la princesse Nausicaä voit sa paisible existence basculer lorsqu'un avion gigantesque provenant d'un royaume voisin s'écrase dans la vallée en compagnie de sa cargaison, un étrange monstre en gestation et qui serait un des géants à l'origine de la destruction du monde des siècles auparavant. Pris dans la guerre pour le contrôle du monstre, la vallée et sa princesse sont alors plongés dans le chaos.

Le film est à la base du reste de l'oeuvre de Miyazaki tant dans le style graphique (visages et vêtements), musical (puisque Hisaishi était déjà de la partie) ou scénaristique (aviation quand tu nous tiens...). On y retrouve également les mêmes valeurs, telles la vanité de la guerre ou bien la lutte des hommes et de la Nature.

Certes le film est moins beau que Le Château Ambulant et la bande-son sonne parfois très "1984" mais ceci ne nuit en rien au plaisir intense éprouvé à suivre les aventures de Nausicaä, héroïne étincelante d'un film fabuleux.

Car si les scènes d'action sont réussies, si le scénario rondement mené ménage de nombreuses surprises et si le Fukaï et les Ohmus sont absolument magnifiques, tout cela ne semble pourtant pas grand-chose face à la force évocatrice de Nausicaä elle-même. Tout le film est centré sur ce personnage central, héroïne à la générosité exacerbée et au courage sans faille dont le destin et le message renvoient sans cesse à la quête du Christ. Il suffit de voir cette scène magnifique où Nausicaä se jette sous les balles, les bras en croix, pour s'en convaincre.
Les autres personages apparaissent d'ailleurs très en retrait et ne semblent être là, tels les apôtres, que pour écouter la parole de Nausicaä avant de la répandre sur le Monde.

Pas étonnant alors que ce personnage soit devenu un des symboles de l'écologie au Japon.

Scénario bien ficelé, scènes d'actions efficaces, graphismes magnifiques malgré l'âge, musique envoûtante sont les ingrédients d'un excellent film. Ajoutez-y de la poésie, des valeurs généreuses et une héroïne comme on en a rarement vue, et vous obtenez un véritable chef-d'oeuvre.

Un monument du cinéma d'animation pour certains, un monument du cinéma tout court pour moi.

10/10

#Par Starrynight le 25/06/2006 à 17:42

Adapté du manga qu'il a lui-même dessiné, Miyazaki signe là son deuxième film (après le Château de Cagliostro). Par rapport au manga, Miyazaki a beaucoup enlevé et simplifié (le film correspond à peu près aux deux premiers tomes du manga qui en compte sept) et n'a finalement gardé que la trame générale en réécrivant les détails.
Ce film annonce également un tournant dans le style par rapport à Cagliostro et annonce les chefs-d'oeuvre suivants.

Les graphismes sont magnifiques, bien qu'en-dessous de ceux des films suivants, idem pour l'animation, et on est subjugué par la puissance évocatrice dont fait preuve Miyazaki dans cette histoire complexe et fouillée. Il arrive particulièrement bien à recréer un monde entier cohérent, sur fond de catastrophe écologique.

Les hommes, réduits à un faible nombre et menacés par leur environnement, cherchent une voie qui leur assurera la survie et pour cela ont encore la folie de se battre au risque de s'éliminer jusqu'au dernier.

Princesse de la Vallée du Vent, ilôt de paix et de tranquillité, Nausicaa, l'héroïne éponyme du film, est mêlée malgré elle au conflit qui secoue son monde. Elle doit trouver un moyen pour les hommes de continuer à y vivre en cohabitant avec les insectes. Et c'est une plongée dans des forêts immenses peuplées d'insectes dantesques à laquelle nous invite Miyazaki.

La jeune fille est un personnage fascinant. Outre ses qualités de bonté, courage, ..., elle fait preuve d'une grande force d'âme et d'un grand charisme. Elle a notamment la capacité de voir les choses d'une manière radicalement différente des autres, en écartant tous préjugés et présupposés.

Le film préfigure certains des autres films de Miyazaki : on retrouve un couple jeune fille/ jeune garçon (mais Nausicaa reste clairement le personnage principal), les appareils volants annoncent ceux du Château dans le Ciel et du Château ambulant, ...

Un film à ne pas manquer.

9/10