Ma première impression sur 2025, c’est que c’était une très bonne année avec une bonne qualité globale et un nombre toujours plus important de séries qui sortent chaque saison. J’en arrive à un point où je me sens débordé et je ne peux plus suivre toutes les séries à potentiel. Cela vient notamment du nombre impressionnant de suite qui arrive en permanence.
Nous avions quitté 2024 en plein milieu de l’histoire d’une grande œuvre avec
Du Mouvement de la Terre. Il est rare d’avoir des animes autant en maîtrise sur sa narration et qui nous invite à réfléchir et à nous poser devant l’étendu de l’univers.
Comme je le disais en introduction, j’ai regardé beaucoup moins d’
Isekai et fantasy du genre.
J’en retiendrais trois cette année qui se sont démarqués. Déjà, la fin de la saison 3 de
Re:Zero rempli ses promesses et conclut un arc tout en action rempli de scènes impressionnantes. En usant peu du pouvoir de Subaru, le récit a gagné en tension et en enjeux, même si l’imbattable Reinhard reste un problème.
A côté,
Clevatess nous a proposé un récit de Dark Fantasy comme on en voyait plus trop en anime. Le monde est brutal, les humains sont de simples pions sur l’échiquier. La direction artistique nous rappelle les années 90 avec ses gros traits et ses séquences sanglantes. Bien qu’il ne soit pas si facile de rentrer dans l’histoire, on finit par s’attacher à la petite troupe qui suit Clevatess.
Enfin,
Zenshu aura été la belle surprise. Voici un Isekai avec du style, des ambitions et des choses à raconter. L’ambiance y est sombre et oppressante vu que l’histoire se déroule dans le dernier bastion d’un monde sur le point de disparaître. A travers les pouvoirs de l’héroïne, la série est aussi un hommage au monde de l’animation.
Pour la partie action, l’année a été généreuse. La saison 2 de
Solo Leveling monte d’un cran,
My Hero Academia finit en apothéose pour sa conclusion et
Dandadan continue avec ses affrontements improbables. Parmi les nouveautés,
Gachiakuta apporte un univers tiré droit de
Gunmm et des design plutôt stylés ainsi qu’un système de pouvoir assez original. Le mystère qui entoure ce monde est assez intrigant pour espérer une saison 2.
Moonrise aura aussi proposé de la belle action et rend la série agréable malgré l’histoire qui souffre un peu vers la fin.
Bullet/Bullet est une belle course effrénée avec des scènes d’actions toujours plus dans l’excès et un chara-design bien coloré et plaisant.
Mais la série qui aura été le plus fun pour moi, c’est
Ninja vs Gokudo. On est dans l’exagération avec des têtes qui volent et continuent à nous raconter leurs backstory dramatiques. C’est un mélange entre violence décomplexée et sentiment ambigu. Les moyens sont plutôt faibles pour l’animation, mais pourtant, on ressent l’intensité des confrontations.
Dans un style qui touche plus au fantastique qu’à la fantasy en parsemant d’un peu de tranches de vie,
Bunny Girl Senpai revient avec une nouvelle saison toujours aussi plaisante à suivre grâce à son couple de protagonistes plus charmant que jamais.
De même, les aventures de la magicienne de
Once Upon a witch’s Death sont bien ancrées dans un quotidien relativement ordinaire. La série réussit bien à monter les enjeux dramatiques pour en faire ressortir les émotions.
On pourrait presque glisser
Sanda dans cette catégorie également, mais l’anime est tellement singulier que c’est difficile de le classifier. L’univers est totalement unique tout comme sa patte graphique et ses personnages que la série est sans conteste une des œuvres marquantes de l’année. Elle tente de redéfinir la différence entre enfant et adulte d’une manière assez particulière et parfois cruelle.
Dans le monde des mystères et enquêtes en tout genre, nous avons été encore une fois particulièrement bien servis cette année. Déjà,
les Carnets de l’Apothicaire nous propose une seconde saison très solide qui prend une nouvelle envergure en sortant des murs du palais. C’est l’un des animes de l’année en ce qui me concerne.
Mais, il n’est pas seul à nous avoir régalé de ces mystères. La seconde saison de
Toilet-Bound Hanako-kun a aussi confirmé sa qualité narrative et la force de ses personnages. Les révélations autour de Nene amène une bonne tension qui donne envie de s’investir et de voir comment elle va s’en sortir.
Dans les grands revenants,
Black Butler revient avec une enquête particulièrement soignée et une ambiance victorienne toujours aussi efficace.
Call of the Night, sans faire de bruit, nous propose un bon arc narratif pour l’ensemble de cette saison. La série mise moins sur son ambiance, mais elle met en avant ses personnages avec leur passé, leur complexité et leurs angoisses Il y avait juste ce qu’il faut de tension pour que l’on ne décroche pas les yeux de l’écran.
Après avoir séparé nos protagonistes en saison 1,
Shoshimin les réunit à nouveau sans qu’ils soient totalement du même côté. Osanai reste un personnage fascinant avec sa moralité à géométrie variable.
Elle se rapproche d’ailleurs pas mal de la protagoniste de
Tasokare Hotel sur ce point. La série mêle enquête et dilemmes moraux au sein d’un lieu où les âmes perdues se rassemblent pour se diriger vers l’au-delà ou retourner sur Terre.
Dans un genre mêlant SF et romance, nous avions la recherche d’identité de
Kowloon Generic Romance. L’anime puise sa force dans son atmosphère poisseuse et nostalgique et dans ses personnages qui ont du mal à décrocher de leur passé.
Je me suis un peu réconcilié avec les comédies cette année. Le retour de
Grand Blue a aidé un peu, celui des
100 petites amies beaucoup plus. Je suis assez surpris que la série parvienne à tenir son concept et à me décrocher de plus gros rires qu’en saison 1.
Mais, les deux comédies qui ont eu les meilleures tranches de rires pour moi sont
From Bureaucrat to VIllainess et
A ninja and Assassin under One Roof. Le premier est une parodie du genre villainess avec un humour qui joue sur le décalage entre le personnage principal et sa présence dans un otome game. C’est bien rythmé, l’animation est soignée, du bel ouvrage en somme. L’autre s’appuie sur ses situations absurdes, ses morts ridicules et quelques running gags qui font mouche. En plus, il sait se rendre attendrissant et nous mener gentiment vers une petite romance fort appréciable.
Si vous voulez des petites séries détente avec un peu de rigolade, vous pouvez aller au
Food Court, une série tout en dialogue entre deux lycéennes qui parle de tout et de rien. Ou sinon, direction le
Milky Subway, une mini-série rafraîchissante avec là aussi de bons dialogues et une mise en scène très efficace. Elle parvient à raconter beaucoup en peu de temps pour nous attacher aux personnages et à leur galère.
Mais, si on doit parler de mise en scène et de réalisation, c’est difficile de ne pas parler de
City.
Kyoto Animation nous a fait une démonstration de son talent avec des scènes incroyables. Animer une ville entière avec ses personnages haut en couleur, en passant de situations absurdes, de moments drôles à des scènes émouvantes, c’est un sacré accomplissement.
Les animes Tranche de Vie n’ont pas été en reste non plus. La nouvelle adaptation d’
Anne Shirley nous propose une véritable immersion dans la vie d’une jeune fille du 19ème siècle. La fougue et le fort caractère d’Anne (avec un e) sont un véritable plaisir à suivre. Du moins dans la première moitié de la série, la suite a un rythme trop rapide pour apprécier les décisions de notre héroïne aux cheveux rouges.
Dans un style plus classique pour le genre,
Ruri Rocks délivre un festival d’animation et d’expressivité pour ses personnages ce qui n’est pas étonnant venant du studio derrière
Onimai et
Mushoku Tensei. Le cadre reste lui très simple avec ces jeunes filles qui découvrent le monde de la minéralogie.
Puis, il y a
Mono, par l’autrice de
Yuru Camp. Un petit club de photographie vit des aventures dans les beaux paysages des montagnes japonaises. Il nous régale au niveau de l’animation et de son humour. Le personnage chaotique de Sakurako est un plaisir à suivre tout comme Taishou, le chat le plus libre du monde.
J’aurais bien ajouter dans cette catégorie un autre inclassable,
Trillion Game. Mais bien que l’on suive l’histoire de la création d’une start-up, on est bien plus dans le thriller et la série à suspense. Une proposition inhabituelle, mais qui fonctionne très bien et brille par ses personnages ambitieux.
Plongeons désormais dans la romance qui a eu le droit à de nombreuses séries, mais pas forcément de gros coups de cœur.
Chez les suites,
My Dress-up Darling continue d’impressionner par ses performances d’acting, mais délaisse un peu l’aspect romance pour se concentrer sur le cosplay.
My Happy Marriage conclut les intrigues de la saison précédente avec pas mal d’action au passage et pourrait s’arrêter là.
Aharen-san nous apporte sa conclusion et ça fait très plaisir de retrouver toute cette bande une dernière fois.
Parmi les nouveautés, je me suis pris d’affection pour
Okitsura. J’aime l’ambiance, le côté dépaysant d’Okinawa, le vrai-faux triangle amoureux. C’était mignon mais il y manque une conclusion véritable.
Honey Lemon Soda démarrait plutôt mal pour moi. Je ne suis pas fan de ce genre d’héroïne qui se lamente et se laisse marcher dessus. Mais, elle finit par se réveiller, prendre sa vie en main. Finalement, c’est une belle progression de personnages à laquelle on assiste. On a le droit à un couple qui se serre les coudes et c’est une belle chose.
Mais l’anime qui marque dans ce domaine cette année, c’est
Bloom.
Cloverworks a mis les moyens au niveau des visuels pour l’adaptation attendue de ce très bon manga avec des personnages attachants et en constante évolution. Mais ce n’est encore que l’introduction à ce qui fait vraiment l’intérêt de cette histoire : voir grandir ces ados, les voir penser à leur avenir, naviguer vers leurs rêves aussi simples soient-ils.
Au milieu du désert des animes de sport en cette année, on a eu le droit à l’excellent
Medalist. L’histoire brille par son duo athlète/entraîneur qui forment une équipe parfaite. L'entraîneur qui à travers ses échecs passés met tout en œuvre pour faire que son élève n’ait jamais à éprouver de regrets. C’est fait avec sérieux, c’est adorable et efficace.
En revanche, je n’ai pas vu venir le plaisir que j’ai pris à suivre
Uma Musume Cinderella Gray. Je ne connaissais rien à la franchise, je pensais venir sur quelque chose un peu ridicule, pas trop sérieux. Mais, la série s’est révélée être une excellente série de sport avec de très belles rivalités. Elle est aussi soutenue par un enchaînement rapide compétitions sans que l’on ai des courses à rallonge. Bref, c’est efficace, c’est intense et c’est beau.
Du côté des films, l’année n’en a pas proposé beaucoup. Mais, j’en ai vu deux très beaux. Le film
Chainsaw-man était impressionnant, une histoire qui se tient dans le film, un spectacle visuel permanent, une bonne adaptation en somme. C’était un très bon format pour adapter cet arc du manga.
L’année s’est achevée par un excellent film de sport :
100 mètres. Proche d’un
Ping Pong, on assiste à une belle rivalité et à une belle réflexion sur le sport et la vie en général. L’utilisation de la rotoscopie était très intéressante en termes d’animation et ajoutait une touche de réalisme appuyant encore un peu plus la maturité de la narration.
Pour finir, il est temps de parler de mon chouchou :
Apocalypse Hotel. C’est un anime original qui bénéficie d’une bonne production en touchant à tous les genres. On passe par tous les états en suivant cette œuvre : rire, larme, joie, réflexion, introspection. Bref, c’est un anime qui cache son jeu derrière son histoire absurde pour nous parler de la vie sous différents aspects. Il a donné lieu à mon épisode préféré de l’année avec son onzième épisode où les dialogues sont relégués au second plan. Merci Uma Musume de permettre à Cygames de sortir des animes comme ça!
En conclusion, l’année a été très dense. Il y a encore bien une quinzaine de séries que je pourrais recommander tellement il y avait à faire. Bref, j’ai pris beaucoup de plaisir et si je devais remercier cinq séries, ce serait en premier lieu Apocalypse Hotel puis Du Mouvement de la Terre, Les Carnets de l’Apothicaire, City et Sanda.