Nausicaä de la Vallée du Vent

Informations générales
- Auteur: Miyazaki Hayao
- Origine: Japon
- Année de création: 1984
- Titre original: Kaze no Tani no Nausicaa
- Nombre de volumes: 7
- AKA:
- - 風の谷のナウシカ
- - Nausicaä of the Valley of the Wind
- Relations: 2 fiches en relation
Version française
- Licencié: oui
- Titre français: Nausicaä de la Vallée du Vent
- Editeur: Glénat
Synopsis
Voici un millénaire que la société industrielle s’est détruite d’elle-même, ne laissant derrière elle que ruine, désolation et « fukais », zones toxiques pour les humains. Seuls quelques endroits restent vivables, notamment la vallée du vent, havre de paix où réside la princesse Nausicaa, protectrice de tous les êtres peuplant la planète, y compris de ceux étant a priori hostiles aux humains. Or, la paisible vallée va se retrouver impliquée dans une lutte armée entre deux puissances cherchant à prendre le contrôle d’une arme ultime, un Dieu guerrier, ce qui entraînera par la même notre téméraire princesse dans une quête pacifique.
Synopsis soumis par Descartes
#Par Papimoule le 09/07/2010 à 19:03
Vu comment les autres critiques détaillent bien je ne vais pas m'étendre en plus ça fait longtemps que je l'ai lu. Miyazaki nous offre son 1er chef d'œuvre sur papier. Ce manga constitué en 7 tomes est surement le meilleur jamais écrit au monde! Il quitte le style classique du manga est c'est peut être pour cela qu'il est excellent. L'originalité prime toujours du moins c'est ce que je pense.
Le manga est hyper complet. Que ce soit les personnages qui sont parfaitement créés, les graphismes qui sont soignés etc ...
De plus Miyazaki attaque ici des thèmes comme l'écologie, le futur des hommes, la guerre avec beaucoup de classe et de sensibilité.
La narration est elle aussi excellente! Oui tout est vraiment excellent alors que dire de plus dans un manga où on ne fait que répéter que c'est bien
Donc on va le résumer à cela. Je vous conseille de ne pas le lire pendant des examens ou autre chose du même style parce que quand il est commencé on ne peut plus s'en défaire. Bonne lecture à tous !
#Par Ariane le 22/01/2010 à 12:57
Nausicaä de la Vallée du Vent est le seul manga jamais publié par Hayao Myazaki. Il a aussi servit de base au film éponyme, premier film réalisé entièrement par son auteur, après qu'il ait quitté les Studios Toei.
A mon avis, c'est une série un peu inclassable, qui sort des chemins battus, aussi bien du point de vue graphique que narratif.
Le découpage des pages ressemble en effet plus à la planche bien ordonnée des bandes dessinées européennes qu'à l'organisation éclatée des scènes de mangas qui donnent parfois l'impression que les protagonistes se sentent à l'étroit sur leurs pages de papier. Le dessin, en noir et blanc, est aussi particulier, ressemblant presque à une gravure, du fait de l'usage des stries pour les effets d'ombre, de déplacement et les contrastes. Contrairement à nombre de mangas où le dessin se caractérise par un mouvement et un dynamisme constant qui fait que l'on ne s'attarde jamais longtemps sur les images individuelles, Miyazaki multiplie les détails dans nombre de scènes, qui appellent donc à une plus grande attention aux éléments représentés. En cela aussi il se rapproche des caractéristiques des bandes dessinées européennes. Cette technique lui permet de souligner l'aspect dramatique de certaines scènes particulièrement efficacement. Les personnages parlent beaucoup, et les phylactères (les bulles!) prennent donc beaucoup plus de place que dans un manga traditionnel, où, d'une certaine manière, ce sont les dessins qui parlent. Mais, il peut aussi y avoir des pages entières sans texte, totalement consacrées à l'action. Le rythme du récit est donc lui aussi assez particulier, alternant entre de longs dialogues et des scènes d'actions sans commentaires plus ou moins longues. Finalement, il semblerait que Miyazaki ait été fortement influencé par les récits et dessins de Moëbius, notamment son Arzach, qui date de 1975.
L'histoire de Nausicaä de la Vallée du Vent est complexe, non seulement parce qu'elle propose, un peu à l'instar de Tolkien, un monde cohérent avec son histoire, ses populations, divers modes de vie, caractérisés par différentes valeurs, spiritualités et systèmes politiques, mais aussi parce qu'elle porte sur plusieurs personnages hauts en couleurs (même s'ils sont en noir et blanc ;D) et propose une vision très nuancée de la relation humanité-nature. En effet, la question de l'écologie traverse toute l'œuvre de Miyazaki. Mais, il me semble que c'est dans ce manga qu'il nous fait part de sa réflexion la plus intéressante, car il a aussi la place de la développer. Cette place lui manque effectivement cruellement dans ses films, et tout particulièrement dans l'adaptation animée de ce manga, laquelle réduit tout le propos original à une simple dualité classique de l'homme contre la nature.
Le récit se déroule 1000 ans après une apocalypse ayant rayé de la carte la plus grande partie de l'humanité et presque entièrement détruit les civilisations industrialisées, ne laissant derrière que de petites populations artisanales, dispersées sur les quelques territoires qui n'ont pas été engloutis par la "mer de la décomposition". Si certaines, comme celle de la Vallée du Vent, dont est issu Nausicaä et qui ne comporte que quelques centaines d'âmes, arrivent à s'accommoder de cette situation et se sont adaptés à la proximité de ces énormes forêts de fungi géants et extrêmement toxiques pour les humains, d'autres ne l'entendent pas ainsi. Un royaume et un empire vont ainsi s'engager dans une guerre au potentiel tout aussi apocalyptique que celle des "Sept Jours de feu", entraînant dans leur sillage les petits royaumes de la périphérie, dont celui de la Vallée du Vent. On apprend ainsi que les technologies de l'ancien monde n'ont pas totalement disparue, mais "dormaient" en quelques-sortes, sous terre. Les dirigeants du royaume tolmèque et de l'empire Dork vont donc les ressusciter et tenter de s'en servir afin de vaincre leurs ennemis, et surtout, de reprendre la terre à la mer de la décomposition. Au milieu de ce chaos rampant, émerge la figure de la princesse Nausicaä, fille de Gilles de la Vallée du Vent, dotée d'une sensibilité au monde de la nature très particulier, qui lui permet de communiquer avec les animaux et les insectes géants qui peuplent la mer de la décomposition. C'est aussi un "maître du vent", c'est-à-dire qu'elle est un pilote d'aile volante et d'avions émérites, capable de "lire" le vent. Dotée de ces deux capacités hors du commun, elle va donc tenter de mettre fin à cette folie humaine. Mais contrairement aux héros standards de manga, qui gardent une sorte de pureté originelle tout au long de leurs épreuves et de leurs périples, Nausicaä est obligée de prendre part à des jeux de pouvoir assez nauséabonds, bref, comme dirait Sartre, à plonger les deux bras dans la merde jusqu'au coude. A aucun moment, bien qu'elle le désire ardemment, elle ne peut rester neutre. Elle se retrouve donc, elle aussi, ballotée par les évènements, obligées de s'adapter au mieux pour limiter au maximum la casse. Elle est aussi forcée de faire de grosses entorses à ses principes moraux de base, et de se départir de la vision du monde avec laquelle elle s'est engagée dans son périple.
Au cours de sa quête, elle fait un nombre de découvertes effrayantes, sur les origines de la mer de la décomposition et des insectes géants, sur les technologies déterrées par les Dorks et les Tolmèques, ainsi que sur les hommes eux-mêmes qui ont réussi à s'adapter à ce nouvel environnement. C'est la partie du récit que je trouve la plus intéressante, car elle reflète une approche très nuancée de la nature humaine et de son interaction avec son environnement organique. Au lieu de tomber dans cette dichotomie tellement ressassée de l'homme et de la nature comme deux entités opposées, Miyazaki propose de considérer l'homme comme une simple partie d'un tout qui le dépasse largement. A tel point que quel que soit les ravages que l'homme peut infliger à son environnement, il ne saurait réellement freiner la vie elle-même, qui trouve alors d'autres chemins pour se perpétuer. Les adeptes de la pureté originelle en prennent alors pour leur grade, lorsque Nausicaä s'entend dire que le rêve de retrouver un monde totalement dé-pollué représenterait un vrai cauchemar pour les humains, qui, s'ils devaient respirer un air aussi pur, se mettrait "à cracher le sang de leurs poumons". On a alors droit à une vision shintoïste intéressante, dans laquelle tous les organismes vivants, y compris ceux qui "polluent" (mais du point de vue de qui? autre question posée en creux par ce manga), ont le droit d'exister.
A mon sens, Nausicaä de la Vallée du Vent est un vrai chef-d'œuvre du 9ème art, avec une réflexion politique et éthique que je verrais assez bien utilisé comme cas à explorer en cours de philosophie. Donc, 10/10! ;-)
#Par Scalix le 08/12/2006 à 14:44
Hayao Miyazaki nous offre un séjour majestueux, un voyage féerique dans un monde merveilleux, où les forêts règnent sur l’humanité. Il nous fait découvrir une terre ravagée par les hommes, avec pour guide la reine de toutes les princesses, celle qui a le pouvoir de changer le destin de l’humanité : Nausicaä de la Vallée du vent.
L’histoire démarre calmement, tandis que le décor se plante avec une force surprenante. L’immensité des forêts, le charisme des personnages, la beauté des insectes ; tout nous heurte si violemment que chaque scène s’ancre profondément dans notre esprit.
Nausicaä, à la fois si forte et si naïve, va être le fil conducteur, la ligne directrice de cette histoire. Du suivi de l’évolution de la jeune princesse va naître un plaisir indescriptible. Nous sommes fascinés par sa force et sa détermination, tout en étant touchés par sa bonté et l’amour dont elle fait preuve envers toutes les formes de vie.
Chaque volume symbolise une montée en puissance du scénario. Pages après pages, le rythme s’accélère, l’histoire s’étoffe, avec une poésie et une beauté fabuleusement poignantes. Jamais la nature n’a paru si vivante, si belle et si généreuse.
Dans ce monde, autrefois ravagé par l’Homme, et où l’humanité peine à renaître de ses cendres, il demeure encore tant d’amour. Cet amour, omniprésent durant toute la série, va s’amplifier au fur et à mesure. Jamais Miyazaki n’a été si proche de saisir l’essence même de ce sentiment.
Il émane de ce scénario une profonde sérénité, incarnée par ces immenses forêts aux arbres verdoyants ; derrière lesquels cache une rage millénaire, la colère de la nature luttant pour nous sauver, nous, les hommes. Cette haine, à la fois si forte et si pure, est incarnée par ces gigantesques insectes, massacrant quiconque s’avère menaçant.
Visuellement, on retrouve ce style si particulier, qui nous rappelle tous ces bons moments passés, devant d’autres œuvres du maître.
On retrouve ces personnages, aux traits à la fois si simples, mais si expressifs dont Miyazaki tient le secret.
Un plan sur le visage désespéré de Nausicaä, et ce sont toutes les souffrances du monde qu’il en fait surgir. Un plan sur son visage en colère, et c’est la haine à son état brut qui surgit en nous.
L’association de ce dessin et du scénario décuple la violence avec laquelle l’histoire qui nous est comptée nous frappe. Nous vivons réellement chaque scène, et nous ressentons tous les sentiments mis en avant par les différents personnages.
On se surprend à rester quelques secondes, ou quelques minutes, à contempler un paysage, un visage ; à contempler ces images captivantes, à la fois si différentes de notre monde, mais porteuses d’un message si fort qu’il nous étoufferait presque.
Dans un monde merveilleux, il y avait une princesse qui aimait la nature et les insectes tout autant que sa propre espèce. Dans ce monde, alors que la fin de l’Humanité approche, il demeure un infime espoir, autour duquel tous les peuples se raccrochent. Dans ce monde, il y avait une princesse, dont le destin était de changer le monde : Nausicaä.
#Par Starrynight le 14/08/2006 à 18:53
Nausicaa est un des seuls mangas écrits par Miyazaki (l'autre manga étant Shuna no Tabi dont il s'est inspiré pour écrire Nausicaä) et dont il fut ensuite lui-même chargé de réaliser l'adaptation au cinéma.
On admire la qualité du dessin, agrémenté de quelques planches explicatives. L'auteur a su rendre crédibles les insectes, la forêt, les hommes et leurs engins volants : tout vit, s'agite, pullule et gravite autour de la si charismatique héroïne. L'auteur brasse des peuples très divers, des légions d'insectes gigantesques et nous promène dans tout l'univers cohérent qu'il a su créer.
Nous sommes plongés dans le récit d'une petite communauté indépendante et pacifique, contrainte malgré elle à prendre part à une guerre dévastatrice que se livrent les deux principales puissances de ce monde. Guerre terrible et insensée menée par des humains désespérés, réduits à quelques poignées, et dont les terres sont inexorablement rongées par la forêt et son poison. Pour assurer une chance de survie à l'homme, ils tentent de commettre les mêmes erreurs que leurs ancêtres, erreurs qui se sont jadis soldées par la destruction quasi totale du monde et des hommes durant les "7 jours de feu".
Nausicaa, fille du roi et représentante de la vallée du vent dans ce conflit, cherche avant tout à sauver les hommes de leur folie et à percer le secret de la forêt appelée "fukai" (mer de la décomposition). La jeune fille, dont l'illustre prédécesseuse dans l'Odyssée recueillit Ulysse échoué sur la grève, sait sans cesse se dépasser elle-même, puiser au fond d'elle le courage nécessaire pour mener à bien la tâche qu'elle s'est fixée, et par une sorte d'alchimie merveilleuse sait communier avec tous les êtres vivants de son monde, les hommes, comme les insectes ...
... avec nous autres lecteurs, également. L'immense puissance évocatrice de cette oeuvre nous ébranle profondément et l'on finit la lecture du manga songeur, un peu triste, mais également animé par un formidable espoir.
L'histoire est extrêmement fouillée, fourmille de personnages (presque chacun d'eux ayant une personnalité propre) de plantes et d'insectes divers, Miyazaki réussissant même à insuffler une âme à ces derniers. Nausicaa est plongée dans la souffrance, la mort, le désespoir de ceux qui l'entourent, mais elle arrive à surmonter toutes ces épreuves pour illuminer le monde des hommes de sa gentillesse et de son amour. Entre paix de l'esprit et foi, entre la colère et la peur, la jeune fille semble avoir fait siennes les paroles de St François d'Assises : "Je te souhaites d'aimer où l'on hait, de pardonner où l'on offense, de réunir où il y a conflit [...], d'apporter la confiance où le doute menace, de susciter l'espoir où le désespoir torture, d'allumer une lumière où l'obscurité règne, d'apporter la joie où le chagrin réside".
Miyazaki nous livre là une oeuvre intemporelle qui nous bouleverse.
Nous oublions que nous lisons un manga, nous oublions qu'il a été écrit à 10.000 km de nous, nous n'y voyons plus qu'une ode à l'espérance, au courage et à notre bonté profonde, ainsi qu'un plaidoyer contre les guerres et notre relation habituelle de domination envers la nature toujours perçue comme hostile.
Que dire de plus, sinon le recommander à ceux qui ne l'ont pas encore lu ?
#Par anawel le 18/12/2004 à 00:12
Ce chef-d'oeuvre du grand Miyazaki nous fait partager l'histoire d'une adolescente dans un univers heroic fantasy. L'histoire est prenante dès les premières cases, bien que le style puisse repousser les amateurs du manga au style de dessin propre. Là le trait est énergique et retranscrit une ambiance profonde et tourmentée. Alors avec ses qualité de dessinateur, Miyasaki nous plonge dans une histoire pleine de rebondissements, ponctuée d'instants de bonheur et de tristesse, un monde où la place de l'homme sur cette Terre imaginaire est remise en cause, à juste titre.
Nous ne pouvons bien sûr nier que l'auteur fait, à travers cette histoire, un constat de problèmes touchant notre monde, et il voit dans les jeunes et les femmes (étant donné que le personnage est une jeune femme) un espoir et une réponse pour apercevoir des jours plus heureux. En définitive, cette bande-dessinée mérite le titre d'oeuvre d'art et elle devrait être en possession de tout fan de manga, mais aussi de tout ceux qui aiment réfléchir à savoir comment peut-on arranger notre monde, et cela même à petite échelle. Sur ce, je vous souhaite une exellente lecture. Union sacrée, amour et harmonie.
