Critique de l'anime Kaichô wa Maid-sama!

» par Nakei1024 le
06 Octobre 2010
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C’est dans les vieux récipients qu’on fait les meilleurs plats, voilà qui pourrait selon moi résumer l’idée que je me fais de cet anime.

Comprenez par là qu’au vu des ingrédients utilisés pour créer le scénario et les différents épisodes de celui-ci, les producteurs n’ont pas cherché à faire dans l’original. C’est une comédie-romantique tout ce qu’il y a de plus classique, réalisée de manière assez sobre par rapport à ce qui se fait depuis quelques années. Pas de gros délires en perspective, de personnages qui pètent littéralement un câble façon Tenma Tsukamoto (School Rumble) ni de séquences avec du pathos à n’en plus finir, de long discours amoureux, de réflexions à deux balle et surtout, pas de fan service (disons pas de petites culottes ni de poitrine opulente généreusement dévoilée aux yeux du spectateur). Ici, tout est globalement fait dans la retenue et bien dosé pour qu’à aucun moment on ait l’impression de se retrouver pris sous une avalanche de sentiments et/ou de gags.

Et pourtant, je n’ai pas eu le sentiment de m’ennuyer un seul instant, grâce aux deux protagonistes principaux (Misaki et Usui) qui se complètent à merveille et ne manquent pas de caractère. Elle est une élève studieuse qui sait ce qu’elle veut et n’hésite pas à imposer son point de vue quitte à se mettre à dos les loubards du lycée. Pas de chance pour eux, sa forte personnalité et son esprit combatif font qu’il vaut mieux ne pas lui chercher des noises au risque de s’en mordre les doigts. On est loin de la cruche naïve, sentimentale et faible qu’on nous ressort régulièrement dans ce genre d’anime. La seule ombre au tableau est finalement qu’elle est pauvre et doit donc travailler en tant que maid dans un petit café du centre ville, même si on comprend vite que malgré la nécessité de cacher cette situation à son entourage, elle s’amuse quand même bien avec ses collègues et les lubies de la gérante. J’ai quand même trouvé qu’on ne ressentait pas suffisamment l’état de ses finances tout au long de l’anime : qu’elle ait été pauvre ou non, cela n’aurait rien changé au fait qu’elle décide de travailler dans cet établissement. Il est donc dommage que cette facette du personnage soit mise de côté assez rapidement dans l’anime : il y aurait eu matière à l’utiliser davantage selon moi.

Usui quand à lui est l’archétype du héros de comédie à l’eau de rose : déjà il est beau comme un dieu grec, semble n’avoir aucun défaut et malgré son côté grande gueule et ses réparties cinglantes (couplées avec son malin plaisir de taquiner sa camarade), on ne sait finalement pas grand chose de lui. Quoiqu’il arrive, et quelque soit le défi qui lui est proposé, il ne reculera devant rien et trouvera toujours une solution pour sortir Misaki d’une mauvaise passe. Cette perfection et ce manque d’informations ont malheureusement tendance à rendre le personnage un peu trop lisse à mon goût. Cela-dit, je préfère quand même ça plutôt qu’au beau jeune homme portant un lourd traumatisme depuis sa naissance (un cliché du genre). Et après tout, on se rattrape largement au niveau des dialogues dans lesquels les piques et provocations fusent entre nos deux tourtereaux (on voit dès le début qu’ils sont faits l’un pour l’autre, donc pourquoi faire durer le suspens ?).

Les personnages secondaires ne sont pas en reste, même si beaucoup plus classiques. Leurs caractères spécifiques sont régulièrement source d’ennui pour Misaki, mais on s’attache sans difficulté à eux. Dommage en revanche qu’on ne les développe pas davantage et qu’ils soient autant mis en retrait par rapport au couple principal. Bien sûr il y a quelques séquences où ils parviennent presque à occuper le devant de la scène, mais j’aurais aimé les voir évoluer davantage au fil des épisodes plutôt que de s’enfermer dans leur rôle prédéfini (le travesti, le jeune homme mignon, le « sauvage », les loubards, la copine fleur bleue et la copine pragmatique…).

Et puis il y a ceux qui apparaissent vraiment de manière épisodique et disparaissent presque aussitôt alors que là encore, il y aurait eu matière à les utiliser de manière plus importante.

Voilà en fait ce que je reproche à cet anime : malgré une quantité raisonnable de personnages secondaires assez intéressants, l’histoire se centre un peu trop sur le couple principal formé par Misaki et Usui. Bien sûr j’adore leurs engueulades régulières façon « Je t’aime, moi non plus », mais un peu de nouveauté aurait permis d’éviter d’avoir la légère impression de tourner en rond.

En revanche, contrairement à beaucoup de productions semblables dans lesquelles les romances restent à l’arrêt passé un certain point, on note une évolution subtile des sentiments réciproques des deux lycéens d’un bout à l’autre de l’anime, jusqu’à ce que finalement l’évidence de leur situation s’impose à eux.

La réalisation est à l’image de la mise en scène, on fait dans la sobriété. Bien sûr ça reste un shojo, mais on évite les décors passés au filtre rosé (c’est même plutôt coloré) et l’utilisation de la SD pour certaines expressions est amplement réussie. Côté musique, rien de vraiment marquant, les thèmes sont sympathiques sans plus.

En conclusion, KwmS est une comédie romantique qui ne cherche pas à faire de vagues ou à expérimenter une nouvelle formule, mais qui s’apprécie sans difficulté malgré un certain classicisme dans sa réalisation, grâce à une palette de personnages réussis.

Je lui mets 7,5.

Verdict :7/10
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A propos de l'auteur

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