5 Centimeters per Second - A Chain of Short Stories about their Distance

Label Anime-Kun
  • Format: Film
  • Année de diffusion: 2007
  • Titre original: 5 Centimeters per Second - A Chain of Short Stories about their Distance
  • Nombre d'épisodes: 1
  • Site officiel: http://5cm.yahoo.co.jp/
  • Studio: CoMix Wave Inc
  • Auteur: Shinkai Makoto
  • Directeur: Shinkai Makoto
  • Character-designers: Takayo Nishimura, Ryouko Umashima, Takumi Tanji
  • Musique: Tenmon
  • Fiches OST: #729
  • Doubleurs: Ayaka Onoue (Akari Shinohara), Kenji Mizuhashi (Takaki Toono), Satomi Hanamura (Kanae Sumita), Yoshimi Kondou (Akari Shinohara)

Synopsis

5 centimètres par seconde est la vitesse de chute des pétales de cerisier, c'est ce que la jeune Akari apprend à son ami Takaki. Les deux jeunes gens s'apprécient beaucoup et se sentent très proches. Malheureusement au fil de leurs déménagements respectifs, ils se perdent de vue et n'arrivent qu'à entretenir une correspondance limitée. Un jour, au beau milieu de l'hiver, Takaki décide coûte que coûte de retrouver Akari.

3 histoires, 3 moments de la vie de Takaki et d'Akari au cours desquels le réalisateur Makoto Shinkai s'interroge à nouveau sur les effets de l'éloignement sur les relations amoureuses.

Synopsis soumis par Starrynight
  • 5 Centimeters per Second - A Chain of Short Stories about their Distance - Screenshots #1
  • 5 Centimeters per Second - A Chain of Short Stories about their Distance - Screenshots #2
  • 5 Centimeters per Second - A Chain of Short Stories about their Distance - Screenshots #3
  • 5 Centimeters per Second - A Chain of Short Stories about their Distance - Screenshots #4
  • 5 Centimeters per Second - A Chain of Short Stories about their Distance - Screenshots #5
  • 5 Centimeters per Second - A Chain of Short Stories about their Distance - Screenshots #6
  • 5 Centimeters per Second - A Chain of Short Stories about their Distance - Screenshots #7
  • 5 Centimeters per Second - A Chain of Short Stories about their Distance - Screenshots #8

Par AngelMJ le 11/02/2008 à 14:01

Byousoku, dernière œuvre en date de Shinkai Makoto, n'est pas à classer avec la multitude de séries et de films japonais qui pullulent en ce moment. On a réellement à faire ici à une sorte de petit film d'auteur, dont le fond et la forme le rendent prodigieusement beau.

On ne le répètera jamais assez, ce film est techniquement une énorme réussite. Les couleurs chaudes et pastels accompagnent des protagonistes au charadesign en trait fin, secondées par des jeux de lumières réalistes et une animation top qualité. Byousoku est un véritable tableau animé et ça, c'est difficilement contestable. La musique n'a rien de transcendant mais c'est tout à fait le genre à passer en musique de fond en toute situation. Bref, une discrétion qui ne peut être palliée que par l'écoute de l'OST.

Byousoku ne mettra peut être pas tout le monde d'accord quant à son thème. Ce dernier étant la distance dans les relations amoureuses, il ne faut pas s'attendre à énormément d'action ou à des coups de théâtre magistraux. L'auteur nous expose les relations comme le font si bien les japonais (en règle générale) : pas mal de tendresse, beaucoup de non-dits et les éternelles insatisfactions. Mais bon, c'est l'amour quoi.
Le film donc dans sa totalité assez contemplatif et on observe pendant une heure comment l'amour de deux adolescents est peu à peu détruit par le temps. L'ensemble est exposé de façon assez réaliste et pudique, sans jamais tomber vraiment dans la niaiserie ou la facilité. Cependant, on pourra concevoir que tout cela manque d'intérêt. Je pense que c'est le cas, mais il est toujours difficile d'intéresser un public large avec un thème comme la distance, si on n'y a pas été confronté une fois dans sa vie.

En conclusion, Byousoku mettra tout le monde d'accord en ce qui concerne le visuel, la réussite incontestable du film. La thématique plaira sans doute à certains et laissera de glace les autres. Pour ma part, le thème m'a assez plu et a réussi à m'intéresser un minimum, à défaut de me captiver. Un beau film pour ceux qui trouvent plaisir dans ce genre de récit, les autres risquent de s'ennuyer ferme...

8/10

Par Sacrilège le 25/11/2007 à 19:30

J’ai deux points de vue qui se disputent un avis partagé sur cet anime. D’un côté, si je le regarde objectivement je me dis que c’est un petit bijou de l’animation, bien assemblé et merveilleusement dessiné. Face à ça, mon côté subjectif me chuchote qu’il ne se passe rien, que tout est plat et qu’il est inintéressant. Je m’explique.

Tout d’abord, il y a beaucoup de paysages, plus de description plus que de paroles, comme un petit documentaire, je voulais le mettre en comparaison avec un livre de Marguerite Duras, c’est beau oui mais ça n’avance pas vraiment, ça dégage une impression de piétinement. Certaines scènes, qui sont bien évidemment là pour appuyer l’effet de silence, de temps qui passe, m’ont transmise un effet de lenteur comme c’est le cas dans la scène du train qui arrive à la gare dans la première histoire.
Après c’est une question de point de vue, d’appréciation personnelle, on aime ou on aime pas point. Voilà pourquoi il est difficile de trouver des arguments en défaveur d’un anime qui semble plaire à tout le monde, je n’aime pas ce semblant histoire d’amour qui tourne en rond sans mettre les choses au clair une bonne fois pour toutes.

Côté décors rien à redire, c’est beau, le mariage des couleurs est on ne peut plus agréable à regarder, beaucoup de gros plans et de scènes fixées sur un paysage, pas forcément très réalistes non plus comme le fait que les feuilles de cerisier tombent à la vitesse de 5 cm/seconde : pour un arbre dont les feuilles se situeraient à hauteur de 2 mètres, chaque feuille mettrait 40 secondes pour toucher le sol : je reste sceptique. Bon après c’est joliment dit, ça fait rêver, soit.

Montrer l’évolution des sentiments par rapport à la distance qui sépare les individus ; le thème est intéressant, mais pas assez exploité, voire trop calmement à mon goût. Evidemment, c’est ce qui fait le charme de cet anime, voir les personnages évoluer simplement, avec la naïveté et les espoirs de la jeunesse, comme je l’ai dit plus haut, il me parait dur de critiquer cet anime mais pour moi c’est tout blanc ou tout noir, soit on aime cette impression de liberté enfantine, où tout est remis en question soit au contraire on trouve cela lassant et rébarbatif. Je pencherais plutôt pour le second avis.
Le mélange consistant en trois histoires en une est une bonne chose puisqu’il permet d’avoir des points de vue différents vis-à-vis du déroulement, des impressions et des sentiments des personnages, tantôt on comprend l’inquiétude Takaki, tantôt on se désespère à la place de la jeune fille de la deuxième histoire (dont je ne me souviens plus du nom d’ailleurs, désolée mais les bimbos n’ont pas beaucoup de mémoire), chaque histoire s’imbrique parfaitement dans l’ensemble pour donner quelque chose d’extrêmement bien réussi. Avec en prime un bel ending, dans la continuité de l’anime, qui en reprend les plus beaux clichés.

On ne peut donc pas enlever à l’histoire la beauté du scénario mais je voudrais lui reprocher sa faiblesse en évènements tant sur le plan sentimental qu’ « évènementiel » justement, outre l’histoire qui sert de fil conducteur aux amoureux, il ne se passe pas grand-chose qui vienne compléter le sujet principal ; mettre en avant le fait que la jeune fille de la 2ème histoire hésite longuement pour choisir ce qu’elle veut boire ne fait pas avancer « l’intrigue », oui bien sûr on peut l’interpréter par « le jeune homme sait toujours ce qu’il veut et n’hésite jamais et la fille est peut-être d’humeur changeante car elle ne sait jamais ce qu’elle désire et met du temps à se décider, ce qui montre une certaine indécision de sa part ». A part ça, pas de quoi fouetter un chat, bien sûr ce n’est que mon humble avis.

Finalement j’ai mis 7 car même si cet anime ne m’a pas vraiment emballée je reconnais qu’il est graphiquement et humainement superbe, ce n’est tout bonnement pas mon genre, il est pourtant beau, calme, reposant, un vrai plaisir pour les yeux et les oreilles, mais voilà pour moi cela s’arrête là, je n’ai trouvé aucun intérêt à l’histoire même si celle-ci a néanmoins le mérite de parler d’amour sans pour autant tourner au rose bonbon.

7/10

Par PanzerFaust le 18/11/2007 à 03:19

Imaginez cette scène que l'on a tous vécu au moins une fois.
Vous êtes invités à la campagne chez des amis. Une fois arrivé, vous regardez la nature devant vous.
Vous êtes au milieu de nul part et durant 10 minutes, vous êtes là, ébahit, les yeux grands ouvert, admirant la nature, en vous disant "qu'est ce que c'est beau !". Et puis à la 11ème minute, vous pensez qu'il est temps de rentrer chez vous parce que vous venez de vous rendre compte que vous allez sacrement vous emmerder dans ce coin paumé où il n'y a rien à faire.
Et bien c'est exactement la même chose avec cet anime.

En effet, la beauté du graphisme laisse sans voix. L'animation est parfaite et les décors géniaux de réalisme. On ne peut que être admiratif d'un tel soin apporté aux moindres détails, notamment aux très nombreux effets de lumière.
Seulement on se rend assez vite compte que le réalisateur à tout misé sur la forme et rien sur le fond.

Il n'y a en effet pas une once d'intérêt dans cette amourette ridicule. On pourrait regretter qu'il n'y ait pas plus de rebondissements, de personnages, de psychologie etc...Mais en fait, la vérité est bien plus simple : il n'y a pas d'histoire.

Maintenant si vous voulez vraiment voir quelque chose de beau, éteignez votre PC, sortez de chez vous et aller voir le monde réel. Vous verrez qu'il sera bien plus beau que n'importe quel anime.
Quand à moi, j'avoue avoir souffert pour arriver au bout de cette heure d'ennui pur qu'est 5 Centimeters Per Second.

2/10

Par Beck le 17/11/2007 à 10:51

Toi qui cherches dans l'animation japonaise les combats, l'action, les pseudo romances d'amour, l'humour ou encore les petites culottes, passes ton chemin. Car Byousoku 5 centimeter est tout sauf ça.

Byousoku 5 centimeter, c'est cette mélancolie contemplative que l'on peut ressentir devant un coucher de soleil. Byousoku 5 centimeter, c'est toute la poésie que peut dégager les moments simples de la vie. Byousoku 5 centimeter, c'est une vraie histoire d'amour, réaliste et juste. Byousoku 5 centimeter, c'est le dernier ovni de l'animation japonaise réalisé par Makoto Shinkai.

Ce dernier, parfaitement entouré pour ce film, fait parler ici son talent à pleine mesure. Chara design, paysages, graphisme, jeux de lumières, animation, tout est parfaitement réalisé. Son identité visuelle, si plaisante et captivante, est sublimé. On peut, devant tant de beauté, que s'extasier.
Pour son scénario,il reprend les thèmes qui lui sont chers. L'amour à distance ou la peur des sentiments sont de parfaits exemples. Dans ce domaine, Makoto Shinkai fait dans le réalisme. Vrai bonheur, le larmoyant n'a pas sa place dans ce doux univers de justesse. On suit avec plaisir l'histoire des deux personnages centraux, qui évoluent dans un monde vrai, avec des sentiments vrais.

Byousoku 5 centimeters, par son ambiance, ravira tous les adeptes de son réalisateur. Mais il fera surtout découvrir aux autres une vision différente de l'animation. Alors ne passez pas à côté de ce qui est pour moi une nouvelle étoile dans le firmament de l'animation japonaise.

10/10

Par El Nounourso le 16/11/2007 à 20:11

Hoshi no Koe avait un grand potentiel et pourtant il m'a déçu. Reprenant quelques-uns de ses thèmes phares (amour à distance, évolution des sentiments au fil des années...), 5 centimeters per second m'a quant à lui complètement emballé. En fait, cette histoire en trois chapitres aurait difficilement pu être plus réussie. Visuellement c'est clairement une des plus belles productions que j'ai jamais vu, c'est tellement magnifique que je me suis surpris à scotcher sur des paysages, me forçant à revenir en arrière pour lire les sous-titres que je venais de rater ! Difficile de décrire avec des mots une réalisation de cette qualité. Les environnements sont juste sublimes et très bien mis en valeur, l'animation est au poil, l'ambiance se montre onirique et apaisante... bref, ça poutre méchamment. En outre, de très belles musiques accompagnent discrètement le récit. Tout petit bémol concernant le design des persos qui manque quand même de personnalité, mais c'est quand même bien mieux que dans Hoshi no Koe.

Si on se penche du côté de l'histoire d'amour, là encore on frise le sans faute. Le comportement des protagonistes, leurs pensées du moment, leurs objectifs, leurs regards sur l'avenir, le présent ou le passé... tout sonne terriblement juste. Il n'y a pas de superflu, pas de vannes débiles ni de bouleversements stupides, ça se tient du début à la fin. Très loin des amoureux archétypaux, nos deux héros sont finalement des ados banals mais touchants, juste des êtres "normaux" qui nous ressemblent. A cause de la distance physique puis temporelle qui se crée entre eux, leur passion n'arrive pas à s'exprimer, elle reste contenue du début à la fin. Leur amour semble tragiquement voué à l'échec. Afin d'aérer le récit, notons que certains personnages périphériques sont parfois impliqués, sans jamais voler la vedette au couple principal. En une courte heure, trois brèves étapes de leur jeunesse défilent donc avec poésie et tendresse, et pourtant le pathos n'est jamais au programme. La douleur suinte en surface, tout en restant contenue voire simplement suggérée. Peut-être l'émotion aurait-elle mérité d'être plus mise en avant ? Mouarf, je pinaille.

Vraiment, cette histoire d'amour impossible nous est narrée avec un talent et une finesse assez rares. Si le contemplatif et la simplicité ne vous effraient pas trop, jetez-vous dessus. Moi j’en redemande.

8/10

Par kuchiki byakuya le 12/11/2007 à 17:09

Dur, dur de rédiger une critique sur ce film aux allures d'extraterrestre. Mon sentiment, malgré des qualités certaines, n'est pas aussi élogieux que les précédentes critiques.

La seule chose sur laquelle tout le monde s'accordera est le chara-design, proche de la perfection. Rarement un design m'aura autant ébloui. Tout est parfait, des personnages aux mojndres détails, on ne peut que saluer ce travail de titan. Adieu les têtes hideuses, les coiffures fantasques aux couleurs impossibles, les yeux démesurés, place à la beauté artistique. De plus, plus le film avance et plus le chara-design est plaisant. A lui seul, il symbolise la poèsie de cette oeuvre avec brio.

Pourtant, je ne peux m'empécher d'être décu. Je suis conscient de la beauté du récit et de son coté dramatique mais l'ennui ne m'a jamais quitté. La narration est molle, si lente que l'on ne s'attache pas à la douleur des antagonistes. Attention, ce n'est qu'un simple point de vue car je comprends tout à fait que certains aient été touchés mais ce n'est pas mon cas. Les histoires se succèdent avec, à mon sens, un manque de transition génante. L'histoire est-elle mauvaise pour autant? Non et voilà le paradoxe. Ce conte moderne de l'amour impossible entre 2 adolescents, jusqu'à leur entrée dans la vie active, me plait habituellement mais le découpage originale du film ne me permet pas d'apprécier cette histoire d'amour à sa juste valeur et l'excellent design ne sauve rien, l'ennui étant plus fort, malgré une musique agréable.

Les personnages n'aident pas à résoudre ce problème. Ils manquent de profondeur et de charisme, que ce soit Tohno ou Hikari, aucun des 2 n'est suffisamment attachant ou intéressant. Au lieu de tirer le film vers le haut, ils le font stagner à niveau moyen, bien en dessous de son potentiel. Tohno semble plus perdu dans ses pensées que vivant dans le monde réel. On ne s'attarde pas assez sur leurs relations alors que la 1ère histoire introduit parfaitement ce point. ils s'aiment mais ne peuvent pas partager cet amour comme ils le voudraient. Par la suite, Hikari disparait complétement, laissant seul Tohno, qui ne parvient pas à exploser.

Tout était là pour me faire réver et pleurer mais la magie n'a pas eu lieu. Un fond à l'énorme potentiel mais à la forme instable. Je ne peux pas mettre moins de 6 car c'est beau, je ne le nie pas mais je ne peux guère mettre plus. Un grand gachis pour ma part.

6/10

Par Starrynight le 28/10/2007 à 16:32

A chaque nouvelle réalisation, Makoto Shinkai réussit à montrer à quel point il a su s’améliorer par rapport à l’œuvre précédente. La barre était pourtant très haute avec Kumo no Mukou, Yakusoku no Basho (lui-même beaucoup plus abouti que Hoshi no Koe), en particulier sur le plan graphique, mais le réalisateur a encore réussi à se surpasser en avançant d’un cran dans l’hyperréalisme. Visuellement, Byousoku est une des plus belles réalisations de l’animation japonaise : à chaque plan, la précision du détail ainsi qu’un choix des couleurs judicieux et une maîtrise parfaite de jeu de lumières et d’ombres (jeu que le réalisateur semble beaucoup affectionner en montrant tour à tour des aurores, des crépuscules, des contre-jours) font que même l’objet le plus anodin (un porte-parapluie) et un lieu des plus banals (un guichet de gare) se transforment en un tableau magnifique. Les cieux étoilés, les nuages, le moindre paysage sont somptueux.

Je note également des progrès dans le character design : là où les personnages de Kumo no Mukou apparaissaient un peu maladroits, le réalisateur a cette fois su trouver un trait plus sûr, tout en faisant le choix d’un chara-design assez simple et dépouillé, mais qui – je trouve – rend bien. De son côté, l’animation est irréprochable.

Musicalement, l’accompagnement est assez discret, mais sait prendre de l’importance aux moments opportuns et s’accorde très bien aux différents moments du récit. L’OST s’écoute d’ailleurs très agréablement seul.

L’histoire en elle-même est très simple, une histoire d’amour entre deux jeunes lycéens, mais racontée sans niaiserie, ni mièvrerie, en évitant les écueils habituels à ce type de récit, à l’instar de ce à quoi M. Shinkai a pu nous habituer dans ses précédents travaux. Une fois encore, le réalisateur se fait l’observateur non pas de la relation amoureuse en elle-même mais plutôt de son rapport à l’éloignement des deux partenaires : déliquescence du sentiment amoureux, retrouvailles, etc.

L’ensemble de ce film est construit comme un tableau impressionniste, par petites touches légères et dégage une ambiance tendre, un peu mélancolique : souvenirs d’enfance, premières amours, petites aventures de la vie quotidienne avec ceux que l’on apprécie, coups de blues, le tout sur fond de cerisiers en pleine floraison (qui indirectement donnent à l’anime son titre) et de ciel étoilé.

Ne passez pas à côté de ce chef-d’œuvre.

10/10

Par Scalix le 20/10/2007 à 16:43

L’animation japonaise parvint à me séduire assez rapidement.
Au fur et à mesure des mes visionnages incessants, de mes critiques et de mes dossiers, j’ai pu identifier quelques éléments, formant en partie l’essence des animes, et qui, lorsqu’ils étaient bien travaillés, permettaient à des séries de se distinguer haut la main de la masse d’animes médiocres que l’on se plaît à ignorer avec ostentation. Ignorer Byousoku 5 Centimeter, ce serait un peu comme cracher sur la Joconde, et applaudir du Fan art.

Premier point suscitant l’envie, le visuel.
Avant le scénario, avant la musique, les Seiyuus et tout le reste, le spectateur prend connaissance du visuel. Au cours des premières secondes du premier épisode, quatre sens laissent la place à un seul et unique : la vue.
Ce sont nos yeux qui, en premier, vont nous permettre d’intellectualiser une première critique, simpliste certes, qui nous mènera à une première conclusion : c’est beau, ou c’est moche.
Makoto Shinkai oblige, la première conclusion fut « oh mon dieu… ».
On pourrait établir des parallèles entre les différentes œuvres produites par maître Shinkai, mais avant cela, on peut clairement établir son premier objectif avant d’en commencer une nouvelle : faire plus beau que la précédente. A chaque film, à chaque court-métrage, on se prend une claque monumentale. Alors que l’on s’imagine qu’il est difficile de faire plus réel, plus pur et plus irréprochable, le nouveau Dieu de l’animation sort une nouvelle référence esthétique, à chaque fois plus proche de la perfection.
On retrouve tout de même le style habituel, présent dans ces précédentes œuvres, à savoir des environnements hyper réalistes, des couleurs majoritairement pastels, un visuel contemplatif, des décors fourmillant de détails tous plus impressionnants les uns que les autres ; et au milieu de tout ça, un character-design extrêmement simple, ne cherchant ni le réel, ni le détail, mais au contraire, la possibilité, à mon humble avis, d’offrir des protagonistes les plus expressifs possibles.

Inutile, pour l’occasion, d’écrire des dizaines de lignes argumentant mon opinion. Quiconque doté de deux globes oculaires, ou même d’un seul, parviendra à me comprendre dès les premières secondes de visionnage. Les autres seront à mes yeux des sans-goûts sans crédibilité. Voila, c’est dit.
Passons donc sans attendre au deuxième élément suscitant l’envie.

Le deuxième point, c’est le scénario, l’histoire d’amour.
Thème cher aux scénaristes nippons, la « love story » étudiante est une sorte de fantasme assez populaire. La jolie lycéenne en jupe, et le lycéen classieux, plus mûr que son âge, protecteur et consciencieux vont-ils réussir à s’unir jusqu’à la fin de leurs admirables vies ? Voila la problématique que nous propose 5 Centimeters Per Second. Original et philosophique, n’est-ce-pas ?
Evidemment, je me moque, et évidemment, ce n’est pas le thème des court-métrages qui fait leur qualité, mais plutôt son traitement original.
Partout, chaque année, on nous propose une pluie, que dis-je, des torrents (n’y voyez là un jeu de mot que si vous êtes un geek) de daubes où le protagoniste, victime d’ultimes poussées de testostérones, est follement attiré par la grosse poitrine alléchante de sa camarade de classe, aussi voisine, aussi amie d’enfance, et aussi presque demi-sœur, qui, elle aussi, poussée par ses hormones, commence à voir celui qui auparavant n’était qu’un ami comme un homme, un vrai. Mon dieu, quelle coïncidence !
Byousoku nous libère de cette mièvrerie grossière et gratuite en nous proposant une histoire d’amour, certes entre deux lycéens, mais exempte de toute gratuité, de tout fan-service et de tout humour déplacé, tout en nous gratifiant d’une poésie narrative rarement égalée dans le milieu de la japanimation.
L’autre originalité, par rapport à la norme vulgaire, est que dans le cas présent, l’histoire d’amour tourne autour de la distance entre les deux protagonistes. En effet, là où les personnages sont toujours dans les mêmes lycées, ou même dans les mêmes classes, ici, ils sont à plusieurs centaines de kilomètres l’un de l’autre. Ainsi, ni salive, ni saignements de nez, ni hurlements façon Tex Avery, juste une mélancolie désolante, mais aussi extrêmement touchante.
Trois histoires courtes, entre lesquelles le temps passe inlassablement, voila aussi un format intéressant.
Au début très jeunes et innocents, on assiste à l’évolution de l’état d’esprit des personnages principaux, à travers Takaki Toono, à la fois acteur et narrateur, dont la vie sera rythmée par l’existence d’Akari Shinohara, son premier vrai amour, pour lequel il était prêt à tout.
Les personnages sont extrêmement touchants. De leur enfance à l’âge adulte, on retrouve des protagonistes inchangés, mais dont la vision de l’amour, de la vie et du rêve sera gravement atténuée par une société égoïste, qui pousse les individus à penser à eux avant de penser aux autres, à toujours aller de l’avant et à oublier le passé.
On le voit rapidement, tout est fait pour être touchant. Mais là encore, si auparavant, vous n’étiez pas dupes et vous ne vous laissiez pas berner par cette volonté de vous attendrir, je vous mets au défi de résister à la poésie de Byousoku 5 Centimeter. Sincère, raffiné, pur et élégant, ce film (à peine plus d’une heure au total) parviendra à susciter en vous une réelle affection à l’égard de Takaki, qui ne parviendra à vivre au jour le jour qu’à l’aide d’un simple souvenir, pour lequel il serait prêt, cette fois-ci, à tout abandonner.

En ce qui concerne les musiques, elles s’accordent parfaitement avec l’atmosphère suscitée à la fois par le visuel et par le scénario. Sans être trop présentes, elles accompagnent merveilleusement bien les divers décors et scènes que vous découvrirez lors du visionnage.
Mention spéciale aux deux Voice-actors des personnages principaux, qui dans les deux cas, ont su insuffler une réelle poésie dans chacun des dialogues prononcés. Leur travail parviendra, à quelques reprises, à réellement bouleverser le spectateur.

Je ne peux en dire plus sans considérablement amputer le plaisir que vous aurez à suivre ce chef-d’œuvre.
Outre les amateurs de shônens, pour qui le sentimentalisme se résume à une éraflure sur la joue de Naruto, je conseil à tout le monde, fans d’animes ou néophytes, de tenter l’expérience Byousoku 5 Centimeters. Doté d’une poésie propre aux mangas, que l’on retrouve, notamment dans les œuvres de Kei Toume, ainsi que d’un visuel littéralement exceptionnel, il vous faut passer par là afin de découvrir, probablement, ce qui se fait de mieux en matière d’animation japonaise. Une valeur sûre, une référence, un chef-d’œuvre. Bravo, Makoto Shinkai.

10/10

Recherche