Le Tombeau des Lucioles

Le Tombeau des Lucioles

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Version française

  • Licencié: oui
  • Titre français: Le Tombeau des Lucioles
  • Editeur: Kazé

Doublage

Ayano Shiraishi (Setsuko), Tsutomu Tatsumi (Seita), Akemi Yamaguchi (Aunt), Yoshiko Shinohara (Maman)

Synopsis

En 1945, Seita et sa petite soeur Setsuko deviennent orphelins et sont recueillis par des parents proches mais sont maltraités. Ils décident de quitter cette famille et de tenter leur chance ailleurs. Dans un pays détruit par la guerre, ces deux enfants vont tenter de survivre et de trouver leur bonheur, au milieu des ruines et l'indifférence des autres.

Synopsis soumis par kuchiki byakuya

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#Par beber le 02/06/2010 à 14:51

Trop souvent, je suis amené à médire sur le sieur Miyazaki – bon, en même temps l’œuvre en question n’est pas réalisée par ce dernier, - et par voie de conséquence, du studio Ghibli. Studio, certes, prolixe en succès divers et variés, qui partagent généralement la même aptitude à m’assoupir. Disons le tout de go, et faisons fi de toute classe élémentaire, Ghibli, ça m’emmerde.
C’est ce postulat de départ qui à fait que je n’ai jamais véritablement osé franchir le Rubicon, d’autant plus que « le tombeau des Lucioles » n’est pas œuvre de la toute première modernité (1988 pour ceux qui n’auraient pas bien la fiche ci-dessus). Il m’a donc fallu attendre cette dernière semaine de congé en mai pour enfin remédier à mon ignorance.


Soyons donc honnête et exprimons-le dés maintenant, il s’agit ici d’une œuvre remarquable. Remarquable surtout de par sa simplicité. Oh combien eut-il été facile et sans doute tentant de foncer tête baissée dans le pathos, et combien de réalisateur (d’animation ou autre d’ailleurs) versent dans ce mauvais penchant. Combien est-il facile de sortir les violons pour faire pleurer les ménagères. Les grandes réalisations dramatiques sont sans doutes celles qui émeuvent le plus en parvenant à réaliser cette délicate alchimie entre émotion montrée et émotion suggérée (« La vie est belle » en est pour moi le parfait exemple)

Le Tombeau des Lucioles reste pragmatique et factuel. Dés l’introduction, on sent bien que l’on ne va pas franchement se marrer, mais même ce préalable - au demeurant plus que saisissant – est traité par une finesse remarquable de par sa réalisation. C’est à ce moment que l’on sent tout le potentiel du film. Tout au long des événement bouleversants que vont rencontrer Seita et Setsuko, jamais nous ne tomberons dans le travers du pathos, le réalisateur laissant au spectateur le soin de gérer lui-même son émotion au travers les événements dramatiques.

Le scénario a donc pour théâtre la fin de la seconde guerre mondiale, et des multiples bombardements de l’aviation américaine sur le sol nippon. Un contexte déjà fort cruel suffisamment difficile à assumer pour des enfants. La suite des événements conduisant ces derniers à l’autonomie, et a ses conséquences directes.

Le film nous offre ici la vision d’un Japon austère, qui cherche à survivre sous les effets de la guerre, un japon dont la solidarité même familiale s’effrite et n’est plus que le reflet des convenances. Le personnage de la tante est symptomatique de ceci. Elle ne met pas ses neveux à la porte, car cela ne peut se faire sans doute dans le code de déontologie japonais, continue même à les nourrir, mais ne porte vis-à-vis d’eux aucune affection malgré les événements traversés jusqu’alors par ces derniers qui sont, rappelons le des enfants peu agés.

Analysons un peu plus le personnage central du film, Seita. Ce dernier porte une lourde part de responsabilité dans les incidents qui vont émailler le scénario. S’il convient de blâmer la tante pour son comportement, le véritable coupable de la tragédie du tombeau des Luciole est bel et bien le personnage principal, qui décide de ne plus avoir à supporter les brimades de sa tante et de prendre la voie de l’indépendance. Seita, que l’on pourrait penser en premier lieu t paré des traits de la maturité, le frère devenant en quelque sorte le « père » de sa petite sœur, est coupable de se croire adulte.
Or comment être adulte à son jeune âge ? C’est bien l’un des points fondamentaux du tombeau des Lucioles. Les héros sont des enfants, et ses héros le resteront, même quand la vie les forcera à s’assumer.
Est-ce par orgueil, immaturité, que Seita ne retournera pas dans le foyer inhospitalier mais salvateur de sa tante ? Toujours est-il qu’il préférera tenter d’être « père » plutôt que « fils » et que ce choix s’avérera dramatique, car ne pourra être assumé. D’ailleurs comment eut-il pu en être autrement ?
Ne nous trompons pas, d’ailleurs, si tout n’est pas que noir dans ce spectacle, le quotidien de nos héros est souvent teinté de joie, de couleurs chatoyantes, même si le bruit des bombardements vient souvent rappeler l’éphémère de la situation, tout cela n’ai fait que pour contraster ave le tragique destin de nos héros. La dernière scène où l’on peut apercevoir la petite Setsuko courant dans les champs poursuivant les papillons est remarquable en cela, car bien plus chargée en émotion que ne l’eut été la démonstration visuelle de certaines scènes. Simplicité, inventivité, âpreté, voici ce que nous montre « Le tombeau des Lucioles »

Pour le reste, à noter que le film n’a pas mal vieilli du tout. On reconnaît d’ailleurs tout de suite le style si particulier de Ghibli, au niveau de la palette artistique et du charadesign. La musique s’intégrant parfaitement à cet ensemble, avec une utilisation parcimonieuse lors des instants dramatiques portés à l’écran. Le doublage quant à lui respecte l’objectif initial : de ne pas tomber dans le pathos.

« Le tombeau des Luciole » est donc œuvre plus complexe et réaliste que ne le serait un simple dessin animé banal. Pas bouleversant mais poignant, il s’agit ici d’un beau film, léger, dramatique, émouvant.

Un film à ne pas rater, donc.

9/10

#Par Ariane le 25/01/2010 à 21:56

Le tombeau des lucioles est un splendide film anti-guerre, mais extrêmement dur et à ne voir qu'en étant d'excellent humeur, car à la fin du film, vous aurez le moral dans les talons. Personnellement, je ne l'ai vu que deux fois et n'aurais pas le courage de le revoir une troisième fois, à moins que l'on m'y force!

Ce film combine naturellement la patte artistique des Studio Ghibli et le pessimisme à tout-crin d'Isao Takahata, qui se déploie ici de manière exacerbée. On y retrouve notamment le très grand soin apporté au rendu des expressions faciales, aux décors, et à une animation fluide et hautes en couleurs. Cette très grande maîtrise graphique et cinématographique est mise au service d'une critique acerbe et sans concession de la société japonaise en situation de grave crise. Celle-ci se cristallise sur le sort réservé aux plus faibles, lorsque ceux-ci perdent leur position dans le groupe et finalement leur famille. L'histoire nous entraîne ainsi dans la lente et agonisante descente aux enfers de deux jeunes enfants, pris dans le tumultes des bombardements intensifs des Américains sur le Japon, entre 1944 et 1945. Et comme le disait un autre internaute, ce film brise un des tabous du cinémas qui refuse que l'on tue des enfants. Non seulement cela, mais il se termine sur une ultime scène de démonstration d'abjection humaine qui achève un portrait d'une noirceur absolue du genre humain en temps de guerre.

Ce film a rencontré un écho international en Occident et a été encensé comme un puissant plaidoyer contre la guerre. Néanmoins, en Asie, notamment en Corée où il aurait dû être projeté au cours du Festival de Pusan, il y a quelques années, la réception a été toute autre. Le principal point de difficulté souligné par les critiques concerne l'absence totale d'explication des bombardements américains sur le Japon qui pourrait laisser penser que le pays a été victime d'une agression purement gratuite de la part des USA. En effet, rien n'est dit de l'entreprise de colonisation lancée par le Japon impérial depuis le début du 20ème siècle, ni même des atrocités auxquelles l'armée japonaise s'est livrée dans les pays d'Asie occupée entre 1905 et 1945. Le film pourrait ainsi laissé l'image d'un Japon martyrisé par les Occidentaux sans aucune raison valable. Cette critique est alimentée par le fait que rares sont les œuvres populaires nippones qui abordent, même de manière indirecte, ce terrible aspect de l'histoire japonaise moderne. De fait, beaucoup d'Asiatiques ont beaucoup de mal à accepter des récits décrivant par le menu les souffrances japonaises durant ce conflit, quand les leurs sont si souvent niées par l'opinion publique, la majorité des dirigeants politiques et une grande partie des intellectuels et acteurs médiatiques nippons. De fait, certains sont considérés comme plus habilités que d'autres à parler des horreurs de la guerre...

8/10

#Par azorni le 22/10/2009 à 23:32

"Le tombeau des lucioles" est un film ambitieux et réussi, une preuve s'il en fallait que le cinéma d'animation japonais peut aborder tous les thèmes, tous les genres et donner de véritables chefs d'oeuvre.

Ce film est brillant mais à déconseiller aux personnes les plus sensibles, car il s'agit d'un drame réaliste, dans le pur sens du terme : il n'y aura pas de "happy-end" et quand vous l'aurez visionné vous ne serez certainement pas plus heureux. D'ailleurs ce film je ne l'ai vu qu'une fois, il y a longtemps, et je n'ai vraiment, mais alors vraiment, pas envie de le revoir.

A vrai dire je ne suis même pas sûr de conseiller ce film, car on peut s'interroger sur l'intérêt qu'il y a à contempler la misère et la détresse d'une petite fille qui finira par mourir de faim sous les yeux éplorés de son grand frère, incapable de la sauver. Cet aspect désespéré et terriblement pessimiste du film, à la limite d'un masochisme émotionnel presque malsain, m'empêche d'ailleurs de lui mettre une très bonne note. Après tout il me semble qu'il y a une règle non écrite au cinéma : on ne tue pas les enfants. C'est cette règle qui est outrageusement violée ici.

C'est donc avec de vraies réserves que je recommanderai ce film, qui reste cependant incontournable car les drames historiques sont plutôt rares dans l'animation japonaise, et celui-ci mérite malgré tout le détour. Mais sérieusement, si vous êtes particulièrement sensible, ne regardez pas ce film.

7/10

#Par A Sweet Life le 15/08/2008 à 15:45

Ce film est tout simplement magnifique. Il est touchant, et totalement crédible.
Je regarde rarement des animes dans ce style et j'étais tout d'abord plutôt septique mais je dois dire que je n'ai absolument pas été déçue !

Les décors sont bien fait et les personnages très attachants.
Je pense que tout le monde devrait voir ce film car il montre la dureté de la Seconde Guerre mondiale au Japon alors qu'on ne pense pas franchement que ce pays ait pu être toucher si fortement...
La fin est aussi très déstabilisante et je dois avouer que j'étais au bord des larmes... tout s'enchaine si vite...

10/10

#Par speedyfoxgonzales le 16/02/2008 à 13:51

Tout simplement mon film préféré, je parle de film oui, et non d'anime car cet œuvre dépasse a mon sens ces distinctions pour être l'œuvre cinématographique la plus belle que j'ai connu.
Une animation réussie, un doublage français très convaincant pour une fois, des musiques sublimes et surtout une histoire magnifique et triste très loin des univers manga et anime classiques.

Beaucoup de gens aiment ce film, mais je sais que certains le trouvent (trop) dur et violent ce qui est très compréhensible devant la dureté de certaines scènes, d'autres trouvent aussi que le film s'apitoie sur le sort des japonais pendant la 2nde guerre mondiale, cette réflexion est à mon sens stupide, en effet il s'agit ici de l'histoire de 2 enfants pendant la guerre, des enfants japonais qui ne sont en rien concernés par les idéaux politiques des initiateurs de cette guerre. Alors c'est sûr on se dit c'est pas top ce qu'a fait les USA à la fin du film, mais ce serait manichéen de dire les jap sont les méchant durant cette guerre, et qu'il ne faut rien reprocher au américains et plus généralement aux "libérateurs"...

Bref désolé pour cet intermède, il faut absolument que vous voyez cet anime, une œuvre culte s'il en est.

10/10

#Par Soul @ngel le 28/12/2004 à 17:24

Cet anime est triste, tragique… c’est une chronique de la monstruosité de la guerre. La petite Seita, malgré tout ce qui arrive, conserve son sourire et son rire d’enfant. C’est l’innocence au milieu de la barbarie des hommes.  
Son frère Setsuko s’emploi à lui cacher la vérité, et dans ce sens, on peut rapprocher Le Tombeau des Lucioles au film "La vie est belle" de Roberto Benigni.  
Cet anime est tiré d’une nouvelle de Akiyuki Nosaka, et l’on ne peut qu’admirer l’excellent travail de transposition fourni par Takahata et plus généralement par le studio Ghibli qui signe ici un monument cinématographique.  
Le film, dès le début, annonce la fin. On pourrait penser qu'il ne transporte pas de message d’espoir mais ce serait sans compter l’attitude courageuse de nos protagonistes qui donne ici une vraie leçon de vie.  
 
Les décors sont très réalistes auxquels on peut ajouter une multitude de petits détails qui renforcent cette impression. La mise en scène est à la fois simple et élaborée pour narrer cette tragédie. Le chara-design est très réussi et on s’attache rapidement aux deux héros et tout particulièrement à la petite Seita dont le sort est boulversant.  
Les musiques sont elles aussi, comme tout le reste, de très bonne facture, elle accompagne et enrichit l’univers conté par Takahata et accentue le côté tragique de l’histoire.  
  
En conclusion, un excellent anime que je vous recommande de voir. Préparez les mouchoirs car vous allez en avoir besoin ; personne ne peut rester insensible devant cette magnifique mais non moins tragique épopée. Jetez-vous sur l’édition collector qui est particulièrement bien fournie en bonus.  

10/10