Ponyo sur la Falaise

Informations générales
- Format: Film
- Année: 2008
- Titre original: Gake no Ue no Ponyo
- Nombre d'épisodes: 1
- AKA:
- - 崖の上のポニョ
- - Ponyo on the Cliff by the Sea
Staff technique [liste]
- Studio d'animation: Studio Ghibli
- Réalisation: Miyazaki Hayao
- Auteur: Miyazaki Hayao
- Musique: Hisaishi Joe
- Diffuseur: Toho
- Couleurs: Yasuda Michiyo
- Directeur de l'animation: Kondô Katsuya
- Scénario: Miyazaki Hayao
Version française
- Licencié: oui
- Titre français: Ponyo sur la Falaise
- Editeur: Walt Disney Studios Distribution
Doublage
Hiroki Doi (Sosuke), Yuria Nara (Ponyo), Tomoko Yamaguchi (Lisa), Kazushige Nagashima (Koichi), Yuki Amami (Manmare), Joji Tokoro (Fujimoto), Kazuko Yoshiyuki (Toki), Tomoko Naraoka (Yoshie)
Synopsis
Sôsuke est un petit garçon qui habite avec sa mère dans un phare en l'absence de son père parti pêcher. Il recueille un jour un curieux poisson en jouant sur la plage. Ce poisson au visage humanoïde, c'est Ponyo, la fille d'un sorcier et de la déesse des mers.
Au contact du garçon, Ponyo va se transformer en petite fille et vivre avec lui des aventures extraordinaire, alors qu'une formidable tempête éclate.
Synopsis soumis par brotch
#Par escafleiko le 17/05/2010 à 00:46
La majorité des films japonais sortis dans les salles obscures n’ont eu droit qu’à de petites diffusions tandis que ceux du Studio Ghibli sont diffusés à grande échelle sur le territoire et surtout dans le monde entier. Ce traitement de faveur est dû à la renommée internationale de Hayao MIYAZAKI, qui a su séduire le public occidental depuis Princesse Monoke en 2000.
PONYO sur la falaise raconte l’histoire d’un jeune garçon de cinq ans, nommé Sosuke, vivant dans une maison au sommet d’une falaise culminant le littoral. Il ne voit pas souvent son père qui est Capitaine d’un bateau tandis que sa mère travaille dans une maison de retraite située juste à côté de son école. Un jour où Sosuke allait partir à l’école avec sa mère, Le jeune garçon fut attiré par une bouteille bloquée dans des rochers. Il découvre un poisson rouge avec une tête ressemblant à celui d’un humain le rendant très mignon. Sosuke décide de le garder et l’appelle Ponyo. Ponyo est la fille d’un père magicien de l’océan détestant les êtres humains qui polluent la planète. Lorsqu’il apprend que l’une de ses filles, l’intrépide et curieuse Ponyo, s’est approchée d’un peu trop près du littoral, il décide de la ramener au près de sa famille en séparant de force les deux enfants. Sosuke qui avait promit de toujours protéger Ponyo fera tout pour la la protéger. De son côté Ponyo usera d’une magie très ancienne et puissante pour enfin devenir humaine et vivre au près du jeune garçon.
Dès le début, MIYAZAKI a annoncé que son nouveau projet s’inspirait du conte « La petite sirène » de Hans Christian Andersen... De ce conte, seul subsiste l’idée d’une créature de la mer voulant devenir humaine. L’histoire n’est qu’une passerelle vers l’univers du cinéaste. Elle est aussi qu’un prétexte pour mettre en avant de jeunes enfants et des personnes âgées dans un univers contemporain. Mettre en scène de tels personnages est une tâche ardue du fait qu’un enfant porte un regard émerveillé sur le monde qui l’entoure, sans préjuger, d’une grande pureté, d’une énergie débordante… tandis que les personnes âgées sont bien moins énergiques, ont des difficultés de déplacement et une vision sur le monde qui s’est affinée en fonction de leurs expériences... Tout semble les opposer. Malgré tout, ces deux univers –celui de la jeunesse et de la vieillesse- se mêle parfaitement. De plus, l’interprétation des comédiens est remarquable. Il semblerait que la magie est traversée l’écran pour leur permettre d’interpréter ces personnages que le cinéma relègue le plus souvent au second plan.
Souvent un simple décor, dans ce film l’eau prend toute sa puissance. Qu’elle soit sous l’océan, une mer paisible, en pleine tempête. Tout est prétexte à la mettre en avant dans des dessins en deux dimensions de toute beauté. Il semblerait même que le cinéaste ait voulut mettre cet élément comme le véritable personnage principale de ce film d’animation en tentant de la dessiner en deux dimensions par divers procédés techniques. Et c’est là où réside la prouesse technique. Contrairement à la mode internationale voguant sur des eaux mélangeant la 2D et la 3D voire entièrement en 3D, MIYAZAKI a opté, avec tout de même l’aide de l’informatique, pour un univers entièrement en 2D. Cette volonté est dû au fait que le cinéaste préfère la 2D à la 3D. Il n’est tout de même pas réfractaire à la 3D qui apparaissait dans ses dernières productions.
Vous pouvez lire « PONYO sur la falaise » sous plusieurs angles : Soit en vous amusant à découvrir les sujets chers à l’auteur, soit admirer le paysage, soit en vous intéressant plus à la psychologie de chaque protagoniste ou simplement passer un agréable moment sans prise de tête en vous laissant porter par l’histoire, certes moins poussée que les précédentes œuvres mais tout aussi agréable. Espérons que l’amour de l’animation de MIYAZAKI et le désire de faire vivre le studio qu’il a créé continue encore longtemps avant son départ à la retraite qui a été annoncé depuis 1997.
#Par Kurosuke le 10/09/2009 à 18:30
Certaines grandes « marques » tel que Miyazaki connaissent un tel succès que leurs soi-disant « chefs d’œuvres » sont déjà adorés avant même d’avoir été regardés. C’est le cas pour Ponyo avec lequel je ne serai pas tendre, désolé(ou pas) pour ceux qu’ils l’ont adoré mais pour moi c’est juste une grosse arrête qui m’est restée en travers de la gorge.
Miyazaki nous offre une esthétique plutôt jolie à l’image à l’instar de ses autres animés (Princesse Mononoke, le voyage de Chihiro ou encore le Château ambulant…) ; mélangeant dans son dessin différents traits, d’un côté un trait assez moderne au couleur pleine ; et d’un trait qui ressemble plus au crayon de couleur donnant vraiment un côté enfant à cet animé. Toutefois, rien ne s’impose comme une révolution que ce soit visuel ou musical. Il s’agit plus ou moins d’un mélange de 2 styles de dessin, un premier de façon coloriage et un second plus moderne. C’est loin d’être désagréable mais ne casse pas trois pattes à un canard.
M.Joe Hisaishi nous en envoie plein les oreilles mais on ne ressent aucune trace d’une construction musicale comme on avait pu entendre dans Chihiro. C’est comme s’il nous avait balancé cela en disant « bah ca ira bien ». C’est profondément dommage car la musique en elle-même est assez belle.
Hormis cela, les messages révélés par cet animé sont vraiment pauvres, à l’image de la narration. En effet, les personnages n’ont quasiment aucun obstacles à franchir. Lorsqu’ils désirent quelque chose, ils l’obtiennent sans grand effort. Dans certains moments, on nous parle d’une destruction de l’humanité par le biais des eaux pour la punir de son non-respect (petit message écologique). Mais cela ne dure à peine une minute car les plans échouent par pure hasard et on n’en parle plus ensuite. De la même manière, la fin ne tient pas vraiment debout. L’enjeu du film et de la vie de Ponyo tient au fait que Sosuke, à la fin, accepte Ponyo alors qu’elle est un poisson. Cependant, aucun évènement n’ai venu pour qu’il ait une raison de ne pas vouloir. De plus, il l’a déjà accepté en tant que poisson bien avant. D’une certaine manière, ces petits défauts scénaristique sont récurant dans ses œuvres (ex : voyage de Chihiro) du fait de sa manière de travailler (il fait des story board lorsqu’il a une idée et le scénario est fait par la suite). On pourra toujours se réfugié en disant que c’est une œuvre pour les petits enfants avec un message tel que « salir ce n’est pas bien » ou « aime ton prochain tel qu’il est » ; un anime peace and love mais le peace n’a aucune signification car son contraire n’est pas présent. Les sentiments des personnages n’évoluent pas ce qui les rend fades comme ci vraiment aucune humanité ne se dégageait de ce film.
#Par AngelMJ le 10/05/2009 à 17:31
Ponyo, dernière production Miyazakienne, divise. Elle divise pour des raisons simples et évidentes, celles des comparaisons. Tout fan de Ghibli, et ce depuis plusieurs années, cherche désespéremment à redécouvrir les sensations d'un Princesse Mononoke ou d'un Chihiro. Malheureusement pour lui, ce n'est pas avec Ponyo qu'il y parviendra. Si toute fois on peut le comprendre, faire de Ponyo un poisson pané serait tout de même un triste sacrifice...
Beaucoup de choses ont déjà été dites et ce serait un supplice, autant pour moi que pour le lecteur, de redire ce que les autres ont déjà dit. C'est pour cela que je serai bref et concis, tout en transmettant le plus fidèlement possible mon ressenti sur ce film.
Ponyo n'est pas un incontournable de Miyazaki, mais reste un Miyazaki tout de même. Le graphisme, l'animation, les thèmes, les couleurs, les musiques... tout transpire Hayao Miyazaki. Pour les adeptes du maître faisant encore l'impasse sur ce film, dites vous que l'on est face un film du niveau de Kiki La Petite Sorcière. C'est sans doute sur ce point les fans chouinent : Miyazaki est retourné sur ses pas... et beaucoup plus loin que Mononoke!
Je pense que si le film était sorti avant Mononoke et sa copine Chihiro, le film n'aurait pas subi le même accueil. On dirait par moment que c'est un film, retrouvé par hasard au fond d'un carton, que Miyazaki avait oublié d'envoyer à Ghibli pour diffusion...
Dans un sens, c'est vrai que ça peut paraître vexant, mais nous sommes (en tout cas, à mon avis...) dans une période ou chacun cherche à retrouver ses racines, à faire les choses qu'il aime. Et visiblement avec Ponyo, Miyazaki voulait très vraisemblablement revenir sur ses premiers amours, à savoir les films pour enfants.
Ponyo a fait du bruit niveau critique, mais cela n'est pour moi qu'un pavé dans la mare. Si l'on est pas adepte de "l'ancien Miyazaki", ce film semble d'une autre époque est en total contradiction avec le parcours purement chronologique de son réalisateur. Si cependant comme moi, Miyazaki vous charme autant avec Chiriho que Totoro, alors comme moi, vous ne trouverez rien à reprocher à Ponyo, si ce n'est de passer un bon moment devant un film plein de tendresse.
Après, tout dépendra de votre état d'esprit, qui lui seul dessinera votre avis quant à la qualité de ce film...
#Par Jangoo powaa le 02/05/2009 à 23:58
En allant voir Ponyo sur la falaise, je m'attendais à un film pour enfants sympathiques mais au final ce fut une déception. Une déception car ce film ne me semble pas digne de porter la signature de Hayao Miyazaki (même s'il est normal de se tromper et qu'il n'est pas bon de toujours attendre des chefs-d'oeuvre d'un grand réalisateur).
Le début du film m'a mis mal à l'aise : une musique très puissante associée à une foule de méduses... Cela ressemble plus à un début de film documentaire qu'à autre chose et quelque chose d'écoeurant met mal à l'aise (peut-être le décalage entre la musique et l'animé).
En ce qui concerne les personnages...
Le père-sorcier semble for sympathique au premier abord mais manque de consistance par la suite : simple père-poule se repentant d'avoir privé son enfant de sa liberté il crie à la fin de l'humanité à cause de ses agissements. Son existence même me semble une erreur : un humain devenu capable de vivre sous la mer car désespéré des agissements de ses semblables ? Ou est donc passée l'amour de Miyazaki pour les humains en quête de soi ?
Pour ce qui est de Ponyo et des autres (Sasuke et sa mère etc) je trouve que leurs relations ne sont pas assez approfondies, qu'il y manque beaucoup c'est à-dire l'humanité.
En effet, tous ces personnages ne sont pas humains : tous semblent foncièrement bons et idéaux. L'on nage dans un océan de gaieté qui ressemble fort au paradis idyllique et illusoire des nobles dans Wolf's Rain : un monde sans mal.
Et oui, cet animé ne semble prendre en compte qu'une face de la médaille et mettre de côté l'autre. C'est probablement pour cela que je n'ai ressenti aucune émotion en visionnant cet animé si ce n'est une impression désagréable de perdre son temps.
Plus de poésie, seulement un sentiment de malaise global face à cet animé plus dans le faux que dans le vrai.
Cependant ceci est l'analyse personnelle d'une adulte, je pense sincèrement que j'aurais été beaucoup moins sévère dans ma critique de ce film étant enfant. Il est vrai que le public visé était celui des enfants et qu'il est difficile de réaliser un travail qui satisfasse tout le monde...
Néanmoins je pense qu'il manque quelque chose à ce travail pour en faire un grand film.
#Par zil le 29/04/2009 à 11:30
Je ne vais pas m'appesantir sur le nombreux points déjà abordés par les critiques précédentes, si ce n'est que pour donner un aperçu plus rapide à celles et ceux qui souhaiteraient savoir si le film est à voir ou non (malgré les nombreuses divergences qu'il en découle au sein des communautés de fans).
Avant tout, autant être clair au sujet de Ponyo sur la falaise : c'est le film de Hayao Miyazaki que j'ai le moins apprécié.
MAIS - et je souhaite m'appuyer sur ce "mais" - nous sommes malgré tout face à une réalisation de Miyazaki, référence du monde de l'animation japonaise. Et beaucoup auront ainsi compris que nos attentes à son sujet ne sont pas comparables à n'importe quel autre réalisateur.
Pour cette raison, Miyazaki - qui nous avait jusqu'alors proposé des films d'animation d'apparence enfantins, mais avec une thématique aussi variée que profonde - décide de consacrer 100% (ou presque) d'une de ces réalisations pour les enfants. Je m'en suis rendu compte en allant voir le film hier dans une salle obscure : tous les enfants âgés entre 5 et 10 ans vivaient le film que nous avons pu le faire devant Princesse Mononoke ou encore Le Voyage de Chihiro.
Et c'est au moment où commence l'émerveillement des 5-10 ans que s'estompe celui des 15 ans et plus. Bien que Miyazaki nous replonge à chaque fois dans notre enfance, nous percevons les problèmes qu'il soulève lorsqu'il nous parle de relation parents-enfants, de cupidité humaine, de manque de communication entre les hommes, etc.
Demandez à un enfant de 8 ans ce qu'il a pensé de Princesse Mononoké, et je pense qu'il ne l'aura pas apprécié à sa juste valeur par manque de maturité.
Ne lançons donc pas la pierre aussi rapidement à la référence du film d'animation lorsque celui-ci s'adresse à un public plus jeune (donc avec un scénario et des thématiques plus simples et/ou moins développées).
Néanmoins, je suis d'accord pour dire que le chara-design m'a assez déçu dans la mesure où celui-ci a manqué de finesse et de précision, là où nous sommes habituellement assez comblés.
Même remarque pour les personnages trop plats et pas assez présents à l'écran (mais encore un fois, un film pour les enfants doit-il s'encombrer de ce genre de détails que nous apprécions ?).
A l'opposé, je tenais à mettre en avant le travail des coloristes qui ont réussià nous en mettre plein les yeux, tant au niveau des plans animés de l'océan, qu'à celui des arrières-plans du paysage.
Ponyo est donc le film de Miyazaki que je montrerai à mon petit neveu de 8 ans, sans qu'il ait à me poser de questions toutes les deux minutes pour essayer de comprendre les subtilités du scénario ou des personnages : un film permettant aux plus jeunes d'entrer dans l'univers magique de Miyazaki.
ps : 7,5 ne faisant pas partie des notes et 7 ne me semblant pas juste pour ce film, un 8 s'impose.
#Par bouba le 25/04/2009 à 22:29
Ouf, j'ai eu peur. En lisant les différents commentaires ici et là sur Internet, j'ai bien cru que "Ponyo sur la falaise" approchait davantage de la daube que d'un bon film d'animation. Simplement, ce qu'on aurait trouvé très bon chez n'importe quel autre réalisateur, on ne le pardonne pas à un maître comme Miyazaki (père, bien entendu), qui nous avait habitués à mieux.
Sans être un chef-d'oeuvre (soyons honnête, il n'est pas du même niveau que Le voyage de Chihiro, Princesse Mononoké ou encore Le château ambulant...), l'animé est très agréable à regarder et on retrouve avec plaisir ce qui a fait le succès de Miyazaki : un univers fantastique où esprits et sorciers cohabitent. On peut regretter le manque d'action et le trop plein de bons sentiments (attention, je n'ai pas parlé de mièvrerie !). De même, les relations entre certains personnages auraient sans doute mérité d'être plus développées. Mais l'ensemble reste beau, poétique et magique... Et puis, faut avouer, elle est incroyablement touchante notre petite sirène Ponyo. Je suis certaine qu'elle aurait inspiré les frères Andersen.
#Par Starrynight le 17/04/2009 à 15:49
J’attendais Ponyo au tournant pour plusieurs raisons : d’abord c’était papa Miyazaki qui avait repris la barre après des Contes de Terremer décevants menés par le fiston, ensuite j’en avais quasiment lu que des louanges depuis sa sortie au Japon, tandis que les premières images et l’écoute de la bande originale (et notamment l’affreuse chanson de fin) m’avaient fait craindre le pire. Certains donneront peut-être une autre raison : Ponyo serait le dernier film réalisé par Hayao Miyazaki. Cependant, comme c’était aussi le cas successivement de Mononoke, de Chihiro et du Château Ambulant, je me permets de prendre cette assertion avec de grosses pincettes.
Hier soir, dans une salle obscure, projection en VOST : le moment de vérité. Bonne nouvelle : le film n’est pas aussi tarte que je ne le pensais et j’ai globalement passé un bon moment devant lui. Dès le tout début, on reconnaît la patte du studio Ghibli : tout foisonne et grouille de vie, chaque élément a sa spécificité, sa forme, sa couleur, son mouvement propre. Quant au dessin lui-même, si j’ai pu apprécier l’utilisation exclusive de 2D, je lui trouve moins de précision et de charme que les autres productions, y compris celles également destinées à un public plus jeune (Totoro et Kiki en tête). Néanmoins, certains plans nous rappellent qu’on est bien devant un Miyazaki, comme le détail apporté à la coque du cargo remorqué en cale sèche.
Au gré des scènes et des situations, on retrouve des éléments des autres films du réalisateur : le visage du père de Ponyo qui ressemble beaucoup à celui de Hauru, un tunnel obscur à traverser, comme un rite de passage ou une passerelle entre deux mondes, tel celui dans Chihiro, une ville noyée sous l’eau comme dans le Château dans le Ciel. De son côté, Lisa, la mère de Sôsuke, entonne un joyeux « je vais bien » sur l’air de l’opening de Totoro (rappelez vous du « arukô, arukô, watashi ha genki »). Au rayon thématiques, on retrouve en tête de gondole, quelques thèmes habituels comme la détérioration de l’environnement par les hommes (ici traité avec de gros sabots mais, heureusement, ça ne dure pas longtemps) et le motif de l’île, même si Ponyo reste pauvre à ce niveau. On notera au passage que Ponyo est le 3e film de Miyazaki à nous emmener dans un Japon à peu près contemporain, après Totoro et Chihiro.
Côté scénario, Ponyo flirte malheureusement avec le Château Ambulant en proposant une histoire un peu décousue (bien qu’un peu moins quand même que le périple de Sophie) mais surtout sans véritable enjeu. Il n’y a ainsi pas vraiment de défi ou d’obstacle et le « méchant » ne l’est que deux minutes chrono (on reste d’ailleurs bien sur notre faim quant à ses projets de destruction de la race humaine) ; les parents de Sôsuke ne sont jamais vraiment en danger (encore que, quand on voit sa mère conduire …), Ponyo fait à peu près ce qu’elle veut et personne ne l’en empêche bien longtemps. Finalement, la « quête » la plus longue devient celle des deux enfants partis en bateau à la recherche de la mère de Sôsuke, ce qui n’est pas sans rappeler Satsuki qui tente de retrouver sa sœur dans Totoro.
Côté personnages, les humaines sont plutôt bien croqués (la mère de Sôsuke et la petite vieille râleuse et un peu rebelle notamment), mais je suis déçu par les parents de Ponyo. Papa, espèce de savant fou grandiloquent, n’a pas beaucoup de suite dans les idées et manque de présence et de caractère, tandis que maman semble tout droit sortie de Candy avec des cheveux barbe à papa, mâtinée de Marie dans le manga La Musique de Marie.
Quant à la musique, elle se révèle également décevante et sans âme, mis à part quelques morceaux qui viennent relever le niveau. Je pense notamment à la musique martiale et entraînante qui accompagne la file des bateaux après le tsunami. En revanche, la musique de fin est des plus gamines et ne vaut vraiment pas tripette (ah j’ai déjà dit que je n’aimais pas cette chanson ?). Je ne comprends toujours pas pourquoi elle a eu autant de succès au Japon.
Moins gnan-gnan et cul-cul la praline qu’il ne pouvait le laisser penser, Ponyo sur la falaise s’inscrit hélas dans la lignée des dernières productions du studio Ghibli, nettement en-dessous de la qualité à laquelle il nous avait habitués. Monsieur Miyazaki (père) devrait peut-être sérieusement songer à prendre une retraite bien méritée.
#Par Deuz le 10/04/2009 à 17:33
A mon avis, tout simplement le meilleur film de Miyazaki, à ce jour. Magnifique, splendide, sublime, fantastique, rafraichissant, désaltérant, euphorisant, baboulifiant et plein d'autres trucs du genre.
Contrairement à ce qu'on peut lire parfois, ce n'est pas une oeuvre mineure de la filmographie du vieux papi à lunettes. Tout ce qui fait le charme de ses précédents films s'y retrouve, mais distillé d'une manière plus fine, plus subtile, comme entourée d'un halo de sagesse. Ici, c'est sur de petits détails que l'on peut voir toute la profondeur de l'oeuvre. Tous les personnages, par exemple, sont d'une très grande justesse, qu'ils soient principaux comme Ponyo, espiègle, naïve et d'une grande douceur, ou Sôsuke, courageux et intelligent mais aussi soucieux et triste pour sa mère comme n'importe quel enfant de son âge, ou qu'ils soient secondaires comme Toki, la grand-mère un peu aigrie mais si tendre et adorable en même temps (l'un de mes personnages préférés de tous les Miyazaki : on dépasse enfin les quasi clichés de la mamie gâteau et de l'hystérique pleine d'énergie malgré son âge avancée) ou Lisa, maman de Sôsuke, tellement forte et fragile à la fois, comme une vraie femme. Certains reprocheront le manque d'attention portés aux rôles secondaires justement, mais au contraire, je trouve qu'ils n'ont jamais été aussi réalistes : en quelques traits, en quelques phrases, on semble tout comprendre de leur personnalité et c'est dans ce genre de procédé que se lit le génie d'un auteur comme Miyazaki. Rajoutons à cela d'autres détails, toujours ces détails, qui ont leur importance : le discours écologique qui est ici à peine esquissé, ce qui est largement suffisant pour une fois (Fujimoto, le père de Ponyo, fait une petite réflexion et par la suite nous le verrons recevoir en pleine poire quelques déchets flottant à la surface de la mer, image subtilement concrète) ou encore la relation platonique et pure entre les deux amoureux qui est enfin justifiée par leur très jeune âge (5 ans), ce qui a le mérite d'empêcher le plus cinyque d'entre nous de lui reprocher une trop grande mièvrerie, et tant d'autres choses encore.
En plus de tout cela, ce film est juste une expérience visuelle hors-norme et inévitable pour toute personne s'intéressant un minimum au monde de l'animation. On n'avait jamais vu de simples dessins prendrent vie avec tant de force, tant de grâce et tant d'énergie : chaque petit mouvement d'orteil est d'une perfection effrayante. La scène de la tempête, parmi tant d'autres, est une claque monumentale pour nos petits yeux grands ouverts. Les couleurs sont claires et chaudes, le trait est simplifié à l'extrême et les effets de lumière réduits au maximum, ce qui donne un nouveau visage aux dessins du Papi à lunettes que nous aimons tant : quelque chose assez proche de ses premiers travaux mais tellement, oui, tellement plus dynamique. Ce style pourra déplaire, mais force est de reconnaître qu'aucun film d'animation n'avait jamais semblé aussi solaire, aussi chaleureux et qu'une telle atmosphère est en totale adéquation avec le propos de l'oeuvre. Pour ma part, je suis totalement pour cette nouvelle direction artistique : un dessin simplifié (mais du coup parfois plus marquant) et une animation encore plus léchée que d'habitude (à ce niveau, on ne peut être qu'admiratif devant le génie des animateurs du Studio Ghibli).
Le tout, histoire, mise en scène, aspect visuel et musical (Joe Hisaishi est parfait, comme à son habitude) prend des allures de vraie merveille. On retrouve, certes, tout ce qui a déjà fait la gloire et le renom de Miyazaki, mais ici, tout nous est montré sous un angle légèremment différent : celui de la, toujours plus grande, maitrise et sagesse du célèbre papi japonais.
#Par Nakei1024 le 08/04/2009 à 21:18
Avec ce film, on peut dire que Miyazaki signe sa première production 100% contemplative et poétique. Ne cherchez pas un scénario construit comme pour les précédentes productions Ghibli, ici il n’y en a tout simplement pas, le synopsis de base ne servant finalement qu’à permettre la mise en scène des différents personnages dans un univers où s’entremêlent merveilleux et fantastique.
Réalisé uniquement selon les anciennes méthodes (pas d’ordinateurs ni de modèles 3D…), l’ensemble dispose une fois de plus d’une esthétique propre et désormais inimitable. On reconnaît bien entendu le style du maître, qui nous livre une fois encore un enchaînement ébouriffant de scènes et images toutes plus enchanteresses les unes que les autres (la séquence d’introduction à elle seule vaut le détour, et le générique de fin est très agréable) ; difficile d’en faire une liste concise et claire sans spoiler les aventures des personnages.
Les thèmes musicaux sont également très réussis, installant peu à peu le spectateur dans une bulle dont il est difficile de s’extirper en fin de séance, tant celle-ci est agréable et chaleureuse.
Ceux qui ont vu la plupart des réalisations du studio ne seront pas surpris de voir qu’une fois encore, les femmes (des plus vieilles aux plus jeunes) occupent une place prépondérante dans le film, laissant les hommes observer et paniquer devant des situations qu’ils ne peuvent contrôler malgré leurs efforts maladroits.
On retrouve bien entendu un message assez explicite des effets de l’activité humaine sur l’environnement et l’acceptation d’autrui (thèmes récurrents), et une fois de plus il ne s’agit pas d’enfoncer des portes ouvertes mais plutôt de laisser le public interpréter à sa manière tout en appréciant la beauté de l’ensemble.
En conclusion, même si le film n’égale pas certains de ses aînés (Princesse Mononoké , Porco Rosso et Le voyage de Chihiro constituent pour moi les 3 meilleures réalisations Ghibli signées Hayao Miyazaki), il mérite amplement sa place parmi ceux-ci et vient rajouter un chef d’œuvre de plus à une filmographie déjà bien fournie.
#Par Milady13 le 06/04/2009 à 23:11
Je vais vous raconter une histoire. C’est une histoire magique et féérique. Une histoire pleine de rêve et d’eau de mer. Cette histoire c’est celle d’une jeune fille d’une vingtaine d’année qui la vit bien assise face à l’écran géant du cinéma. Car c’est un voyage qu’elle va faire en regardant Ponyo sur la falaise, dernier Miyazaki et petit bijoux de rêve et d’imagination.
Réinterprétation de la petite sirène d’Andersen, le dernier film du maître de l’animation japonaise nous emmène dans la vie de Ponyo, une mi-fille mi poisson rouge découvrant une petite ville de bord des mers et se liant d’amitié avec Sozuke, petit garçon de cinq ans. L’histoire pourrait se résumer à cette phrase et il n’est pas besoin de plus à Miyazaki pour nous transporter dans une balade poétique et magique. Il est inutile de revenir sur les qualités plastiques de l’œuvre. Tout est d’une fluidité époustouflante, de couleurs merveilleuses et de dessins fantastiques. Miyazaki n’a pas besoin d’un ordinateur ou d’image de synthèse pour donner la vie à son monde. Etant revenu à des méthodes plus traditionnels avec l’aquarelle, il réussit le pari de nous transporter encore et encore vers les chemins du rêve et de l’innocence.
La musique est quand à elle à l’image de l’œuvre présentée et ne dément pas du génie de Joe Hisaishi. Malgré une chanson de fin entêtante et rappelant beaucoup celle de Totoro, le reste des pistes nous permet de nous immerger encore plus profondément dans l’univers de Ponyo.
Et quel univers ! La mer omniprésente est une créature effrayante et fascinante, engloutissant villes et routes par des rouleaux gigantesques et majestueuses. A l’intérieur vit un monde où des myriades de créatures voguent au gré des vagues, paisibles, véritable ode à la tranquillité et à la paix. Miyazaki ne déroge pas à ses principes et c’est ainsi que l’on retrouve ses thèmes chers que sont la paix, par le monde où la haine et la violence n’existe pas, et l’écologie, omniprésents mais pas pesants. Un autre de ses leitmotivs est l’enfance et la découverte de l’autonomie et de l’amour. Là encore, le pari est plus que réussit par la présentation du couple d’enfants Sozuke et Ponyo.
Comme à son habitude, il arrive à créer des personnages au caractère haut en couleur et débordant de vie. Sozuke est un enfant débrouillard, agile, intelligent mais reste un enfant tout de même avec ses lubies et ses pleurs. Sa mère, Lisa, courageuse et capricieuse, est elle aussi un personnage prenant vie sous nos yeux et sous la plume du maître. Les vieilles femmes de la maison de retraite où travaille Lisa émeuvent aussi par leur regard toujours amusé sur le monde qui les entoure. Mais c’est surtout Ponyo qui fascine et attendrit. C’est une enfant curieuse et vraie. Une héroïne qui va apprendre à gagner en indépendance dans ce mini voyage initiatique. Le lien qui se créera avec Sozuke est un lien indestructible qui ne peut laisser de marbre.
Au final, Miyazaki nous offre encore une œuvre grandiose. Le film est bouillant d’inventivité, de délicatesse et de poésie. C’est un film destiné aux enfants mais qui permet aux adultes de retrouver leur innocence et leur pureté. Tout est mignon et crée une bulle de joie dans le cœur qu’on ne voudrait jamais voir partir. La jeune fille d’une vingtaine d’année est partie émerveillée de son voyage, regrettant seulement de devoir quitter un univers si attachant.
