A l'origine Ghost in the Shell est un one-shot de Masumune Shirow. Pour les besoins de l'édition française, Glénat a jugé bon de diviser en deux à une époque où les mangas de Shirow cotoyaient ceux de Katsuhiro Otomo. Ces deux auteurs donnaient donc les lettres de noblesse à un manga qui balbutiait encore sur le marché de la BD.
Pas mal d'oeuvres de Shirow ont été adaptées que ce soit Ghost in the Shell (GITS) ou Appleseed. Pourtant l'univers du mangaka est plus qu'émaillé d'un jargon étouffant, d'informations inutiles et de surcroît dans GITS l'auteur se permet d'annoter ses planches pour justifier tel ou tel fait... Ainsi, les mangas de Shirow sont proprement rebutants et GITS n'échappe pas à la règle.
Chaque chapitre et donc chaque enquête policière d'une quarentaine de planches est indépendant des uns et des autres et suit presque le même schéma scénaristique notamment les dernières planches qui nous livre les explications et un léger récapitulatif du Major. Ces intrigues sont complexes, car l'auteur fait tout pour embrouiller le lecteur à coups de dialogues impénétrables. De plus comme dans ses multiples adaptations le manga ne s'épanche guère sur les relations des personnages mais sur la nature cyborg du Major. Par conséquent certaines questions philosphiques parsèment le manga sans pour autant que GITS soit un cours de philosophie.
Tout ceci contraste fortement avec les graphismes du manga. Le niveau est plus que correct mais le style du chara-design se raccroche plus au shonen qu'au seinen, comme par exemple Black Lagoon. A contrario de ses adaptations animées où le réalisme graphique prime. A noter que les premières pages de chaque chapitre sont colorisées de très belle manière.
Finalement seule la familiarité avec le monde du Major Kusanagi peut plus ou moins permettre de prendre plaisir à lire ce manga.