Critique de l'anime Nodame Cantabile (TV 1)

» par beber le
14 Décembre 2008
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Allez zou, je me lance et je le dis bien haut et fort : Gyabo ! Nodame Cantabile est mon animé préféré en matière de production ayant pour thème la musique classique !! Hé oui !

Bon en même temps… c’est aussi le seul animé traitant de musique classique que j’aie jamais pu visualiser. Alors du coup en faire mon préféré n’est pas compliqué. Tout comme je pourrais dire l’inverse finalement.

Alors Nodame Cantabile, bien ou pas bien ?

J’aurai du mal à la cacher de toute manière, alors lâchons le morceau dés maintenant : j’ai beaucoup apprécié cette série. Finalement, cette série prenait d’énormes risques dans son postulat de départ. En effet, comment un thème qui passe si mal auprès des « jeunes », comme la musique classique, pourrait intéresser un audimat suffisamment conséquent tout au long de 23 épisodes ? Comment allait être traiter la bande son, et celle-ci serait elle à la hauteur des œuvres proposées ? Allions nous tomber dans une série usant et abusant des clichés car peu au fait du genre ?

Bien d’autre questions pourraient se poser, mais force est de constater que très vite, tout nos doutes (et Dieu sait qu’en ce qui me concernait, j’en avais beaucoup au départ) vont très vite se dissiper. Tout d’abord, Nodame Cantabile, est tout sauf chiante comme série. Grosso modo, l’on va suivre l’évolution de deux musiciens, Chiaki et Cantabile, dans leur conservatoire, pendant leurs 2 dernières années de cursus. L’intérêt principal va se trouver dans la relation entre un Chiaki très germanique dans le style (rigueur, intransigeance, ordonné) et Nodame (bordélique, peu porté sur l’hygiène, squatteuse émérite).

Faut le reconnaitre, une grande partie de la série basée sur l’humour repose sur ce duo. C’est ce couple improbable, lié par la musique qui va faire naitre nombreuses situations comiques et émouvantes tout au long de l’histoire. Faut aussi reconnaitre que Nodame est un personnage ultra attachant, et fait figure d’exception dans le monde de l’animation où les héroïnes doivent soit être grandes cruches ou grandes gueules. Tout en étant caricatural le personnage est tout à fait identifiable au commun des mortels (finalement très française dans le style de vie). A l’inverse Chiaki s’humanise petit à petit au contact des autres, et parvient à être sympathique à la fin de la série, ce qui était loin d’être gagné d’avance.

La relation entre deux caractères aussi antinomiques est en tout cas très rafraichissante, et si l’on ne rit pas aux éclats, l’on conserve un sourire quasi permanent en regardant cette série.

Autre aspect et non des moindres, me direz vous, s’avère être la musique. Alors là le risque était grandissime de nous sortir deux trois morceaux ultras connus, et joué par le pianiste du quartier. Grosso modo, c’est comme si l’on nous servait la Marche Turque joué par Benabar (pas un grand pianiste, quoi) ou la Lettre à Élise par … moi-même. Bref en résumant, grand était le risque de traiter la musique classique sans en accorder un minimum d’attention, comme si le thème ne méritait pas un minimum de connaissance artistique.

Alors je ne sais pas trop comment JC-Staff à fait cette série, mais sans nul doute, un travail de fond a été fournis, afin de déterminer quel instrument faisait quoi, les termes génériques employés (staccato, mezzo forte, les mesures…), le nom des compositeurs et de leurs œuvres. Un travail nécessaire pour offrir une production crédible. Et ça l’est au final. La musique est un thème bien traité, les ouvres proposées sont très variées, et ne se résument pas qu’aux auteurs les plus connus : pêle-mêle, nous avons droit a du Schubert, Beethoven, Schuman, Brahms, Haendel, Stravinsky, Debussy, … et j’en passe bien d’autre. Le sens du détail va juste à nous proposer les partitions adéquates aux œuvres lorsque les zooms sont fait dessus. En plus pour ne rien gâcher, c’est bien joué et très agréable à l’écoute (hé oui Nodame Cantabile fait partie de ces séries que l’on ecoute).

Je sais ça n’a l’air de rien, mais l’on est tellement habitués à ce que ce genre de détails soient passés par la fenêtre dans les productions nippones, que l’on ne peut que se satisfaire de leur existence.

Le point final qui fait de Nodame Cantabile une série à voir pour celui qui aime / pratique la musique classique, c’est l’animation. Je m’explique. Faire une série plaçant l’action dans un conservatoire, et dont le thème principale s’avère être la musique, c’est un réel challenge. En effet, soit l’on fait comme dans les films, c'est-à-dire que l’on passe sont temps à filmer le pianiste en gros plans pour que jamais la caméra ne s’arrête sur le merveilleux play-back que nous « joue » l’acteur, soit l’on décide de montrer les musiciens en actions.

Et là c’est, pour des raisons assez évidentes, loin d’être gagné d’avance, parce que d’une part, un musicien, ben ça joue vite, donc ça suppose beaucoup d’images à la seconde, et d’autre part, parce que, ben dans un conservatoire,…y a beaucoup d’instruments.

Alors si l’on peut déplorer la présence de plans fixes destinés probablement à alléger le travail artistiques, ceux-ci alternent avec des phases d’animations musicales assez remarquables. Remarquables déjà car animés de façon vive et en rythme avec la musique. Remarquable enfin, parce que – et ça rejoint le point développé préalablement – ça respecte en tout point la partition et la musique jouée quelque soient les instruments, avec toute fois une large part accordée au piano. Certains passage en sont pas loin d’être anthologique, car l’on sent, l’on perçoit tout le travail de dingue qu’il a fallut accumuler pour arriver à sortir 2 min d’un morceau de Schubert.

J’ai a titre personnel une tendresse particulière pour la scène du concerto pour piano de Serguei Rachmaninov, scene alliant la beauté de la musique, le rythme et l’animation. De ces moments qui vous font comprendre pourquoi l’on aime l’animation japonaise.

Bref, vous l’aurez compris, Nobame Cantabile est un coup de cœur. Bien entendu il a des défauts : Le charadesign est assez simple, sans doute trop, les personnages secondaires sont peu intéressants, et enfin, la série est une production nippone… et ça se sente quand ça part en vrille avec des envolées lyriques que seuls nos amis japonais sont capables de nous pondre (surtout sur ce thème…). Enfin, il ne faut pas se leurrer non plus, ce n’est pas un chef d’œuvre, le scenario quoique bon s’essouffle temporairement, en milieu de série, l’animation contraste avec une alternance de plans fixes et de passages animés, qui font dire, que si toute la série avait été comme ça tout du long, le chef d’oeuvre n’eut pas été bien loin.

Je me fends donc d’un dernier « Gyabo !!» et je file de ce pas écouter la bande son de la série !

Verdict :8/10
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A propos de l'auteur

beber, inscrit depuis le 09/10/2006.
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