20th Century Boys

20th Century Boys

Informations générales

Version française

  • Licencié: oui
  • Titre français: 20th Century Boys
  • Editeur: Panini Manga

Synopsis

20th Century Boys a reçu le Prix de la série au festival d'Angoulême en 2004

Kenji est un jeune homme tenant la boutique de son défunt père après l'avoir transformée en convini. Mais un jour, suite à une visite de la police, il apprend l'existence d'une organisation dont le chef est un certain "Ami". Apparement impliqué dans diverses affaires louches, Kenji découvre petit à petit qu'il existe alors des liens entre ce dernier et son enfance. C'est à ce moment qu'il croise la route d'un homme mourant appartenant à cette organisation. Celui-ci lui affirme, avant de lâcher son dernier soupir, qu'il est le seul à pouvoir sauver la terre d'Ami...

Synopsis soumis par Beck

#Par Kenji Endo le 03/04/2009 à 20:41

Ce manga est le meilleur qu'il m'est été donné de lire. Une fois commencé, vous ne pourrez vous passer de la suite comme si votre vie et celle des personnages en dépendaient.
Une très bonne histoire, avec des justiciers sans pouvoirs, aussi humains que vous et moi, qui doivent sauver le monde… Dis comme ça, ça a l’air de rien, mais on ne peut faire mieux comme résumé.
Objectivement: Urasawa n'a plus à nous prouver qu'il sait raconter une histoire (Monster, Pluto), en économisant ses planches pour des scènes sensées et jamais gratuites, chaque réplique étant une note nécessaire à sa grande composition. Son dessin assume avec charisme le genre standard du manga (corps et décor réalistes, primauté aux codes émotionnels du visage) tout en étant le plus personnalisé possible : le design est varié, presqu’européen dans la manière de faire les nez et de représenter les ethnies, tout les protagonistes brillent par leur authenticité et (en bon mangaka-encyclopédique) les héros sont des cocktails subtils d’anciens archétypes de l’histoire du manga (et parfois d’ailleurs) ce qui renforce l’intérêt de les étudier par moment.
Son manga n’est pas un vulgaire syncrétisme de la culture japonaise, mais plutôt la mise en évidence qu’on ne peut que mieux « créer » qu’en étant conscient de ce qui se faisait avant.
A cela s’ajoute son talent à instaurer une addiction à l’histoire. Parfois, il joue sur l’ironie de cet effet commercial propre à la littérature en terminant son tome par un effet inattendu tout en conservant la classe de son univers. (Kenji sur sa moto est comme un Don Quichotte)
Je ne m’attarderai pas sur les personnages ou l’intrigue.

Subjectivement, ce manga me touche comme il a du touché le public des années 70 à 90. Chacun pourra y retrouver un fragment de son passé de fans de manga. L’univers de l’enfance, de l’amitié, des jeux de gentils et de méchant, de bande de potes, de paranoïa de la fin du monde, de manipulation, d’obsession à se souvenir du passé ou le retour des amis enfin ensemble ; tout ces thèmes sont exploités en déviant les facilités, dans une atmosphère maitrisée par le perfectionnisme réputé de l’auteur. Je vous conseille de le lire sur du Philip Glass (Truman Show, Koyaanisqatsi, Mishima, Akhneten…) tant je soupçonne l’auteur de sans être inspiré (on retrouve une reprise de 20th century boys dans l’un des albums cités).
Entre Alan Moore, Tezuka, Otomo, Eisner et Stephen King (ça, cœurs perdus d’Atlantis), sans pouvoir comparer avec plus approximatif.

Bonne lecture grands chanceux et chanceuses.

10/10

#Par Sacrilège le 29/03/2009 à 13:59

Reprenant le scénario le plus utilisé des films, livres et animes de science-fiction, c'est-à-dire la destruction prochaine de l’humanité toute entière, Naoki Urasawa a réussi avec ce manga un incroyable tour de force passionnant, et dans le même temps, innovant. Ce n’est évidemment pas un hasard si 20th CB a reçu des récompenses venant du domaine de la bande-dessinée et même du monde de la littérature en son sens le plus large.

Alors même si l’histoire de base s’est déjà vue traiter des dizaines et des dizaines de fois, elle ne se cantonne pas à « une simple histoire de base » dont on pourrait encore se lasser. Ce qui rend cette histoire captivante, c’est l’implication du passé de tous les personnages, et ses conséquences envers le présent du monde entier. C’est cette permutation constante, entre le monde adulte actuel et le monde dit révolu de leur jeunesse, qui nous permet de comprendre l’enfance de Kenji, comprendre aussi l’enfance de ses amis de l’époque, et les causes des ennuis présents. Pas un seul temps mort en ces 22 tomes ne vient faire retomber les mystères emmagasinés au fur et à mesure des événements.
En outre, pour qu’une histoire soit palpitante – et là, je suis très subjective – il faut qu’elle soit réaliste dans la mesure du possible. J’adore la science-fiction quand, comme son nom l’indique à moitié, elle peut être explicable d’un point de vue scientifique. 20th CB est un manga SF oui, mais qui reste néanmoins réaliste, et par extension, crédible.

Crédible aussi sur le contexte des événements : contexte économique comme psychologique pour ne citer qu’eux en exemple. L’auteur nous montre ici que oui, une nouvelle guerre mondiale pourrait avoir lieu, même s’il n’y a presque personne pour contrer l’ennemi. On assiste ici à une guerre plus psychologique qu’autre chose : la peur peut unir les communautés comme les éclater, et il n’y a rien de pire que de n’avoir personne avec qui partager sa peur, personne sur qui s’appuyer pour pouvoir se sentir plus fort. La peur reste la plus grande faille de l’humanité, mais aussi sa plus grande force.
Le suspense qui accompagne nos aventuriers des temps modernes reste toujours palpable, reste toujours à portée de la main. Qui est Ami ? Son passé ? Son remplaçant ? Suspense très intéressant car il n’est pas forcément aisé à découvrir. Mission quasiment impossible quand on tente de se fier à l’une ou l’autre des multiples pistes données par l’auteur. En plus de nous embrouiller sur les événements passés et sur la psychologie des personnages, Urasawa nous livre sur un plateau de multiples points de vue sur des mêmes événements ; difficile alors de démêler le vrai du faux, de ce qu’on croit et souhaite voir. L’évolution des personnages principaux est là, et est inévitable. Même s’il y en a quand même une bonne tripotée et que l’auteur tache de nous en expliquer le plus possible, celle de deux personnes restent toutefois les plus intéressantes : Kanna et Ami. Partant d’un même dénominateur commun qu’est Kenji, ils vont tous deux forger ce qui deviendra leur vraie personnalité et leurs vrais buts, avec quelques chemins divergents, je le concède.

Pour parler de l’attrait artistique du manga (qui m’avait déjà conquise avec Monster, autant sur le fond que la forme), tout est ici parfaitement transmis au lecteur. Les expressions des personnages et leurs sentiments sont délicatement dessinés : ils sont humains, ce manga transpire l’humanité du début à la fin, et c’est aussi cela qui en fait tout son charme.

Pour conclure, je dois dire que même si je ne pense que du bien de cette série, je garde néanmoins une désagréable impression d‘inachevé. La fin n’a pas répondu à toutes mes questions et en a plutôt engendré de nouvelles. Mais attention, ceci est pour ainsi dire ma seule critique négative à son égard. Critique négative qui ne me pousse d’ailleurs ni plus ni moins qu’à lire la suite, à savoir les 21st CB.

10/10

#Par El Nounourso le 01/02/2009 à 15:50

Dans la lignée de Monster, 20th Century Boys déploie un scénario très complexe étalé sur presque 50 ans. Tout débute à la fin des années 60. On y découvre une bande de gosses qui se réfugient régulièrement dans leur base secrète, une cabane en herbe construite au milieu d’un champ. Le leader du groupe, Kenji Endô, élabore un cahier de prédiction mettant en scène un robot géant sensé détruire Tôkyô à l’aube du 21e siècle. A la fin de l’année 2000, tout se passe exactement comme le cahier l’avait prédit : un monstre de métal marche sur la capitale en diffusant un virus mortel. Le mystérieux gourou d’une secte en pleine expansion – Ami - parvient à contenir l’épidémie et endosse le rôle de sauveur de l’humanité. Kenji est alors désigné comme le responsable de la catastrophe, devenant ainsi le plus grand terroriste de l’histoire. Mais quelle est donc l'identité d'Ami, ce manipulateur masqué qui utilise le symbole de la bande à Kenji et qui s’est débrouillé pour que les prédictions de fameux cahier se réalisent ?

Difficile de détailler davantage l’histoire sans spoiler, mais deux « présents de narration » se dégagent : 1997-2000 et 2014-2018. Pour comprendre les évènements qui se déroulent pendant ces périodes, Urasawa utilise très fréquemment les flash-backs, en particulier ceux qui éclairent l’enfance des héros, aux alentours des années 70. Là où l’auteur frappe très fort, c’est qu’il réussi à ne pas pommer le lecteur en dépit d’une chronologie bouleversée et d’un très grand nombre de personnages. Ces derniers sont vraiment une des plus grandes réussites du manga. On n’a aucun mal à les différencier, autant graphiquement que psychologiquement. Un boulot énorme a notamment été réalisé sur la la personnalité des principaux protagonistes : Kenji bien sûr, mais aussi Otcho, Yoshitsune, Kana ou encore Kiriko. Chose plus rare, la plupart des persos secondaires sont vraiment travaillés et crédibles. Chacun a son rôle à jouer dans l’avancement du scénario, aussi modeste soit-il. En bonus, les amateurs apprécieront sans doute les multiples références au rock et aux mangas des années 60.

Le dessin est très bon même si le chara-design manque parfois de finesse par rapport aux environnements très détaillés. La relative simplicité des visages n’empêche nullement Urasawa de les rendre très expressifs et facilement reconnaissables. L’émotion passe très bien et il m’est arrivé à plusieurs moments d’avoir les larmes aux yeux (je dois sûrement être un grand sensible, au fond). En dépit de quelques belles pointes d’humour, 20th Century Boys reste avant tout un drame poignant. Quant à l’aspect anticipation, il fait vraiment froid dans le dos : un mélange glaçant de manipulation de masse, de culte de la personnalité et de restriction drastique des libertés. A priori, l’histoire du robot géant pourrait sembler ridicule, mais la façon dont tout cela est traité ne prête pas à sourire. Le seul reproche que je ferai concerne la fin, un peu trop précipitée. Ce n’est pas tant le fait qu’il subsiste des zones sur certains éléments clés du scénario, mais plutôt l’impression que l’auteur n’a pas pris le temps de conclure convenablement son oeuvre. Espérons que la suite 21st Century Boys corrigera ce petit souci.

20th Century Boys est un récit d’anticipation brillamment orchestré, un véritable chef-d’œuvre de suspense doté d’un scénario particulièrement prenant et original, sans oublier sa brochette de personnages inoubliables. A lire de toute urgence !

9/10

#Par Svia le 28/05/2008 à 20:37

Plus tourné vers les animes que le support papier, je dois dire que je n'ai pas tellement de matière à comparaison en matière de mangas. Après la lecture de la série d'Urasawa, j'aurai en tout cas un modèle, qui j'en suis sûr sera très cruel pour les prochaines œuvres qui me passeront entre les mains.

Modèle en terme de narration : la façon dont l'auteur délie les différents fils de l'histoire, mélange les époques, dévoile de nouveaux personnages et de nouvelles pistes est juste brillante.
L'univers de Naoki Urasawa est fluide, cohérent, il regorge de surprises et de coups de théâtre, mais il est avant tout infiniment juste. Devant l'ampleur et l'importance des événements, il n'oublie jamais ses personnages ; héros parce qu'ils y sont obligés, lis sont avant tout humains et conscients de leurs limites et de leurs faiblesses.

Modèle en terme de découpage : 20th Century Boys se lit comme un roman. L'action est magnifiquement portée par la mise en images, d'une précision diabolique. On a parfois l'impression d'avoir un storyboard entre les mains tant on imagine sans peine ce que donnerait la version animée. J'ai rarement autant eu l'impression d'entendre les voix des personnages et la sensation des mouvements de caméra, même lors de scènes anodines.

Enfin, modèle en terme de réalisation : le dessin ultra-réaliste d'Urasawa, qui m'avait déjà tant plu dans Monster, est encore à l'honneur ici. Le trait s'épaissit lors de certaines scènes particulièrement intenses et l'effet est immédiat : chair de poule, compulsion frénétique des dialogues, tournage de pages accéléré.
Et malgré ce réalisme exacerbé, certains personnages ont la super classe : Kenji bien sûr, mais aussi Otcho, Kanna, Yukiji. Tous ont de nombreux moments de grâce.

Que dire d'autre ? La musique ? Et non, ami jeune, je n'ai pas fait une attaque. La musique est omniprésente dans ce manga : T-Rex, Creedance, les Stones. 20th Century Boys est aussi une ode à la musique des années 60-70 et au mouvement hippie de San Francisco et de Woodstock, qui croyait changer le monde avec des fleurs et des chansons.
Urasawa exploite à merveille cette dichotomie toute humaine qu'est la naïveté et le cynisme, en le poussant dans des proportions apocalyptiques.
L'enfance, thème qui lui était déjà cher dans Monster, est encore le théâtre de tous les drames mais aussi de toutes les possibilités, de toutes les peurs et de tous les espoirs.
Et 20th Century Boys montre avec un brio infini que les jeux d'enfants sont à la fois les plus innocents et les plus cruels.

Brillant.

10/10

#Par FullMetal Klavikul le 09/02/2008 à 11:05

20th Century Boys est une série à déconseiller à tous ceux qui ont peur de ne plus vouloir faire autre chose que de lire la suite.

Je m'explique. Tout commence par la présentation de petits garçons qui, dans les années 1970, imaginent une "histoire de gamins", dans laquelle ils seraient des justiciers qui protègeraient la Terre contre des méchants extraterrestres dont le but serait d'anéantir l'humanité toute entière, et consignent toutes leurs idées dans un cahier. En 1999, on retrouve ces mêmes garçons, qui ont réussi leur vie plus ou moins bien, forcés de s'unir pour lutter contre un mystérieux individu se faisant appeler Ami, et qui utilise la marque et les plans qu'ils avaient imaginés enfants pour détruire l'humanité...
Et là, les évènements s'enchaînent avec une telle virtuosité, les flash-backs et les sauts dans le temps (années 1970-1999-2015 et même après) se suivent d'une manière logique et sans aucune contradiction, dévoilant tour à tour la réponse aux nombreuses énigmes posées au cours de l'histoire, tant et si bien que l'on peut difficilement arrêter sa lecture, avec comme motivation l'envie de connaître la vérité ultime : qui est Ami?

Au-delà de ce scénario orchestré de main de maître par Naoki Urasawa, le graphisme est vraiment intéressant et adapté au ton adulte de l'histoire : on retrouve de plus d'une manière impressionnante les traits des personnages au-fur-et-à-mesure de leur vieillissement.
L'auteur invente un futur cohérent et terrifiant, où une société totalitaire règne sur l'ensemble du globe et où la manipulation et la corruption sont les clés du pouvoir. Il aborde aussi bien évidemment la thématique de la liberté et de la résistance face à l'oppression, ainsi que celles de la religion et des sectes, à travers le portrait de personnages forts, tourmentés ou simplement manipulés, mais dont la psychologie est détaillée avec grand soin.
Il y a de plus de nombreuses références à la culture musicale des années 1960-1970, la musique jouant un rôle vraiment important dans l'histoire, en tant que symbole de la lutte contre l'aliénation de l'humanité.

Vous l'aurez compris : ce manga est véritablement passionnant et offre plusieurs niveaux de lecture qui le destinent à un public adulte adepte de thrillers diaboliquement efficaces.
Seul "petit" (gros) bémol : pourquoi avoir choisi de clôturer la série en publiant plus tard une autre série en 2 tomes, bien-nommée 21st Century Boys? Ceux qui auront lu la série seront sans doute d'accord avec moi, j'étais extrêmement frustré à la fin du tome 22 : j'attends de lire la suite avant de me faire une opinion sur cet état de fait, mais pour l'instant cela diminue "un peu" la note que j'attribue à cette oeuvre. Dommage...

9/10

#Par Beck le 02/05/2006 à 13:11

Tous ceux qui ont osé approché cette oeuvre vous le diront, elle peut provoquer un tel sentiment d'addiction que l'attente entre deux tomes peut tourner au cauchemar. J'ai donc commencé la lecture de cette série en me demandant si cette opinion générale était issue d'un véritable ressenti collectif ou un mythe sans réel fondement.

Comme à l'habitude, les premières impressions sont données par le dessin et le chara design. On retrouve bien entendu le style graphique de "Monster" mais le trait apparaît mieux maîtrisé. Les décors semblent plus détaillés, les moments de tension ressortent plus et le charisme de certains personnages est bien mieux développé. Autre avancée notable, une mise en page beaucoup plus dynamique, parfaitement utilisée pour, soit accentuer les moments de tensions, soit créer un suspense digne d'un grand maître. Nos pupilles ne s'ennuient pas et c'est tant mieux.

On découvre ensuite la galerie des personnages. Et là aussi ceux qui ont lu ou commencé à lire "Monster" ont dû constater quelques analogies, avec notamment la mise en situation des personnages principaux (un héros à la vie banale dont la vie bascule, une jolie héroïne dont un proche membre de famille est un "monstre"). La psychologie des personnages ne montre pas de faille, on s'y attache sans problème et on découvre rapidement que les personnages ont tous un rôle à jouer, même ceux dont l'influence sur la trame nous paraît comme insignifiante.

Et de fil en aiguille, nous arrivons à ce qui fait de 20th Centuty Boy ce qu'il est : le scénario. Si dans la vie on n'aime pas généralement se faire mener par le bout du nez, en lisant cette série cela devient du pur bonheur. L'auteur, dès les premières pages, nous embarque dans son labyrinthe scénaristique où il distille révélations, indices et évolution des personnages. Il joue sans aucune difficulté entre les différentes trames et il s'amuse à nous perdre pour mieux nous montrer une possible sortie. A l'instar d'un "Ami", il nous manipule dans son univers, nous nous interrogeons sur notre futur et nos convictions.
Associé à son dessin, l'auteur nous livre par conséquence une véritable machine à suspense et on peut se rendre compte rapidement que l'insoutenable attente entre deux tomes est finalement proche de la réalité.

Cependant, à trop vouloir monter la tension, à trop vouloir nous perdre dans les méandres sinueux de son histoire, on se dit que l'auteur pourrait bien faire passer le gout délicieux de son manga aux lecteurs. Et à prendre une route trop longue, il pourrait bien décourager son lectorat et faire perdre à son manga son exeptionnelle charge émotionnel. Mais il n'en est rien. Les tomes passent, le bonheur reste intact et l'attente est toujours aussi difficile.

Alors ne passez pas à côté de cette oeuvre grandiose, jetez-vous sur le premier tome et constatez son unique gros défaut : son prix...

9/10

#Par CrY le 21/04/2006 à 07:38

Urasawa est considéré à ce jour comme un dieu au Japon, le roi du manga actuel, le successeur du grand Tezuka, lui même père du manga moderne. 
Et si vous avez lu Monster, vous vous attendrez à quelque chose d'au moins aussi énorme que cette autre excellente série. 
Et bien oui, j'ai dit "excellente série" car on parle bien d'excellence ici également. 
20th Century Boys est la crème du manga actuel. 
 
Esthétiquement d'abord, Urasawa cherche d'abord à dessiner des personnages vraissemblables. Les protagonistes de cette série n'ont donc pas la "classe ultime" comme certains héros de shônen, mais on a l'impression qu'on pourrait les rencontrer dans la rue. 
Urasawa retranscrit le réel avec talent. 
Toutes ces planches sont faites pour que vous plongiez sans aucune retenu dans l'univers de son manga, qui encore une fois, aurait très pu être le nôtre. 
 
Le scénario voyage de 1969 à 2014 en passant par l'avénement du nouveau millénaire. Même si ce jonglage chronologique peut destabiliser au début (et encore ça voudrait dire que vous êtes difficile :P), on s'y fait très vite et on se rend vite compte que ça ne rend le scénario que plus attrayant. 
Il n'est pas rare d'arriver à un tournant décisif du scénario en 2001, et de se retrouvé la page suivante en 1969. 
Chaque événement prend sa source dans le passé, et aura des conséquences dans le futur. 
Urasawa nous fait littéralement voyager d'époque en époque : on ne s'ennuie jamais ! 
Chaque personnage affirme sa personnalité grâce au dessins précis de ce génie de mangaka. Ils sont d'ailleurs très nombreux, et je trouve qu'ils sont un peu moins approfondis que dans Monster, le plaisir n'y est en rien gâché et ce n'est qu'une remarque subjective ^_^.
 
Précipitez-vous donc sur ce chef-d'oeuvre, vous ne le regretterez pas ;).

9/10

#Par AngelMJ le 09/03/2006 à 01:56

Au jour d'aujourd'hui, Naoki Urasawa n'a plus à démontrer son talent en tant que mangaka. Après Monster, voici son dernier seinen, fabuleux mélange entre thriller et fantastique. 20th Century Boys est une oeuvre remarquable, de part son graphisme, son scénario et son déroulement. Gros plan sur l'un des meilleurs seinens de ces dernières années. 
 
Si l'aspect visuel n'est pas le point le plus intéressant du manga, il faut tout de même avouer que l'auteur a un sacré coup de crayon. Décors fouillés, persos détaillés et facilement dissociables, mise en page claire. Urasawa a un style semi réaliste du plus bel effet. Les persos ne sont pas tout forcément des canons, mais cela leur donne un côté plus humain. 
 
Les différents protagonistes qui apparaissent de façon souvent alternée durant tout le manga sont tous riches psychologiquement et chacun apporte sa part d'importance à l'oeuvre. Bien qu'il y est tout de même quelques "héros", les personnages secondaires sont bien introduits et parfois très étonnants (qui aurait cru que la lycéenne Koizumi allait être un élément si important?). Cette palette de personnages riche en couleurs donne un côté très réaliste à l'oeuvre, si bien qu'on pourrait se demander si un véritable Ami ne pourrait exister dans notre monde, tant tout cela nous paraît si réel. 
 
La plus grande force du manga réside en effet dans le scénario ingénieux sorti de la tête de Urasawa. Usant de façon intelligente des flashbacks, l'auteur nous plonge dans un monde sombre, proche de la réalité, où les réponses aux questions de chacun sont souvent dans le passé. Un gonglage réussi entre les différentes époques qui dynamise le récit et apporte les explications au moment opportun.  
 
Après de tels éloges, une question subsiste : il y a t'il des défauts à 20th Century Boys? En ce qui me concerne, la réponse est oui. Pour moi, la plus grosse lacune de ce manga vient de sa plus grande force : le scénario. En effet, malgré le côté volontairement réaliste, certaines scènes ou évènements manquent parfois de crédibilité et nous rapellent un peu trop souvent que nous sommes face à une fiction. De plus, arrivé à presque 20 tomes, l'ensemble commence sérieusement à s'essouffler et on se demande vraiment comment tout cela va finir. Ajoutons aussi que l'importance ou l'apparition de certains personnages reste discutable, mais ça reste une question de goût. 
 
Mais malgré tout, j'encourage vivement chacun d'entre vous à foncer sur ce seinen qui est une pure merveille. Il vous fera passer de longues heures de bonheur et de tension afin de découvrir qui est Ami et qui pourra l'arrêter. Et surtout, ne soyez pas rebuté par les couvertures qui, je l'avoue, ne sont vraiment pas belles. Il ne faut pas juger un livre à sa couverture. Ici, ça cache vraiment un sacré trésor!

9/10