Le reproche n°1 adressé aux animes concerne leur manque flagrant d’originalité. Avec NHK, Gonzo a mitonné quelque chose d’assez inhabituel… et le public exigeant que nous sommes ne pourra que s’en réjouir.
L’histoire débute avec la rencontre Satô Tatsuhiro / Misaki, cette dernière étant selon moi le meilleur personnage de la série. La demoiselle se révèle particulièrement attendrissante (tellement kawai quand elle agite la menace d’une amende mirobolante d’un million de yen) et plutôt énigmatique, jusqu’à que le dénouement final réponde à nos interrogations. Satô reste toutefois au cœur de l’histoire, pour le meilleur et pour le pire. Si au fil des épisodes, on entre bel et bien dans la logique tordue de son existence… je n’ai pour ma part jamais réussi à m’identifier complètement au personnage. Sans rire, il agit de façon tellement décalée, étrange et stupide (faut bien le dire) qu’on finit par ne plus attendre plus grand-chose de lui. Ses différentes expériences sont toutes plus désespérantes les unes que les autres ! Pas évident de s’attacher à ce héros de pacotille qui progresse à la vitesse d’un escargot. J’ai quand même beaucoup aimé le passage sur les MMORPG, il apporte un peu d’air frais dans cet univers très centré autour de l’appartement de Satô.
Narrer la vie d’un hikkikomori sur le chemin de la guérison, fallait oser, mais pour faire passer la pilule, les auteurs de la série ont essayé d’intégrer un peu d’humour. C’était sûrement un bon moyen d’aborder des thèmes aussi sombres que le suicide, l’isolement, la paranoïa. Sans pour autant tomber dans la bouffonnerie, les petites vannes apportent une légèreté bienvenue à la série. Néanmoins le côté dramatique de l’histoire peine à convaincre, car l’émotion ne passe pas très bien. L’enferment de Satô l’a changé en « handicapé relationnel » et la frustration qui en découle n’a pas été traitée à sa juste valeur. De la même façon, ses relations avec Yamazaki, Misaki ou sa senpai manquent de profondeur. La souffrance des différents protagonistes n’est pas vraiment été analysée ou même exprimée, je suis un peu resté sur ma faim. A vouloir trop bien définir ce qu’est le quotidien d’un hikkikomori, Gonzo a un peu oublié d’étoffer ses héros. Je n’ai pas non plus trop accroché aux récurrentes crises de parano à base de petits gnomes bleus. Y’avait pourtant moyen de se lâcher sur les hallucinations de Satô, ainsi que sur les délires conspirationnistes de l’ex-membre du club de littérature.
Les jolis environnements contrastent avec une animation un peu cheap et malheureusement les chouettes thèmes musicaux tournent un peu en boucle. La réalisation pourrait au mieux être qualifiée de sobre, d’autant plus que le chara-design se trouve dans la moyenne basse. Les fréquents retours à la case départ de Satô amènent une sorte de monotonie, certes inévitable pour tenter de dresser un portrait réaliste de l’hikkikomorisme, mais qui aurait tendance à lasser le spectateur. Je suis assez négatif depuis le début de cette critique et pourtant j’avoue avoir plutôt bien aimé NHK, un anime qui a osé sortir des entiers battus. Malgré la relative superficialité du propos, je me suis pris au jeu et l’ennui n’a jamais réussi à me submerger. Pour preuve j’ai souvent enchaîné trois, quatre ou cinq épisodes d’une traite.
En définitive je conseille donc cette série à ceux qui veulent s’essayer à quelque chose de nouveau et d’original, mais ne vous attendez pas à une réflexion très poussée sur la question des hikkikomori : la série constate plus qu’elle n’interroge.
Etant donné que je pense comme certains ici je vais essayer d’éviter de répéter la même chose, mais juste revenir sur quelques points de l’histoire et son thème.
NHK est un anime qui m’avait intéressé de par son thème, mais sa superficialité latente m’a repoussé malgré un bon départ. Car oui, c’est LA chose que je trouve dommage, l’anime se complaît dans une sorte de niaiserie assez énervante. Pour avoir passé une mauvaise période après mes études j’ai une idée ce qu’on peut éprouver en restant chez soi et la difficulté de se réintégrer. Alors certes, je veux bien croire qu’on est tous différent mais être rester 4 ans, sans argent si ce n’est de quoi subvenir à ses besoins et donc sans réelle possibilité de loisir (il n'en a d'ailleurs aucun) et seul qui plus est, je trouve ça irréaliste que Satou est à peine effleurer les sujets qui auraient pu être intéressant comme le suicide et l’intérêt de la vie en générale, la société, le bonheur, etc. J’ai plus l’impression que le mangaka a choisi son sujet dans le seul but de se démarquer de la concurrence dans un marché surexploité.
Car comme certains ne le savent peut-être pas, NHK est un manga à la base, qui est proche au niveau du déroulement des 24 épisodes (qui n’est pas la fin du manga) mais n’a pas souffert de l’adaptation télévisuelle aseptisé du studio Gonzo, et est donc bien plus sombre avec parfois des différences non négligeables, Satou ce serait par exemple bel et bien suicidé sur la plage si personne ne l’avait sorti de cette tente avec le charbon de bois qui, brûlant, consommait l’oxygène car il était déterminé à en finir et avait passé le stade de l'évanouissement. Ou alors ses hallucinations, non du à son renfermement de 4 ans mais parce qu'il "sniff" de la drogue!
Et même, sans passer par le filtre Gonzo, cela reste trop superficiel à mon goût, surtout que là où j’en suis on est pas si loin du point de départ avec un Satou qui a arrêté son travail pour un travail plus créatif (il recommence à écrire des scénarios pour son ami sur les jeux Hentaï, super…), d’où l’impression que l’auteur ne veut pas faire une œuvre plus réfléchi que ça.
Voilà, comme Kuchiki le dit, si le tout se maintien grâce au thème choisi, cela reste décevant quand aux possibilités gâchées et à la façon d'éviter de traîter certains sujets. Je met 5/10 à l’anime, mais j’aurais quand même mit plus au manga.
Nhk ni youkoso est un peu un ovni de la japanimation à l’heure où les shonens de bas étages et les shojo ecchi connaissent un énorme succès,il a le mérite d’aborder deux thèmes sensibles à savoir le suicide et l’hikikomorisme, il n'est donc pas à mettre entre toutes les mains sous peine de déception.
A vrai dire, au début de l’animé, j’étais peu emballé par les épisodes car l’animé traitait ces 2 sujets en les survolant et n’allait pas au fond des personnages .
Cependant, il était plaisant à regarder et profitant d’un emploi du temps favorable je me suis remis à l’animé et bien m’en a pris puisque la déception s’évaporait à mesure que mon esprit bouillonnait de plaisir .
En effet, cet animé est un petit bijou dans le sens où l’humour s’accorde presque à la perfection avec la détresse des personnages, rares sont les fausses notes . Ainsi, le cynisme tient une place centrale puisque l’on rit à des situations d’afflictions larmoyantes en temps normal .
Or, même si on se surprend à rire de ces scènes dramatiques on prend conscience de la gravité du problème et des conséquences de cet isolement sur les personnages : pour faire un parallèle à un film on peut comparer le principe de Nhk à Las Vegas Parano . Les drogues sont différentes mais le but est le même : s'évader de la dure réalité en s'enfermant dans un monde imaginaire ou virtuel qui permet à ces drogués de survivre . "La réalité implacable me conduirait au suicide si le rêve ne me permettait d'attendre." disait Maupassant
La diversité des personnalités et leur exploration psychologique sont bien exploitées puisque l’on découvre tout au long de l’animé les souffrances et le passé tortueux des protagonistes .
Ils sont tous plus ou moins à différents degrés rejétés de la société et se sentent exclus : l’animé fait en effet la part belle à l’exclusion et à la dissolution du lien social thèmes très actuels s'il en est .
Mais, l'expression de cette exclusion diffère selon les personnages, délire conspirationniste et isolement chez Sato, compensation d'une frustration par la passion des galges chez Yamazaki et une mélancolie et une solitude prononcées chez Misaki .
Quand la solitude, l’isolement, le rejet deviennent trop pesants alors il ne reste plus dans leur vision que le suicide, seule solution pour mettre fin à leurs souffrances, l'animé exposant ainsi une évolution intéressante des états psychologiques et des conséquences de chaque évènement chez nos protagonistes .
Certains considèrent peut-être à juste titre que l'animé survole ces thèmes, je pense plutôt qu'il plante le décor pour montrer -sans pour autant justifier le suicide- que "le suicide -disait Perros- , ce n'est pas vouloir mourir, c'est vouloir disparaitre" d'une société qui rejette des individus banals et "normaux" .
L'auteur a donc peut-être souhaité montrer que c'est la société qui fabrique les suicides car elle laisse au bord de la route des personnes victimes d'une marginalisation qui est presque coercitive et individuelle, et non pas choisie (des groupes sont parfois volontairement marginaux) . Ainsi, le message de cet animé pourrait être une citation de Malraux : "Celui qui se tue court après une image qu'il s'est formée de lui-même: on ne se tue jamais que pour exister." Ainsi, le cercle vicieux qui pousse à la disparition ne serait que le résultat d'un aveux d'échec de la société et de l'individu qui ne voit dans ces derniers retranchements que la solution finale pour s'exprimer et exister.
Mais, cette "solution" est évitable dans la mesure où les personnages sont dans une sorte de coma conscient, de somnambulisme éveillé et qu'un électrochoc peut les réveiller et les remettre sur de bons rails .
L'animé préserve donc par une intelligence scénaristique sa ligne humoristique tout en nous présentant les différentes étapes de ce processus, formant ce cocktail détonnant qui ne sera pas au goût de tout le monde mais qui comme vous l'aurez remarqué a régalé mes papilles !
Welcome to the NHK est une série qui m’a énormément frappé lors de son visionnage. Chaque arc de la série aborde des sujets qui nous concernent tous ou qui peuvent nous concerner : la vie du reclus, les otakus, les fana de MMORPG, les suicidaires, le spectre de l’enfance malheureuse et maltraitée, etc. Un vaste programme pour 24 épisodes.
Pour aborder chacun de ces aspects, il fallait adopter un ton, une couleur pour la série. C’est pourquoi la série oscille entre sérieux et burlesque. On ne va pas jusqu’au bout des choses. Il s’agit simplement de présenter quelques grands troubles sociaux avec humour et de donner quelques encouragements en laissant envisager quelques échappatoires, certes relativement idéalisés, aux personnes qui sont atteintes par les thèmes abordés. Le message passe d’autant mieux que les sujets d’apparence de sérieux pathétiques sont abordés avec le sourire, avec une pointe d’humour bienvenue. Si la série avait un ton uniquement sérieux, le public ciblé par la critique n’aurait certainement pas été atteint.
La grande puissance de la série réside pour moi en son personnage central : Satou est sans conteste le « héros » qui m’a le plus frappé dans l’univers de la japanimation. Avant toute chose, il s’agit d’un personnage complexé et par conséquent maladroit que l’on place de façon quasi expérimentale dans telle ou telle situation. Satou est en ce sens tellement banal qu’il est franchement réussi en tant qu’ personnage de ce type d’animé. Et surtout, il ne joue pas au pseudo-héros, c’est toujours grâce à une aide extérieur qu’il finit par s’en sortir.
Misaki est quant à elle le personnage mystérieux de la série. Un aspect d’autant plus accrocheur qu’elle est plutôt kawai dans son genre de pseudo-enseignante de la grande vie. Ce genre de personnage permet de suivre plus facilement la série car on soupçonne qu’il cache un secret qui sera dévoilé. Mais c’est évidemment un artifice. Ce qui importe le plus est à mon sens sa rencontre avec Satou, qui permet de suivre une relation ambiguë entre deux personnages d’exception.
Alors oui, on peut dire que les personnages sont pathétiques. Mais le but de la série est justement de nos présenter ce genre de protagonistes. Il aurait en effet été bien difficile de donner une leçon de vie à travers des monstres de charisme et de sympathie.
Il me reste à aborder ce que je retiens le moins dans ce genre de série : la qualité de sa réalisation. Franchement l’essentiel n’est pas là. J’ai facilement accroché au chara-design et la touche graphique m’a semblé bonne bien que banale (ce qui tombe plutôt bien après tout.) La musique est sympa, j’ai particulièrement accroché aux moments où intervient un petit morceau de guitare que ceux qui ont visionné la série reconnaîtront sûrement.
En bref, Welcome to the NHK, c’est un scénario poignant, associant de manière sublime rire et émotion. Une leçon de vie fantastique donnée de main de maître. Essayez, si vous n’accrochez pas, réessayez dans deux ans, dans trois ans, votre expérience peut être décisive dans l’appréciation d’une telle série.
Voilà un animé traitant d'un sujet qui m'intéresse car il ne concerne pas que le Japon. Des reclus existent chez nous et ailleurs mais avec des appellations différentes.
Ce thème est d'actualité dans une société où le contact humain n'est presque plus obligatoire. Confronté à l'immensité de la toile, il est facile de s'isoler socialement et de se créer un monde à soi, loin des problèmes que l'on peut rencontrer dans sa vie de tous les jours. NHK ne se contente pas de ce seul fait et explore aussi les conséquences d'un tel choix. Malheureusement, l'animé ne va jamais en profondeur et rend une copie propre mais incomplète. Cette superficialité demeure exaspérante à mesure que la série avance car il y a une part de frustration à ne pas voir des thèmes sérieux et importants aller au bout de leur but. La faute sans doute à un héros instable, parfois touchant, souvent énervant, schéma que reprend le scénario. L'histoire n'est jamais claire, cherchant un point d'arrivée qu'elle trouve difficilement. Le résultat est lent, ennuyeux, avec quelques sursauts positifs, ce qui nous pousse à regarder la suite.
Mais le gros problème réside dans les personnages, tous plus pathétiques les uns que les autres. Choisissez parmi un reclus, un pervers, une escroc et une suicidaire. Pas évident de trouver les personnages sympathiques et apprécier pleinement les thèmes que chacun d'eux aborde. Misaki est le seul personnage à faire passer son message d'une belle facon, même si elle y parvient un peu tard. De plus, ils tentent tous de trouver une solution à leurs problèmes mais j'avoue en pas être concaincu sur la manière et surtout sur le résultat. Là encore, l'animé reste trop correct et ne cherche pas à développer la partie sombre de leur âme alors qu'il y avait du potentiel.
Le design est chancelant dans le sens où il n'est pas toujours irréprochable mais celà correspond bien au style de la série, surtout dans les moments "pétage de plombs", assez (voir trop) récurrents. Les jeunes filles sont kawaii, n'en demandons pas plus ^^.
La musique n'est pas incontournable mais certains morceaux (à la guitare par exemple) sont très agréables. L'opening est THE opening d'otaku, ce qui est parfait pour la série mais d'un point de vue musicale, il ne casse pas des briques. Enfin, le tout colle à l'univers de NHK, c'est amplement suffisant.
Une série décevante mais qui se maintient à la moyenne gràce aux thèmes qu'elle aborde, même si ces derniers ne sont pas bien traités. Dommage, car c'est un sujet que je connais assez bien et que j'aurai aimé voir mieux adpaté.
NHK ni Yokoso (NHKNY), se penche sur l'univers des Hikkikomori et des Otakus, quelque chose qui peut nous sembler assez étranger, nous occidentaux, mais qui constitue un véritable phénomène de société au Japon.
Étranger ? Finalement pas tant que ça, et c'est ce que NHK parvient à nous montrer.
Pour traiter de ce sujet, il fallait des personnages pas ordinaires, et, sur ce point, on est servi. La plupart des protagonistes rencontrés tout au long des 26 épisodes sont tous savoureusement plus marginaux les uns que les autres et apparaissent quasi systématiquement acculés par la sociétés.
L'ensemble est traité avec beaucoup d'humour, très souvent hilarant, mais dont le second degré laisse un petit goût d'amertume. En effet, voir ce pauvre Sato se débattre dans le marécage de la société peut paraître pathétique et pitoyable.
Et pourtant, ceux qui ont déjà connu, directement ou indirectement, ce genre de situations délicates savent à quel point une fois passé le stade de la réclusion et de la désocialisation, il est difficile d'émerger à nouveau.
Et là, NHKNY dépeint magistralement, au travers de Sato entre autres, toutes les caractéristiques d'une personne dépressive : les hésitations perpétuelles, le fait que toute action banale (sortir faire des courses ...) devienne un véritable challenge, la disparition de toute confiance en soi, de toute estime de soi, la peur du regard des autres, la planification des projets en faisant 1 pas en avant puis 2 pas en arrière et la frustration de n'aboutir à rien.
La série montre en parallèle les dangers vers lesquels ces personnes en faiblesse se retrouvent attirés inexorablement : la fuite dans les univers virtuels, les sectes (ici implicitement évoquées), les vendeurs crapuleux etc.
Tout ceci générant une haine croissante envers cette société où l'on se sent de moins en moins à sa place et qui fait sombrer dans la psychose de la paranoïa jusqu'à l'ultime échappatoire: le suicide.
D'un point de vue technique, j'ai trouvé NHKNY très bon en cela qu'il est tout à fait dans le ton de la série ; ici aucun déballage graphique inutile, tout est centré sur le charadesign tour à tour, selon la situation, très expressif ou caricatural.
La bande son est assez diversifiée ; elle renforce les nombreuse situations humoristiques, mélancoliques ou encore les scènes fatalistes. Le ending des premiers épisodes est totalement hilarant.
Je pense qu'au delà de la simple distraction que procure NHK ni Youkoso par son coté humoristique, cette série possède une certaine valeur pédagogique pour tous ceux qui sont ou seront un jour face à une personne dépressive.
La magie de l'animation fait, qu'ici, des gens finalement altruistes vont venir aider et supporter notre antihéros. Mais la vie réelle n'est pas si belle et, dans de tels cas, les inestimables mains tendues sont rares, surtout pour nous occidentaux qui occultons quelques peu un phénomène de société que les japonais, eux au moins, n'ont pas peur de décrire et de considérer.
Somme toute, il m'apparaît que NHKNY reprend quelques thèmes d'Evangelion voire même de Paranoïa Agent mais sans pousser aussi loin le bouchon de la métaphore. Et comme pour Evangelion, il y aura toujours des gens parmi nous qui ne capteront rien à NHK et/ou qui ne se sentiront pas concerné ... et c'est d'ailleurs tant mieux pour eux.
NHK ni youkoso ! Littéralement Bienvenue à NHK, à ne pas confondre avec la chaîne de télé nippone, car on nous souhaite la bienvenue dans un univers relativement délirant, en tout cas c'est ce que le studio a éssayé de faire...
Gonzo, un studio plutot connu pour des animés à fort succès mais aussi grâce à des particularités comme la volonté d'intégrer la 3D à tout bout de champ. Celle-ci commence à être bien utilisée, on sent que ces dernières années ont été utiles pour permettre cette réussite. Néanmoins, une des marques de fabrique de Gonzo est aussi l'irrégularité. On privilégie un aspect et on en délaisse un autre, comme l'animation au bord de la médiocrité ou encore le chara-design. Ce dernier en apparence soigné, il souffre de grosses bavures surtout pour ce genre de série qui se repose essentiellement sur les personnages. Donc NHK ce n'est pas l'animé du moment du côté technique, on l'aura compris, mais l'ensemble reste très correct tout de même.
L'histoire est centré sur un « hikikomori ». Et c'est là que le bât blesse, en effet les hikikomoris sont sensés être des reclus de la société, asociales. Bref on s'attend à un aspect de la société japonaise sombre, on se prépare à plonger dans les méandres de l'esprit humain. Bah non, il semble que ce ne soit qu'un motif pour nous inciter, pauvres téléspectateurs à visonner cette série. Eh bien soit, allons-y, dans ce pseudo univers déjanté, où Satô est plus ridicule qu'autre chose avec ses hallucinations pathétiques ou ses moments «dramatiques » . Cependant, il a eu le mérite de me faire rire, mais je ne pense pas que ce soit l'effet escompté.
NHK ni youkoso, est une série qui ne va pas au bout des choses, une volonté désagréable de rester politiquement correct. De ne pas aller au bout des choses car des personnages sombres ma foi très intéressant sont trop peu utilisés, on préfère ceux-ci à un otaku fan de lolicon véritable boule de nerf ou la lycéenne kawai (d'ailleurs elle change très rarement de vêtements la pauvre). De rester politiquement correct car on veut jouer la carte de la dérison et de l'humour pour traiter d'un sujet sérieux. Eh bien soit l'intention n'est pas mauvaise, mais la manière oui. On a droit à une morale sans subtilité, ce qui fait que la pillule ne passe pas.
Pourtant, la musique a maintes fois failli me faire chavirer. Elle est sans doute la meilleure réussite de cette série. Elle tire son épingle du jeu, peut-être à cause du niveau général moyen... En tout cas, la bande son est variée et sait comment toucher le coeur lorsque les images échouent. On retiendra, la piste jouée à l'harmonica qui souffle un air mélancolique en accompagnant Satô dans ses moments dépressifs. Elle reste limpide dans un ensemble où le flou règne.
Le scénario est très peu clair, on stagne voir régresse dans le sens où Satô est une vraie girouette, ce qui est agaçant: on ne voit pas où on veut nous mener à part la bonne vieille morale. Néanmoins, dans ce portrait négatif il subsiste quelque points intéressants de cette série; tout n'est pas bon à jeter. Un petit quelque chose nous pousse à cliquer sur l'icône de l'épisode suivant malgré un rythme lent et ennuyeux. Pourquoi ? Sans doute pour Satô paradoxalement. Cette loque, ce lâche, malgré tout ce personnage a un côté attachant. On voit la faiblesse humaine à l'état brut, on pourrait même se reconnaître. Certes une critique sans subtilité de la société japonaise, mais une critique quand même.
Un anime finalement décevant, qui n'a fait que « survivre » péniblement, ce n'est pas faute d'essayer, trop tard le bâteau a déjà couler. Mais relativisons un tant soit peu, NHK n'est pas « mauvais » mais ce n'est pas le genre de série où l'on doit arriver avec des exigences. Donc si l'aventure vous tente lancez-vous.
NHK ni Youkoso! Comme si on vous disait bienvenu sur TF1 ! Vous ne vous méfieriez pas, jamais vous ne penseriez que PPDA, Claire Chazal, soient de mèche avec les Pokémons dans le grand complot que la société entière a monté contre vous. Si ? Ah, quand même… Avec une bonne médication cela devrait passer. C’est tout le problème de Sato, qui vit reclus depuis presque 4 ans dans quelques mètres carrés et dont l’esprit est sur le point de vaciller vers la folie furieuse. Jusqu’au jour où une jeune femme lui propose un étrange marché: participer à son projet et donc le guérir de son mal, celui d’être un hikkikomori, en respectant les clauses d'un véritable contrat sous peine de lui devoir 1 million de Yens. Rien de moins.
C’est une histoire de fous, me direz-vous, et vous avez raison, ils sont tous plus ou moins fous dans cette série ou en tout état de cause dans un état psychologique précaire. Plus l’animé se déroule et plus Sato fait la rencontre ou plutôt renoue avec des personnes de son passé qui ne sont parfois pas mieux lotis que lui. Entre Yamazaki, qui se trouve être son voisin depuis des mois (je vous rappelle que Sato ne sortait pas de chez lui), qui est un otaku frappé par le complexe du lolikon (en bref un accroc des jeux vidéos dont l’idéal féminin est un personnage de manga), sa sempaï Hitomi, jeune femme brillante, diplômée de la prestigieuse université Todaï, en bute avec la médiocrité du monde, de son environnement professionnel, accroc aux anti-dépresseurs et aux tendances suicidaires. Mais, également, son ancienne déléguée de classe victime d’un escroc et qui pour retrouver un semblant d’estime pour elle-même est devenue aussi un escroc. On ne peut pas dire que Sato soit particulièrement bien entouré pour se sortir de ses névroses.
Reste la jeune femme, Misaki, l’autre véritable personnage principal de l’animé. A la fois, seule balise qui rattache Sato à la réalité dans les eaux tumultueuses de son âme torturée, objet de ses obsessions, mais aussi plus trouble quand elle dit qu’elle s’est approché de lui parce qu’elle avait trouvé un être encore plus méprisable qu’elle. C’est elle qui l’amène à briser son quotidien totalement monotone, c’est aussi elle qui peut être la cause de certaines de ses rechutes les plus profondes.
Vous l’aurez compris, aucun des protagonistes ne sort véritablement indemne de cette série, pour autant elle n’est que rarement triste. Mêlant le comique de l’absurde à celui de situation, elle touche souvent juste. Pour qui a connu des gens vivant des jours véritablement difficiles, il sera plaisant d’avoir le sentiment d’un «déjà-vu». En effet, les personnes vulnérables s’attirent souvent entre elles mais plus encore elles sont victimes de véritables prédateurs, de gens qui s’y entendent comme personne pour exploiter les failles. Je ne dirai pas que l’on rit souvent en regardant les mésaventures de Sato, on sourit. Mais ces sourires ne sont que rarement gratuits, ils sont teintés d’amertume à la vue de cet écorché vif qui se débat pour s’en sortir, qui se trompe souvent, qui choisit encore plus fréquemment la solution de facilité pour mieux se mentir à lui-même.
Cet animé me rappelle fortement la nouvelle de Yoshimoto Banana intitulée « Lézards » avec ses personnages autocentrés, frappés par cette incapacité à communiquer avec le monde extérieur tout en désirant plus que tout être compris par les autres, par leur immaturité.
NHK ni Youkoso! est décidément un excellent animé. Je me risque à le dire même s’il n’est pas totalement terminé et si l’issue reste incertaine. Il risque de ne pas forcément être compris de tous et apprécié à sa juste valeur car je crois que pour cela il faut avoir un peu de vécu. Mais cela n’est pas forcément une question d’âge, car on peut avoir 50 ans et ne pas savoir grand-chose de la vie.