20th Century Boys est une série à déconseiller à tous ceux qui ont peur de ne plus vouloir faire autre chose que de lire la suite.
Je m'explique. Tout commence par la présentation de petits garçons qui, dans les années 1970, imaginent une "histoire de gamins", dans laquelle ils seraient des justiciers qui protègeraient la Terre contre des méchants extraterrestres dont le but serait d'anéantir l'humanité toute entière, et consignent toutes leurs idées dans un cahier. En 1999, on retrouve ces mêmes garçons, qui ont réussi leur vie plus ou moins bien, forcés de s'unir pour lutter contre un mystérieux individu se faisant appeler Ami, et qui utilise la marque et les plans qu'ils avaient imaginés enfants pour détruire l'humanité...
Et là, les évènements s'enchaînent avec une telle virtuosité, les flash-backs et les sauts dans le temps (années 1970-1999-2015 et même après) se suivent d'une manière logique et sans aucune contradiction, dévoilant tour à tour la réponse aux nombreuses énigmes posées au cours de l'histoire, tant et si bien que l'on peut difficilement arrêter sa lecture, avec comme motivation l'envie de connaître la vérité ultime : qui est Ami?
Au-delà de ce scénario orchestré de main de maître par Naoki Urasawa, le graphisme est vraiment intéressant et adapté au ton adulte de l'histoire : on retrouve de plus d'une manière impressionnante les traits des personnages au-fur-et-à-mesure de leur vieillissement.
L'auteur invente un futur cohérent et terrifiant, où une société totalitaire règne sur l'ensemble du globe et où la manipulation et la corruption sont les clés du pouvoir. Il aborde aussi bien évidemment la thématique de la liberté et de la résistance face à l'oppression, ainsi que celles de la religion et des sectes, à travers le portrait de personnages forts, tourmentés ou simplement manipulés, mais dont la psychologie est détaillée avec grand soin.
Il y a de plus de nombreuses références à la culture musicale des années 1960-1970, la musique jouant un rôle vraiment important dans l'histoire, en tant que symbole de la lutte contre l'aliénation de l'humanité.
Vous l'aurez compris : ce manga est véritablement passionnant et offre plusieurs niveaux de lecture qui le destinent à un public adulte adepte de thrillers diaboliquement efficaces.
Seul "petit" (gros) bémol : pourquoi avoir choisi de clôturer la série en publiant plus tard une autre série en 2 tomes, bien-nommée 21st Century Boys? Ceux qui auront lu la série seront sans doute d'accord avec moi, j'étais extrêmement frustré à la fin du tome 22 : j'attends de lire la suite avant de me faire une opinion sur cet état de fait, mais pour l'instant cela diminue "un peu" la note que j'attribue à cette oeuvre. Dommage...
Tous ceux qui ont osé approché cette oeuvre vous le diront, elle peut provoquer un tel sentiment d'addiction que l'attente entre deux tomes peut tourner au cauchemar. J'ai donc commencé la lecture de cette série en me demandant si cette opinion générale était issue d'un véritable ressenti collectif ou un mythe sans réel fondement.
Comme à l'habitude, les premières impressions sont données par le dessin et le chara design. On retrouve bien entendu le style graphique de "Monster" mais le trait apparaît mieux maîtrisé. Les décors semblent plus détaillés, les moments de tension ressortent plus et le charisme de certains personnages est bien mieux développé. Autre avancée notable, une mise en page beaucoup plus dynamique, parfaitement utilisée pour, soit accentuer les moments de tensions, soit créer un suspense digne d'un grand maître. Nos pupilles ne s'ennuient pas et c'est tant mieux.
On découvre ensuite la galerie des personnages. Et là aussi ceux qui ont lu ou commencé à lire "Monster" ont dû constater quelques analogies, avec notamment la mise en situation des personnages principaux (un héros à la vie banale dont la vie bascule, une jolie héroïne dont un proche membre de famille est un "monstre"). La psychologie des personnages ne montre pas de faille, on s'y attache sans problème et on découvre rapidement que les personnages ont tous un rôle à jouer, même ceux dont l'influence sur la trame nous paraît comme insignifiante.
Et de fil en aiguille, nous arrivons à ce qui fait de 20th Centuty Boy ce qu'il est : le scénario. Si dans la vie on n'aime pas généralement se faire mener par le bout du nez, en lisant cette série cela devient du pur bonheur. L'auteur, dès les premières pages, nous embarque dans son labyrinthe scénaristique où il distille révélations, indices et évolution des personnages. Il joue sans aucune difficulté entre les différentes trames et il s'amuse à nous perdre pour mieux nous montrer une possible sortie. A l'instar d'un "Ami", il nous manipule dans son univers, nous nous interrogeons sur notre futur et nos convictions.
Associé à son dessin, l'auteur nous livre par conséquence une véritable machine à suspense et on peut se rendre compte rapidement que l'insoutenable attente entre deux tomes est finalement proche de la réalité.
Cependant, à trop vouloir monter la tension, à trop vouloir nous perdre dans les méandres sinueux de son histoire, on se dit que l'auteur pourrait bien faire passer le gout délicieux de son manga aux lecteurs. Et à prendre une route trop longue, il pourrait bien décourager son lectorat et faire perdre à son manga son exeptionnelle charge émotionnel. Mais il n'en est rien. Les tomes passent, le bonheur reste intact et l'attente est toujours aussi difficile.
Alors ne passez pas à côté de cette oeuvre grandiose, jetez-vous sur le premier tome et constatez son unique gros défaut : son prix...
Urasawa est considéré à ce jour comme un dieu au Japon, le roi du manga actuel, le successeur du grand Tezuka, lui même père du manga moderne.
Et si vous avez lu Monster, vous vous attendrez à quelque chose d'au moins aussi énorme que cette autre excellente série.
Et bien oui, j'ai dit "excellente série" car on parle bien d'excellence ici également.
20th Century Boys est la crème du manga actuel.
Esthétiquement d'abord, Urasawa cherche d'abord à dessiner des personnages vraissemblables. Les protagonistes de cette série n'ont donc pas la "classe ultime" comme certains héros de shônen, mais on a l'impression qu'on pourrait les rencontrer dans la rue.
Urasawa retranscrit le réel avec talent.
Toutes ces planches sont faites pour que vous plongiez sans aucune retenu dans l'univers de son manga, qui encore une fois, aurait très pu être le nôtre.
Le scénario voyage de 1969 à 2014 en passant par l'avénement du nouveau millénaire. Même si ce jonglage chronologique peut destabiliser au début (et encore ça voudrait dire que vous êtes difficile :P), on s'y fait très vite et on se rend vite compte que ça ne rend le scénario que plus attrayant.
Il n'est pas rare d'arriver à un tournant décisif du scénario en 2001, et de se retrouvé la page suivante en 1969.
Chaque événement prend sa source dans le passé, et aura des conséquences dans le futur.
Urasawa nous fait littéralement voyager d'époque en époque : on ne s'ennuie jamais !
Chaque personnage affirme sa personnalité grâce au dessins précis de ce génie de mangaka. Ils sont d'ailleurs très nombreux, et je trouve qu'ils sont un peu moins approfondis que dans Monster, le plaisir n'y est en rien gâché et ce n'est qu'une remarque subjective ^_^.
Précipitez-vous donc sur ce chef-d'oeuvre, vous ne le regretterez pas ;).
Au jour d'aujourd'hui, Naoki Urasawa n'a plus à démontrer son talent en tant que mangaka. Après Monster, voici son dernier seinen, fabuleux mélange entre thriller et fantastique. 20th Century Boys est une oeuvre remarquable, de part son graphisme, son scénario et son déroulement. Gros plan sur l'un des meilleurs seinens de ces dernières années.
Si l'aspect visuel n'est pas le point le plus intéressant du manga, il faut tout de même avouer que l'auteur a un sacré coup de crayon. Décors fouillés, persos détaillés et facilement dissociables, mise en page claire. Urasawa a un style semi réaliste du plus bel effet. Les persos ne sont pas tout forcément des canons, mais cela leur donne un côté plus humain.
Les différents protagonistes qui apparaissent de façon souvent alternée durant tout le manga sont tous riches psychologiquement et chacun apporte sa part d'importance à l'oeuvre. Bien qu'il y est tout de même quelques "héros", les personnages secondaires sont bien introduits et parfois très étonnants (qui aurait cru que la lycéenne Koizumi allait être un élément si important?). Cette palette de personnages riche en couleurs donne un côté très réaliste à l'oeuvre, si bien qu'on pourrait se demander si un véritable Ami ne pourrait exister dans notre monde, tant tout cela nous paraît si réel.
La plus grande force du manga réside en effet dans le scénario ingénieux sorti de la tête de Urasawa. Usant de façon intelligente des flashbacks, l'auteur nous plonge dans un monde sombre, proche de la réalité, où les réponses aux questions de chacun sont souvent dans le passé. Un gonglage réussi entre les différentes époques qui dynamise le récit et apporte les explications au moment opportun.
Après de tels éloges, une question subsiste : il y a t'il des défauts à 20th Century Boys? En ce qui me concerne, la réponse est oui. Pour moi, la plus grosse lacune de ce manga vient de sa plus grande force : le scénario. En effet, malgré le côté volontairement réaliste, certaines scènes ou évènements manquent parfois de crédibilité et nous rapellent un peu trop souvent que nous sommes face à une fiction. De plus, arrivé à presque 20 tomes, l'ensemble commence sérieusement à s'essouffler et on se demande vraiment comment tout cela va finir. Ajoutons aussi que l'importance ou l'apparition de certains personnages reste discutable, mais ça reste une question de goût.
Mais malgré tout, j'encourage vivement chacun d'entre vous à foncer sur ce seinen qui est une pure merveille. Il vous fera passer de longues heures de bonheur et de tension afin de découvrir qui est Ami et qui pourra l'arrêter. Et surtout, ne soyez pas rebuté par les couvertures qui, je l'avoue, ne sont vraiment pas belles. Il ne faut pas juger un livre à sa couverture. Ici, ça cache vraiment un sacré trésor!