Texhnolyze

Texhnolyze

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Version française

  • Licencié: oui
  • Titre français: Texhnolyze
  • Editeur: Dybex

Doublage

Akira Haga (Ichise), Shizuka Itou (Ran), Hiroshi Tsuchida (Kaego Oonishi), Jouji Nakata (Motoharu Kimata), Kajiro Tanaka (Kano), Kumi Sakuma (Michiko Kouda), Masaya Kitade (Shinji), Mitsutoshi Okada (Haru), Shinya Kitade (Shinji), Shizumi Niki (Eriko Kaneda/Doc), Takashi Inoue (Kazuo Yoshii), Takehiro Koyama (Ancien de Gabe)

Synopsis

L'humanité est coupée en deux. A la surface on y vit peut-être bien. Mais sous terre une vie violente s'est développée. Encadrés par des groupes mafieux, les hommes cherchent à survivre dans cet environnement hostile à la lumière crue et artificielle.
Le salut viendra-t-il du retour à une humanité pure ? de la cybernétisation ? ou alors de cet étrange oracle qui semble hors de ce monde ?

Synopsis soumis par Beornide

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#Par Vit Zayder le 24/02/2009 à 22:13

Je n'ai vu que deux œuvres dans lesquelles Yoshitoshi Abe a joué un rôle. J'ai apprécié Haibane Renmei et mon cerveau a disjoncté sur Serial Experiments Lain. Alors quand je me suis penché sur Texhnolyze, je m'attendais au meilleur comme au pire.
Pour arriver à décrire mon sentiment, je suis obligé de spoiler plus que d'habitude. Néanmoins ça ne devrait pas gâcher l'œuvre dans son ensemble.

Autant le dire tout de suite, Texhnolyze, c'est de l'expérimental. Le premier épisode est tellement recherché à tous les niveaux qu'il en devient prétentieux et déroutant. On peut facilement décrocher ou rejeter ce qui semble être un sous-Lain voire un sous-Gunnm.
De plus, le fait qu'il y ait plus de dialogues durant l'épisode 6 que durant l'ensemble des 5 premiers épisodes n'est pas franchement engageant. Et pourtant, on se fait happer par ce style, cette ambiance, cet univers. Bref, il faut s'accrocher. Derrière, se dévoile quelque chose qui tient selon moi du chef d'œuvre...

Avec le recul, cet univers fait beaucoup penser à Gunnm. La ville de Lux, pauvre, glauque et désincarnée, dans laquelle les gens se prêtent à tous les vices, est dominée par des gens vivant dans des hauteurs inconnues et inaccessibles selon une routine que personne ne semble remettre en question.
Et au milieu de tout ça, des gens possédant des membres bioniques, les Texhnolyzed, dont le fonctionnement est intimement lié à la raison d'être de la ville : le Raffia, une ressource disponible uniquement sous Lux. Et qu'à cela ne tienne, les perturbations seront d'abord amenées par le Desty Nova local lui aussi venu de la surface (le Zalem local), Kazuo Yoshii.
Ceci dit, les ressemblances s'arrêtent là. Autant Texhnolyze est à la fois plus glauque, et psychologiquement violent que Gunnm, autant il est beaucoup moins trash et cyber punk. Sans parler de l'absence de combats excellement chorégraphiés.

Malgré de grands changements dans cet univers au cours de la série, on constate que les auteurs ne se servent de tout cela que comme d'un argument visant à une analyse ou plutôt un essai sur la nature humaine.
En effet, les thèmes apparents que sont la lutte contre le destin, la fin du monde voire la dégénérescence des sociétés fermées sont tous voués à l'analyse des personnalités complexes qui sont mises en scène. Chacun des personnages importants de la série ont tous des personnalités aussi originales et jamais vues que totalement déviantes d'une manière ou d'une autre.

Que ce soit l'aseptisée Doc ou le stoïque Ichise, tous cachent une volonté de violence et/ou des dérives psychologiques profondes. A la manière de Paranoia Agent, l'impression que l'on a, c'est pourtant qu'ils ne sont que les incarnations exacerbées de sentiments que l'on a tous un jour ressentis sans se l'avouer.
Cela participe à cette impression globale de dégénérescence et de désespoir. Et malgré tout, on se rend compte que si tous tendent vers leurs vices et/ou la destruction de l'autre, ils sont initialement motivés par une envie de vivre démesurée.

Cette ambivalence vie/mort est l'ossature de Texhnolyze. Grossièrement résumée, la thèse des auteurs semble être qu'il faut détruire pour pouvoir vivre plus que survivre et cette pulsion amènera à se détruire soi-même. Bien que glauque, il n 'y a pas là de réel pessimisme ou misanthropie.
Au contraire, on loue l'individu et son envie de vivre et d'évoluer tout en constatant qu'en faisant cela, l'homme crée une société qui finira par le détruire en tant qu'espèce.

On retrouve aussi une analyse des différentes manières que l'homme à de s'associer pour assouvir ces pulsions de vie/mort. On trouve le gang des Racans fonctionnant comme des groupes de Hooligans, frappant pour vivre, la secte de l'Union ou l'organisation mafieuse des Organos.
On a là trois types de "groupements humains" servant cette théorie qui veut que l'homme se groupe pour assouvir ses pulsions de vie mais que ce même groupement l'amènera à détruire et à être détruit.

L'espoir n'est guère présent, pas plus que l'humour. On est oppressé du début à la fin par la violence physique et psychologique dépeinte et cette ambiance de fin du monde où les survivants de l'humanité semblent vouloir joyeusement s'entretuer de la manière la plus horrible possible.
Et cela implique une trame parfaitement rythmée. Si cela devient lent, c'est que cela sert l'intrigue. Sans oublier des révélations particulièrement bien placées et une conclusion magnifique mais pas imprévisible, servant de point d'orgue à la tragédie d'Ichise.

Le chara-design original et précis participe au réalisme ambiant. Les séquences d'action, très bien réalisées à tous les niveaux, rendent compte de la violence extrême dont est capable l'être humain. La précision chirurgicale des armes des Ombres est même dérangeante au plus haut point, cette manière de trouer purement et simplement la matière. Violent et propre.
Les plans fixes de décors magnifiques mais vides accroissent le sentiment d'oppression. Pour décrire la société particulière de la surface, les auteurs utiliseront même pour les décors des techniques et des couleurs habituellement utilisées pour provoquer les sentiments inverses de ce qu'ils nous procurent dans Texhnolyze.
On atteint dans les derniers épisodes le paroxysme de cet "anti-graphisme". Quand le Soleil et la nature deviennent l'apanage des Enfers...

Texhnolyze possède donc une animation et une "beauté" visuelle de très haut niveau pour un anime de 2003. Avec une mention particulière à Doc, qui est l'un des personnages féminins les plus magnifiquement réalistes qu'il m'ait été donné de voir dans un anime.

Quant à la bande son, c'est un chef d'oeuvre en soi. On côtoie les hauteurs et l'OST de Texhnolyze avec ses musiques tantôt jazzy, tantôt ambiance flippante, tantôt country tantôt électro technoïde assourdissante peut tutoyer les OST de Cowboy Bebop ou Samurai Champloo. A noter un opening magnifique.

Dans une variation de la théorie du bon sauvage de Rousseau, Texhnolyze soutient plutôt que si l'homme n'est pas forcément bon à l'origine, il recherche toujours la vie. Mais c'est lui qui se créera cette société qui le pervertira et le détruira.
Il y a certainement beaucoup d'autres choses à analyser dans cet anime. Je n'ai cité là que ce qui me semble être l'essence de Texhnolyze.

Servi par un visuel saisissant et une bande son extraordinaire, Texhnolyze est pour moi un chef d'oeuvre. Son seul point faible à mon sens : son imperméabilité, sans doute supérieure à Serial Experiments Lain bien que spirituellement plus accessible. Bref, puisqu'on peut facilement détester, je tempère ma note. 9,5 au lieu de 10...donc 10. Ce sera la touche d'optimisme en offrande à cette série !

10/10

#Par beragon le 19/05/2008 à 20:08

"Science sans conscience n'est que ruine de l'âme"

C'est probablement une des réflexions que l'on pourrait tenter en voyant les premiers épisodes. Dans cette ville prédominée par la mafia dont les texhnolyzés qui ont renoncé à une partie de leur chair. L'ambiance est magnifiquement retranscrite, glauque, oppressante, le personnage central ne dit pas un mot durant les premiers épisodes, ce qui renforce cette oppression. Et rapidement, on a droit a un florilège de personnage et de seconds couteaux dont certains dotés d'un potentiel remarquable. Tout ce petit monde se démène dans cette ville, appelé paradoxalement "Lux" (lumière) perdue dans les tréfonds des strates géologiques de notre bonne terre.

Dans Lux tout orbite autour de la texhnolyze, la lumière, tout provient de la tour central, ce gigantesque édifice turgescent rythmant la ville... en tout cas, le héros n'est vraisemblablement pas en phase avec le rythme de la ville, ce bien qu'une pythie des plus charismatique lui annonce qu'il sera le provocateur de l'apocalypse. Diantre, une œuvre à caractère messianique ?

Aurait on droit à une œuvre de fort calibre avec une réflexion derrière.. Non hélas, la déconvenue est rapide, On peut remballer le champagne et décommander les chœurs. Car l'ennui darde vite son nez, on commence à avoir de gros doute, a-t-on lobotomisé le héros ou ses prothèses incluent elles une transfusion de Tranxène v10000 ( à un point ou j'aurai presque envie de l'appeler Margarett Burton (Madlax)).

Un des points regrettables, ce sont les thèmes abordés, texhnolyze, destin ou fatum, qui auraient pu donner lieu à des réflexions ou jouer un rôle plus prépondérant dans le scénario sont tout bonnement ignorés. Tout ce que l'on voit est un monde en perdition qui s'éteint comme un pétard mouillé en cédant à son hibris. Le scénariste n'a même pas la cruauté de leur donner un espoir réel et tangible, quelque chose qui aurait tenu en haleine le spectateur. Aucun des personnages ne cogite, tous suivent le fatum sans s'attacher aux autres.

C'est un beau gâchis à mon sens que nous livre l'équipe ayant donné Serial Experimental Lain, (à croire qu'ils ont cramé leurs neurones sur ce coup là). Le début était prometteur, certains des personnages secondaires avaient un potentiel énorme, mais nous n'avons là qu'une œuvre profondément pessimiste, presque nihiliste et misanthrope. Si encore les thématiques avaient été traitées, mais non, elles ne laissent place qu'à un spectacle morbide.

Une immense déception en somme... "Scénario sans espoir n'est que ruine du spectateur."

4/10

#Par Beornide le 12/11/2007 à 23:56

J'ai regardé cet anime récemment. Amateur d'environnement cyberpunk j'en attendais beaucoup.
Dans l'ensemble, j'ai été déçu. Je trouve qu'il manque à cet anime une touche d'espoir ou d'optimisme. Certes la vie n'est pas rose dans cet enfer souterrain, mais est-ce une raison pour que tout le monde semble se vouer à la mort ?
Si ce n'était qu'un choix scénaristique (esthétique) cela aurait été défendable. Mais sur 22 épisodes cette absence de futur finit par peser sur le futur même de la série : vais-je regarder le prochain épisode ?

Pourtant tout n'est pas mal dans cet anime. Graphiquement et au niveau de l'animation, c'est du très grand. Les jeux d'ombres et de lumière sont magnifiques, les plans fixes superbes et les animations dynamiques. Les personnages sont expressifs (trop ?) et ont une garde robe variée (cela peut paraitre idiot, mais ces animes où les personnages portent plus ou moins les mêmes habits du début à la fin me fatiguent).
La musique est bonne aussi (ah ! l'ouverture !)

Bref, plastiquement cet anime vaut le détour.

Mais le scénario pêche par excès de pessimisme et par des personnages franchement peu charismatiques.
Scénaristiquement, la trame avait de l'allure pourtant ! Cette ville souterraine, pourrie par les mafieux, désespérée et mystique pouvait fournir un bel environnement !
Las ! Les personnages n'évoluent pas. Ils ne tentent rien pour se sauver, sauver les autres ou défendre un idéal. Ils n'ont pas plus d'idée et de volonté que leur archétype le laisse supposer dès le début. Certes ils sont mystérieux, mais c'est juste parce que le scénariste brouille les pistes. Une fois la lumière faite (6 épisodes) l'ennui guette.
On espère alors s'attacher à eux, malgré leurs défauts et leur molesse, mais c'est un tel effort qu'on renonce assez vite. Autant essayer de s'identifier à des bidons d'huile.

Le plus ironique dans tout cela c'est qu'on assiste en 20 épisodes à un chamboulement planétaire, mais que l'on a l'impression que rien ne bouge. J'imagine que cela est voulu. Mais n'est pas Shohei Imamura qui veut, et là, ça tombe à coté.

Bref, de bien belles choses, un monde intéressant, mais ces efforts gâchés. Dommage ...

(je mets 6 parce que c'est quand même superbe et qu'il y a des passages somptueux)

6/10

#Par nethasep le 24/11/2006 à 20:27

J'ai acheté les DVD au départ sans trop savoir de quoi il en retournait.
Je n'ai pas été déçu du tout!
Texhnolyze est un chef d'oeuvre. Dans un avenir incertain, l'humanité a été coupé en deux, certains vivant à la surface, d'autres ayant été bannis dans les profondeurs de la Terre, dans une nouvelle cité, Lux (Lumière qui est en cet endroit totalement artificielle...). La cybernétique règne, mais est l'enjeu de luttes incessantes.
Dans cette cité, des clans se disputent le pouvoir, et c'est là que les choses se compliquent dans le scénario... Les personnages principaux sont multiples, les secondaires encore plus et tous participent à l'enchaînement tragique de l'histoire.
Si les premiers épisodes peuvent paraître lents, incohérents, incompréhensibles, comme je le croyais initialement, il ne faut pas se bloquer sur cette impression. La suite se révèlera riche en rebondissements et événements.
Côté graphique, c'est lèché, c'est beau, le chara-design participe parfaitement à l'ambiance, tant dans l'expression des traits des personnages que dans l'action.
Enfin musicalement, j'ai surtout retenu le génerique du début, mélange électro-rock. Rien à redire.
Si votre credo, ce sont les histoires complexes dans un monde apocalyptique, jetez-vous sur Texhnolyze!

10/10