Paranoia Agent

  • Format: Série TV
  • Année de diffusion: 2004
  • Titre original: Paranoia Agent (Mousou Dairinin)
  • Licencié: oui
  • Titre français: Paranoia Agent
  • Editeurs: Dybex
  • Nombre d'épisodes: 13
  • Site officiel: http://www.mousou.tv/
  • Studio: Madhouse
  • Diffuseur: WOWOW
  • Auteur: Satoshi Kon
  • Directeur: Satoshi Kon
  • Character-designers: Masaji Ando
  • Musique: Susumu Hirasawa
  • Doubleurs: Mamiko Noto (Tsukiko Sagi), Haruko Momoi (Maromi)

Synopsis

Tsukiko est designer : elle crée des peluches qui se vendent comme des petits pains, et sa dernière mascotte Maromi a dépassé tous les espoirs de vente de la société qui l'emploie.
Mais voilà, celle-ci doit trouver un nouveau design de peluches et elle n'a que très peu de temps avant la date limite, si bien qu'elle se sent acculée, et ne parvient à rien de bien.

Pendant ce temps-là, une histoire se propage dans tout le pays : de nombreux actes d'agression se perpétuent de partout, et à chaque fois on accuse une même personne, qui devient très vite une légende urbaine : shounen Batto (le gamin à la batte). C'est un adolescent portant une casquette et chaussé de roller, qui attaquerait tous ses gens avec une batte tordue...

Un soir, tandis que Tsukiko rentre chez elle, elle se fait agresser par Shounen Batto lui-même, sous le regard hagard d'une clocharde à l'apparence sinistre.

Dès lors une enquête est lancée, et les deux inspecteurs penchent chacun pour une solution différente : pour le premier, Tsukiko a été vraiment agressé, pour le second, c'est un coup monté afin d'obtenir une rallonge de temps pour trouver ce fameux nouveau design.

Cependant, cette première agression marque le début d'une longue suite d'incidents, au cours desquels plusieurs personnes n'ayant a priori rien à voir les unes avec les autres, vont se trouver liées par le destin...
Les inspecteurs perplexes auront fort à faire, d'autant plus que le phénomène va gagner tout le pays, et dégénérer à un point tel que la société elle-même risquera de basculer dans la psychose...

Synopsis soumis par watanuki
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Par Descartes le 26/02/2007 à 19:35

Satoshi Kon est décidément un réel artiste. Il ne se contente pas de divertir, ne tombe jamais dans la facilité, et sait toujours dérouter ses spectateurs. Surtout il ne prend pas le spectateur pour un abruti, et en cela il sait conquérir et faire l'unanimité (c'est bien connu, "aime moi et je t'aimerais en retour"). Sortir des sentiers battus tout en maintenant une qualité intacte, gageure que beaucoup se devraient de mener à bien, ou au moins s'y essayer.

Kon s'attaque ici à un sujet de société ô combien important par le biais de la métaphore paranoïaque, le suicide. En effet, il met en scène des individus opprimés, oppressés, acculés par la société actuelle, par son rythme de vie, par les exigences auxquels ils sont astreints, et qui n'attendent qu'une seule chose, être délivrés de cette frénésie, de cette aliénation, délivrance qui passe par la mort. Afin de faire passer la pilule de manière plus douce et subtile, Satoshi Kon nous personnifie le suicide en la personne de "Shonen Bat", et monte son histoire par une succession d'épisodes s'enchevêtrant, chacun d'entre eux mettant en scène des personnages différents, ayant pour trait commun l'oppression sociétale. Kon a ses boucs-émissaires: le monde du travail, la lourdeur des rites hiérarchiques, la société de consommation et de divertissement. Kon fait dans le social, et le fait bien, mais Kon fait aussi dans le moral, et le fait lourdement. Quelques épisodes sont parsemés d'un puritanisme sur les notions de réalisme, d'abnégation, de persévérance et de modestie, ce dont on aurait pu se passer (et dont les individus aux pulsions suicidaires également), mais n'occulte en rien la qualité de la série.

Non content de s'attaquer au sujet délicat du suicide, Kon nous fait également un réquisitoire à l'encontre de la culture de masse, réquisitoire qui prend sa plénitude dans le dernier épisode, où l'on évoque la crise de la culture et son auto-suicide par le biais d'une comparaison répétée à plusieurs reprises. Il s'attaque également au sens de la vie, ce qui est déjà nettement plus banal, l'originalité résidant dans la manière dont cette question est abordée par ellipses peu récurrentes.

Kon est un artiste car il nous gratifie d'un scénario de qualité et original, qui sait nous faire rire et réagir, mais aussi de par la qualité visuelle qu'il impose ainsi que de certains de ses délires. Paranoia Agent est en effet une série visuellement très réussie, avec une animation de qualité, un chara design efficace comme à l'accoutumée chez le réalisateur, le tout doublé de certaines originalités qui font plaisir à voir (le village en 2D par exemple).

Malgré tout, 13 épisodes sont amplements suffisants à cette série, qui a déjà tendance à quelque peu délayer, et qui par moments pousse certains délires jusqu'à la lourdeur et au ridicule.

En conclusion, comme je n'ai rien à dire je ne dirais rien. C'est vrai quoi, pourquoi se creuser la tête quand on a rien à dire? Ah si, regardez cette série.^^

PS: les interprétations douteuses émises par l'auteur de cette critique au sujet d'une quelconque métaphore n'engagent que lui et ne sont soumises à aucune obligation contractuelle.

8/10

Par kuchiki byakuya le 26/12/2006 à 03:31

Par tous les dieux de la japanimation, quel est donc cet extraterrestre?? De quelle planète vient-il? En tout cas, pas de la Terre.

Cette animé possède des qualités indéniables et une idée de départ brillantissime. Dès le début, on comprend que Paranoia Agent n'est pas un animé ordinaire et tant mieux. L'histoire est absolument géniale, bien ficelée, bien amenée et on a aucun mal à rentrer dans cet univers particulier. Pourtant, au fur et à mesure que le scénario avance, notre intérêt, lui, diminue. L'histoire reste intelligente, malheureusement, le coté surréaliste qu'elle développe est à double tranchant. Je veux dire qu'on peut trouver cette idée originale et appropriée mais on peut la considérer abusive. Personnellement, je rentre dans la 2ème catégorie. Je n'ai pas été conquis par ce procédé métaphorique que je juge lourd.

Le sérieux côtoie l'héroic fantasy avec une aisance suspecte, trop pour rester passionné tout le long de l'animé. Les personnages se retrouvent prisonniers entre deux mondes et la fin n'est plus un mélange mais une fusion totale entre ces deux mondes contradictoires, les persos sérieux vivant cote à cote avec des héros fantastiques. On se sent perdu et frustré, pas vraiment aidé par un chara-design assez déstabilisant. Cependant, on comprend bien le message délivré, cette véritable psychose qui se met en place d'un petit rien mais qui, à cause des médias, prend une importance dramatique. Même si la fin part en vrille sur le plan de la réalisation, le message reste clair, heureusement.

Le graphique comme je le disais tantôt, sort de l'ordinaire. Parfois, c'est beau et souvent c'est laid. Les persos sont hideux, déformés alors que les décors sont tout à fait corrects. Seul le gamin à la batte est très réussi et son sourire fait froid dans le dos car le sentiment de plaisir est très bien retransmis. Mais il demeure le seul antagoniste que j'aime.
Pour la musique, je dirai non. Même si l'opening est assez réussi avec de très bonnes images et une musique correcte, l'ending est insupportable, stressant. Pour ce qui est des thèmes, ils ne marquent pas les esprits, en tout cas, pas le mien. Seul l'opening tire son épingle du jeu.

Pour conclure, je dirai que malgré la critique intelligente sur le rapport entre la société et les médias, les peurs quotidiennes des individus, Paranoia Agent se perd en chemin. Le début laisse entrevoir beaucoup de bonnes choses que l'on ne retrouve pas à la fin, fin gachée par un excès de fantaisie qui ne ressemble plus à rien. Je mettrai cet animé au rang des déceptions.

6/10

Par watanuki le 29/11/2006 à 18:49

Pourquoi tomber amoureux de Paranoia Agent ?

-Le scénario est l'un des plus intelligents et des plus passionnants que l'on puisse voir à l'heure actuelle : la série peut se diviser en trois parties différentes. Une partie enquête, ou plusieurs personnages vont se faire agresser, où les enquêteurs vont tourner en bourrique et où Shounen Bato demeurera impuni. Une partie interlude, qui se concentre sur le développement de cette psychose, et sur ses ramifications parfois étonnantes, au sein d'une société régie par les technologies de communication. Une dernière partie, où l'on retrouve nos protagonistes quelques mois plus tard, alors même que Shounen Bato perpétue de plus en plus d'agressions, et devient de plus en plus monstrueux.
Apparemment frangmenté, le scénario n'en demeure pas moins extrêmement cohérent, et c'est avec une attention sans cesse renouvelée que l'on suit d'abord cette enquête qui a de quoi rendre fou, avant de voir à quel point le phénomène est devenu national, pour enfin assister à un dénouement où le fantastique et l'heroic fantsy "urbaine" ont la part belle : cette partie est réalisée avec maestria, les trouvailles sont là à chaque plan, tandis que la fin, somme toute assez simple, s'ouvre sur une dernière image, un ultime retournement qui laisse sans voix.

-La réalisation est splendide. Certes l'animation en soi a légèrement vieilli, et un ou deux plan font parfois ressentir une légère disproportion dans les corps (petit corps, grosse tête), mais celà met en évidence le lieu où se situe l'intrigue : la tête, le cerveau. Paranoia Agent multiplie les personnages, schyzophrènes, paranoïaques, névrosés : attirance sexuelle pour ses enfants, besoin d'être admiré, otaku amoureux de ses figurines, Satoshi Kon n'évite pas les tabous, et en joue pour livrer une oeuvre qui, sous des aspects enfantins, est extrêmement adulte. Certaines scènes sexuelles ou violentes assombrissent une ambiance qui n'est pourtant jamais glauque, mais qui n'en finit plus d'intriguer.
Les procédés employés sont nombreux, et employés pour donner du sens à l'histoire : un personnage se décolore à l'écran, preuve de la vacuité de sa vie, un autre s'enferme dans une vision du monde vieillotte, et l'animation, ainsi que le dessin deviennent rudimentaires, semblables à des cartons peints. La folie gagne du terrain, le décor se distord. Tout est là pour soutenir le scénario, et maintenir une ambiance jamais vue auparavant.

-Le mélange des genres est surprenant, mais parfaitement mesuré : on passe de l'enquête policière à l'heroic fantasy, on plonge dans un dessin animé pour enfant et l'on visite le cerveau malade des protagonistes, on sombre dans le fantastique effrayant pour finalement chercher la rédemption pour nos actes manqués. Pas de discours freudien pourtant dans Paranoia Agent, l'histoire prime sur le discours, et très souvent on ressent l'influence du film "l'expérience interdite", ne serait-ce que pour l'histoire du garçon armé d'une batte.

-Les génériques enfin : la musique n'est pas forcément excellente dans celui du début, mais la folie y trouve une représentation parfoite, avec des personnages riant d'un air hilare, d'un air fou, tandis que le champignon d'une bombe atomique se déploie à l'arrière plan. Quant au générique de fin, son ambiance onirique et son organisation visuelle sans faille achève d'intriguer : les personnages sont tous endormis dans l'herbe, les uns sur les autres, en cercle autour d'une peluche Maromi géante. Un générique qui donne beaucoup à penser... Et l'annonce des épisodes suivant : "dream confession", tel est le nom de ces annonces qui ne veulent strictement rien dire, et on l'on voit un petit vieux débloquer pendant 30 secondes pleines. Excellent !

Satoshi Kon pourrait être sociologue car en fin de compte, avec humour et talent, il démonte les procédés par lesquels une légende urbaine, pourtant invraisemblable de bout en bout, finit par trouver une place dans l'inconscient collectif, par se nourrir de ses peurs, et par devenir tout à fait réelle.

Un pur chef d'oeuvre, un dessin animé qui écrase toute concurrence, et qui donne à réfléchir tout en divertissant.
La perfection en animation, vous n'allez pas manquer ça ?

10/10

Par kisuke urahara le 30/07/2006 à 17:32

Paranoia Agent est un OVNI! C'est une autre vision de l'animation nippone que nous offrent les studios Madhouse. Une intrigue tournant autour d'un "serial batter" et de ses victimes... Que du bonheur!

Le scénario est une question perpétuelle qui amène plus le spectateur à réfléchir sur l'importance des personnages vis-à-vis de l'ennemi principal qu'est Shounen Bat! L'intérêt est sans cesse remanié à chaque épisode, du coup aucun n'est inutile! Le rythme est toujours le même, avec des changements sur la fin. On ne remarque pas de défaut majeur.

Le graphisme est assez bon et il y a quelques bonnes initiatives qui mériteraient de pousser l'action un peu plus.
Le seul vrai défaut de l'animé réside dans la complexité de la série. En effet, si les habitués y trouveront leur compte, les novices seront vite dépassé par les subtilités scénaristiques (seul point négatif).

En conclusion, nous sommes face à une très bonne série, et des comme ça j'en redemande.

9/10

Par josephine le 28/01/2005 à 21:15

Très beau graphiquement et très bien animé, visuellement c'est un vrai plaisir. 
Le genre fantastique, les ambiances qui alternent entre douceur et violence, le découpage caléidoscopique, tout ça fait de cette série un objet bizare et assez fascinant. 
Les bémols : on ne voit pas toujours où le scénario veut nous conduire, donc c'est un peu difficile de rentrer dans l'histoire. De plus, comme on suit plusieurs personnages à la fois, et aucun en particulier on ne se sent pas vraiment impliqué dans les évènements qui leur arrivent. 
Une très belle série, mais qui laisse un peu froid peut-être... (plutôt 7.5 que 8/10)

8/10

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