The Tatami Galaxy

Informations générales
- Format: Série TV
- Année: 2010
- Titre original: Yojōhan Shinwa Taikei
- Nombre d'épisodes: 11
- Site officiel: http://yojouhan.noitamina.tv/
- AKA:
- - 四畳半神話大系
- - Yojōhan Shinwa Taikei
- - Yojouhan Shinwa Taikei
- - Yojô-Han Shinwa Taikei
Staff technique [liste]
- Studio d'animation: Madhouse
- Réalisation: Yuasa Masaaki
- Chara-design: Itô Nobutake
- Chara-design original: Nakamura Yûsuke
- Auteur: Morimi Tomihiko
- Musique: Ôshima Michiru
- Diffuseur: BS Fuji, Fuji TV, Kansai TV, NoitaminA, Tôkai TV
- Chef animateur: Itô Nobutake
- Couleurs: Tsujita Kunio
Version française
Doublage
Maaya Sakamoto (Akashi) Shintaro Asanuma (Narrateur) Hiroyuki Yoshino (Ozu) Junichi Suwabe (Jōgasaki) Keiji Fujiwara (Higuchi) Yuko Kaida (Hanuki)
Synopsis
Je suis un étudiant qui a gâché ses deux premières années dans des clubs ridicules entraînés de plus en plus profondément dans les ténèbres sociales à cause de mon "ami" le sombre Ozu. Où est donc passé ma vie en rose que je rêvais en entrant à la fac ? Où est-ce petite amie aux cheveux bruns avec laquelle je me voyais déjà marcher côte-à-côte ? Ah, si j'avais plus de courage, j'essaierai d'aborder l'étrange Akashi.
Alors si j'acceptais cette proposition de mon voisin croisé dans un restaurant ramen réputé servir de la viande de chat ? Il prétend être le dieu tutélaire du temple non loin et pouvoir infléchir mon destin. La vieille diseuse d'aventure qui a lu en moi comme dans un livre m'a bien dit que je devais saisir la chance qui pendait devant moi. Peut-être un signe du destin ?
Synopsis soumis par Afloplouf
#Par Takezo92 le 06/09/2011 à 12:57
The Tatami Galaxy, un animé en avance sur son temps !
Quand le premier épisode de The Tatami Galaxy a été proposé gratuitement sur le site de Premiere, je n'avais quasiment plus regardé d'animation Japonaise depuis au moins 5 ans.
Par nostalgie de ma jeunesse d'Otaku, je me prêtais au jeu, curieux de voir ce que nous offrait la Japanimation en 2010 qui était devenu trop répétitif à mon gout. Les quelques minutes d'intro ont suffit à me faire comprendre que j'étais face à du génie, il était temps de sortir de ma longue hibernation !
Qui n'a jamais remis en question ses choix de vie ?
Suis-je passé à cotés du bonheur ou est-il finalement déjà en face de moi ?
Voici les questions que se pose un jeune étudiant insatisfait du moment présent, voulant fuir ses fréquentations qui l'écartent de sa route vers le bonheur. Il décide de faire un bon dans le passé et de changer ses choix de vies, des choix représentés ici par des clubs universitaires où il espère faire les bonnes rencontres. D'épisode en épisode nous allons découvrir le constat de ses différents choix suite à son insatisfaction, la fuite n'aidant finalement pas à trouver les bonnes réponses ! Il va faire la rencontre de personnages tous plus tordus les uns que les autres et par conséquent attachants, mention spéciale à Johnny le cowboy représentant la libido de notre héros qui se déchaine et s'impatiente en présence féminine.
La série déborde de créativité dans sa réalisation et le tout est parfaitement orchestré.
Je n'aime pas le terme d'animé expérimental trop souvent utilisé pour définir The Tatami Galaxy. L'expérimentation est synonyme de tentative et je pense que cette série est tout sauf un essai, c'est une œuvre artistique assumé et maitrisé de bout en bout.
L'histoire est adaptée d'un roman de Tomihiko Morimi, l'univers graphique imaginé par l'artiste Japonais Yūsuke Nakamura, les musiques composées par Michiru Oshima et la réalisation du génie Masaaki Yuasa qui permet d'orchestrer le tout de manière sublime.
J'insiste sur ces noms car il est rare d'avoir un casting composé de vrais artistes dans le cinéma d'animation où aujourd'hui tout se ressemble.
Un chara-designer choisi pour une série lambda est souvent très bon dessinateur mais son trait peu personnel, il s'adapte à l'univers manga ne cherchant pas plus loin et le résultat est souvent similaire à son voisin. Je me dois d'insister sur l'aspect graphique illustré ici par ce Yūsuke Nakamura qui nous offre un graphisme très contemporain. Son univers entre contraste de couleurs pétantes et personnages tout blanc à la manière d'une estampe est sublime et peu commun. Une série qui veut sortir du lot graphiquement doit travailler avec un artiste ou un illustrateur ayant son propre univers. Par la suite, c'est au réalisateur de mettre en scène ce petit monde à sa manière tout en restant cohérent.
Je trouve que beaucoup d'animateurs modernes (et donc réalisateurs) sont trop timides d'un point de vue technique et pourtant l'animation est selon moi un média qui déborde de possibilités non exploitées. L'animation de cette série le prouve et se détache de ce que l'on voit habituellement grâce à un paquet de bonnes idées. Yuasa n'hésite pas à déformer les personnages, exagérer puis accentuer les mouvements. Le résultat est bluffant, drôle, rythmé, parfois naïf mais tellement efficace. Cette série ose la nouveauté, n'oubliant pas que l'animation reste un métier créatif et par conséquent même si le concept de cette série ne plaira pas forcement à tout le monde, l'expérience visuelle ne peut pas vous laisser indifférent.
J'ai découvert le travail de M. Yuasa grâce à The Tatami Galaxy et il est certain que je vais me pencher très sérieusement sur les précédentes œuvres de ce réalisateur de talent.
#Par Nakei1024 le 17/01/2011 à 20:12
Pour être expérimental, c’est un anime expérimental que Madhouse nous livre ici.
Que ceux qui seraient effrayés par le terme, sachez que vous n’avez aucune crainte à avoir en commençant le premier épisode : le concept reste finalement assez bateau. Il s’agit ni plus ni moins de suivre le quotidien un peu particulier d’un étudiant au cours de ses 2 années de faculté, années durant lesquelles il compte bien se trouver une jolie fille à séduire… Mais là ou cela devient bizarre, c’est que le jeune homme semble affligé d’une malchance chronique doublée d’un syndrome « Retour vers le passé ». Comprenez que chaque épisode remettra systématiquement les pendules à zéro pour lui permettre de revivre ses études et rencontres en espérant que chaque nouveau parcours soit moins chaotique que le précédent. Car s’il est une chose que l’on remarque de suite, c’est qu’à la manière d’une mauvaise blague, les dieux semblent s’être donnés le mot pour que chaque tentative de parvenir à vivre une scolarité épanouie vire irrémédiablement en catastrophe. Pour ceux qui connaîtraient la blague, voici la mise en scène parfaite à la citation « Touche le fond mais creuse encore ».
En chef d’orchestre, on a bien entendu le mystérieux personnage d’Ozu, au visage reconnaissable entre mille, inspirant difficilement confiance et dont je me demande encore s’il est là pour jouer le rôle de démon ou d’ange gardien auprès du héros narrant ses déboires. Car même s’il est toujours présent (voire l’instigateur) lors des mauvais coups dans lesquels son camarade se retrouve, il apparaît également toujours lorsque ce dernier semble avoir atteint le point de non retour pour lui offrir une porte de sortie d’une manière ou d’une autre et lui permettre de réaliser son fameux « saut dans le temps ». Ange ou démon, la question reste entière, mais il est certain que ces deux-là sont liés par le destin.
Autour de ce duo déjà incongru, d’autres personnages tout aussi farfelus gravitent, comme un étudiant-ronin qui vit sur le campus depuis quelques années déjà, une vieille femme aux prédictions étranges (et au tarif augmentant d’un chapitre à l’autre), quelques camarades aux aspirations et activités assez atypiques et enfin une jeune fille manquant sérieusement de goûts vestimentaires, ayant peur des papillons (il faut le faire) et qui pourtant ne manque pas d’un certain charme. Très vite, on comprend qu’il pourrait se passer quelque chose entre elle et le narrateur, mais celui-ci trop occupé par ses ennuis n’a pas le temps de s’en rendre compte.
Ainsi chaque épisode est l’occasion de rire une fois de plus devant les déboires du héros et le comique de répétition virant presque au sadisme. C’est également l’occasion de découvrir le quotidien de cette université pas comme les autres et de s’apercevoir qu’il s’y passe des choses pas forcément normales, surtout quand Ozu vient y mettre son grain de sel… En plus des clubs « classiques », on croisera entre autre une secte et une société secrète spécialisée dans l’espionnage et le recel d’informations compromettantes sur les élèves…Etrange vous avez dit ?
On pourrait croire que chaque nouveau cycle est indépendant des précédent, et que la série peut se regarder dans un sens totalement aléatoire, mais il n’en est rien et les ponts entre épisodes sont légions, demandant une attention de chaque instant (en plus des répliques à très haut débit lâchées par le narrateur) pour en savourer toute la mise en scène et l’humour, un peu comme un puzzle dont il faudrait remettre les pièces dans le bon ordre pour enfin arriver à une fin heureuse.
La réalisation se veut également très alambiquée mélangeant allègrement symboles, indices et autres clins d’œil pour mieux perdre le spectateur dans le raisonnement toujours plus irrationnel du jeune homme, preuve qu’il perd peu à peu la raison au fil de ses expériences plutôt traumatisantes. Malgré cet imbroglio dont il devient de plus en plus difficile de se sortir (un peu comme des sables mouvants), la solution de l’énigme qui lui est posée crève véritablement les yeux du spectateur, qui malgré une proximité de plus en plus forte grâce au mode de narration bien mené n’a finalement pas son mot à dire et ne peut jouer que le rôle de spectateur, témoin impuissant (et amusé) des évènements présentés.
Voici donc une bonne surprise, surprenante (forcément) à bien des égards. Pourtant, malgré le travail important sur le fond (mais plutôt minimaliste sur la forme), fourni par le studio Madhouse, je n’ai pas totalement accroché au concept et à ma grande honte, j’avoue que j’ai mis un certain temps avant d’arriver au bout de l’anime. Question de feeling ou faute de goût, je serai donc naturellement moins enjoué dans ma notation que mes prédecesseurs. Cela-dit, voici quand même une expérience intéressante à côté de laquelle il serait dommage de passer.
Pour moi, ce sera en tout cas un 7,5 bien mérité.
#Par Deluxe Fan le 02/09/2010 à 02:29
The Tatami Galaxy : Effet planant garanti
Je vais m’atteler à un exercice que je vous déconseille de reproduire chez vous : la critique à chaud. Car je viens de terminer The Tatami Galaxy, et j’ai pas mal de choses à dire.
En avant-propos, je dirais que j’ai toujours été circonspect devant ce que certains appellent l’ « animation expérimentale ». Je ne suis évidemment pas réfractaire à une dose d’originalité et d’inventivité, et j’apprécie les animés ambitieux. Cependant, et quel que soit le type d’art, j’ai du mal avec les œuvres qui se complaisent dans l’obscurité, la symbolique à outrance, voire la pure incompréhensibilité (on a tous le souvenir d’un animé/manga sur lequel on s’est arraché les cheveux tellement on y comprenait que dalle, et c’est de ça dont je parle.) Et quand Kazé afficha sur son site de simulcast à la page The Tatami Galaxy « l’animation autrement, une sélection exceptionnelle d’œuvres expérimentales », je sortis les griffes. Mais connaissant l’éditeur et son catalogue, je me disais qu’il n’allait pas non plus proposer un truc trop compliqué (non non, ce n’est pas du dénigrement commercial).
Et j’avais raison. Malgré ses graphismes atypiques, The Tatami Galaxy est un animé très abordable, et qui peut se révéler assez intelligent pour qui se penche dessus.
L’histoire s’avère simple. Elle reprend le principe des mondes parallèles, dans lesquels le protagoniste revit toujours la même période de sa vie mais avec un choix de vie différent à chaque épisode. Ici, on suit un jeune homme durant ses deux premières années à la fac de Kyôto. Les différents choix de vies sont représentés par le choix d’un club universitaire dans lequel notre héros veut pouvoir exprimer tout son talent et profiter de sa vie estudiantine. Ainsi, à chaque épisode, le protagoniste va vivre une vie différente, comme dans un jeu de rôle (ou un dating-sim).
Ce principe, bien que très classique, est ici exploité à son plein potentiel. Le comique de répétition marche à plein régime, avec des gimmicks tordants (comme celui de la vieille voyante qui ne cesse d’augmenter ses tarifs). L’anime utilise aussi des procédés qui font mouche, comme le « narrateur Kyonesque ». Il s’agit du fait d’utiliser, pour raconter l’histoire, un narrateur-personnage dont on ne connaît rien (pas même le nom), et de lui faire dire tout ce qui lui passe par la tête. On a alors l’impression d’être très proche du personnage en question (puisqu’il s’adresse directement à nous), et comme celui-ci est impersonnel car sans aucun background, l’identification est amplifiée. S’additionnant au scénario et aux graphismes, ces divers détails rapprochent l’animé de l’excellence.
Parlons-en du scénario. Comme je l’ai dit il est simple, mais pour le comprendre il est quand même nécessaire de terminer la série. Les épisodes 6, 7 et 8 doivent par exemple être vus consécutivement, bien qu’ils racontent chacun une histoire différente (vous verrez c’est spécial mais diablement bien pensé). J’ai trouvé la série plutôt bien écrite, quoique un peu prévisible (j’ai compris la prédiction de la voyante dès le premier épisode). Les personnages se valent tous, même ce protagoniste impersonnel dont je vous parlais. Mes préférences vont à Ozu et à Akashi, même si cette dernière est vraiment sous-exploitée dans la série, et malgré le fait qu’elle s’habille très mal.
La thématique de la série ? Je dirais que l’on peut y voir un peu ce que l’on veut. Mon collègue précédent parlait de l’émancipation et de l’esprit critique. Pour ma part j’y ai vu un message assez réactionnaire envers ce que propose l’animation aujourd’hui. Pour rappel, le héros fait des choix différents à chaque épisode, mais il termine toujours de la même façon : esseulé et bardé de regrets. Cela va tout à fait à l’encontre de ce prêchent les shônens dans lesquels le héros réussit toujours à infléchir le destin en sa faveur. Dans The Tatami Galaxy, ne vous attendez pas à ce que le héros finisse par faire le bon choix de vie ; il n’existe pas de « bon » choix. On a qu’une seule vie, et si le Destin, le Karma ou Dieu a décidé de vous la mettre profond, ben vous l’aurez profond, quoi que vous choisissiez. Un message pessimiste qui peut ne pas sauter aux yeux (d’autant que je me fourvoie peut-être complètement), mais qui a le mérite de ne pas se cacher sous une symbolique lourde ou une mise en scène boursouflée.
On en arrive à la forme. Je n’ai jusqu’à présent jamais cité le nom de M. Yuasa ; parce que je ne le connaissais pas, ce monsieur, ni lui ni son travail. Et pour une première fois, je dois dire que je suis impressionné.
La première chose qui saute aux yeux, ou plutôt aux oreilles, c’est le débit de parole du héros. Lorsque j’écrivais plus haut qu’il disait tout ce qu’il lui passait par la tête, c’est vraiment tout ! Si vous connaissez Excel Saga, sachez qu’il parle encore plus vite qu’Excel (si si c’est possible). Une grande partie de l’humour de la série vient d’ailleurs du fait d’imaginer la tête des responsables du sous-titrage devant le torrent intarissable de paroles. Ce n’est qu’un détail, mais la série regorge de ce genre d’éléments qui finissent par lui donner une vraie identité. Ce qui m’a principalement plu, ce sont les nombreuses idées que la série apporte au point de vue graphique, comme l’idée de mêler animation et prises de vues réelles à de nombreuses reprises. « Déjà vu ! », me direz-vous (et vous aurez raison), mais ces idées s’insèrent si bien dans l’ambiance délirante de la série qu’elles se remarquent plus qu’ailleurs, où elles ne seraient que des effets de style. De même, dans l’épisode 6, j’ai apprécié l’idée de l’auteur de modifier le chara-design en direct, en fonction de état d’ébriété ou d’excitation sexuelle des personnages, ce qui a pour effet de renforcer l’effet comique de la scène. Mention spéciale enfin pour l’opening de la série, absolument génial autant au point de vue visuel que sonore (vous connaissez certainement Asian Kung-fu Generation, ils ont fait un tas de génériques d’animés).
Mais la série a aussi quelques défauts. Je note surtout le manque d’ambition de l’histoire. Celle-ci tourne essentiellement autour de la vie sentimentale du héros, à croire qu’au Japon un étudiant c’est comme un lycéen : ça na pense qu’à ça. C’eût pu être moins consensuel, plus osé, que cela ne m’aurait pas gêné. Et puis la fin, enfin, ne se départit pas de quelques uns des défauts inhérents au genre que j’ai mentionnés en introduction.
Le héros se paie même le luxe d’interpeller le spectateur en lui disant, je cite approximativement : « nous n’allons pas terminer cette histoire, car il n’y a rien de plus ennuyeux qu’une histoire d’amour qui se termine bien ». J’aurais voulu lui répondre que pire encore sont les histoires d’amour qui ne se terminent pas, mais bon, on ne peut pas tout avoir…
Au final, que retenir de tout ceci ? Sur le fond, le thème des boucles temporelles et des mondes parallèles est utilisé de manière très subtile et intelligente. Le ton humoristique et décalé de la série est servi par des graphismes résolument atypiques et des procédés graphiques éculés mais finement utilisés. De plus la série dispose de bons personnages loin des stéréotypes et hilarant de surcroît, ce qui rajoute à leur crédibilité et à leur attrait.
Peu importe que vous connaissiez M. Yuasa ou pas. Si vous devez ne voir qu’un seul animé estampillé « expérimental » dans votre vie, The Tatami Galaxy devrait faire l’affaire. 8,5/10
Les plus
- Histoire originale et finement racontée
- Réalisation de folie, inventive et dynamique
- Personnages hilarants, situations tordantes
Les moins
- Un peu court
#Par Afloplouf le 17/07/2010 à 00:12
Masaaki YUASA s'est bâti une solide réputation au fil des années. Le protégé du studio Madhouse s'est fait une spécialité de s'aventurer sur des terrains inconnus. Et même s'il abandonne les projets originaux pour signer ici une adaptation, on lui retrouve encore ce style si particulier sur la déformation des personnages, l'exagération des lignes de vitesse ou encore ces couleurs parfois criardes.
La narration très verbeuse peut heurter au début mais le sous-titrage très bien rythmé de Kaze nous installe dans la série comme dans un fauteuil. Je n'ai pas compris ce choix de débit de paroles accéléré. Au risque de sur-interprété, peut-être que l'auteur a voulu montrer que le temps qui passe s'échappe trop vite... Mouais, je ne vous sens pas convaincu. Moi non plus. Mais il serait dommage que vous vous arrêtiez à ce détail certes ennuyeux pour passer à côté de la plus belle série 2010 et de la meilleure réalisation de YUASA à ce jour.
Pourtant sur le papier, cette histoire de mondes parallèles, de répétition des détails, ne m'emballait pas outre mesure. Les premiers épisodes non plus m'ont fait douter du talent du mec derrière la caméra. Homme de peu de foi que j'étais ! The Tatami Galaxy est un crescendo. Au premier, au second et même au troisième degré, son humour à plusieurs niveaux fait souvent mouche. Mieux, certains des thèmes sonnent classiques et usés jusqu'à la moelle sortis hors du contexte : la liberté, l'amour (physique, idéalisé) ou encore le poids de la norme mais la série arrive à chaque fois à leur donner un nouvel éclairage, à la fois désabusé et sérieux. Oui, ça semble bizarre. The Tatami Galaxy l'est et son premier atout est de réussir à faire tenir dans un équilibre improbable cet assemblage baroque.
Cette série se situe à l'âge si particulier entre l'adolescence et l'âge adulte. Le narrateur découvre l'émancipation, découvre qu'il lui faut construire sa propre compréhension du monde sans nécessairement ne pas s'approprier de façon critique, l'enseignement des autres. The Tatamy Galaxy touche souvent à la perfection mais son caractère parfois hermétique, parfois inutilement répétitif ou qui se perd dans des circonvolutions et surtout un final qui s'inscrit presque en porte-à-faux du reste de la série la font trébucher et rater la dernière marche. D'un minuscule caillou dans la chaussure.
